Nous avons rendez-vous avec une psychologue à la clinique. On est resté 3/4 d'heure à se regarder les 1 les autres, sans qu'elle engage la discussion. Je n'ai pas accroché avec elle, j'étais même plutôt mal à l'aise, c'est décidé on ne retournera pas la voir.
Vient ensuite le RDV avec le Dr Racine. On reparle encore du "processus" "avez vous des questions?". J'en ai ras le bol, 10 RDv 10 fois les mêmes choses. La seule question qui vous vienne à l'esprit dans ce moment là c'est est-ce qu'on fait le bon choix? peut-être a-t-elle une chance de vivre finalement? Est-ce qu'ils ne se trompent pas sur le diagnostique? Est-ce que je vais me réveiller de ce cauchemar? ...
Bref, elle me fait prendre un médicament pour faire commencer le travail. A ce moment là j'ai très peur d'accoucher. Je ne veux pas ressentir la moindre douleur, je ne veux pas être marquée par un accouchement qui va aboutir à la mort.
Lorsque l'on sort de la clinique, nous allons dans un magasin de puériculture, il manquait à ton trousseau de naissance une brassière en laine. C'est dur de voir tous ces couples si heureux de faire leurs achats.
Ton papa a pensé qu'il te faudrait un petit doudou. Arrivé devant il n'a pas pu se contenir et c'est mis à pleurer et est parti m'attendre dehors. Tout était enfin prêt pour que l'on t'accueille.
Nous retournons à la polyclinique voir le gynécologue afin de mettre un RDV pour déclencher l'accouchement. Ce n'est pas le Dr Multon qui nous accouchera car il ne sera pas là, mais une de ses collègue, le Dr Racine.
A la fin de la consultation, je lui demande s'il est normal que je ne te sente plus bouger, toi qui répondais la semaine d'avant au moindre appel que je te faisais avec ma main. Il me dit que c'est normal, je suis dans un tel état émotionnel que du coup tu as dû te mettre dans un petit cocon.
Dès le lundi qui suivit je pris le RDV avec le cardiologue de Paris. La secrétaire me donne RDV pour le 14 décembre. Je refuse le RDV et lui dis que c'est une urgence. Elle me répond très froidement que je ne suis pas la seule dans ce cas et que de toute façon ils ne reçoivent que des urgences!
J'arrête de lui parler, elle doit quand même sentir qu'il s'agit d'une grosse urgence et me donne finalement RDV le 4 décembre.
Avec Pierre, on y va en train la veille, on se dit que l'on va profiter d'être sur Paris pour visiter et faire les magasins.
Impossible de faire quoi que ce soit, ma tête est déjà au RDV de demain. En plus tu pèses ton poids et j'ai du mal à marcher.
On passe une soirée tranquille et on se couche de bonne heure.
Le lendemain, on arrive à l'institut à 8h. Le médecin nous prend à 10h.
On refait une nouvelle fois une échographie de ton cœur. Pour lui il ne s'agit d'un cas très sévère avec peu de chance que tu puisses t'en sortir à la naissance.
Je lui demande si jamais on ne faisait pas d'interruption et que tu naissais, si tu aurais mal. Ce médecin là ne fait pas dans la dentelle, il nous répond que ce serait de l'acharnement thérapeutique mais que la décision nous appartenait et qu'eux ne pouvaient pas se prononcer sur la suite à donner.
Nous décidons de ne pas te faire souffrir et d'interrompre la grossesse.
Nous repartons le coeur lourd sur Nantes.
Après une heure de retard, la cardiopédiatre nous prend enfin dans son cabinet. Nous refaisons avec elle une échographie qui durera environs 1h. Elle ne s'attardera pas sur tes petits pieds, ta tête ou même tes mains, elle visualisera juste ton coeur.
Elle pose enfin le diagnostique : maladie d'Ebstein.
Elle nous fait un dessin pour nous expliquer plus en détail de quoi il s'agit.
C'est complexe, mon esprit s'embrouille tout ce que je comprend c'est qu'il n'y a rien de bénin là-dedans. La maladie peut se présenter sous 2 formes, 1 grave où le bébé peut éventuellement s'en sortir à la naissance et 1 sévère où le bébé à peu de chance de s'en sortir.
Pour elle il s'agit d'une forme sévère. D'un coup je me prends la plus grande gifle qu'il puisse exister sur terre. De suite elle nous parle d'une éventuelle interruption de grossesse. Je m'effondre en larme...
Elle veut avoir l'avis d'un de ses confrères et le plus proche se trouve à Paris. Tout se bouscule, s'accélère. Nous qui avions passé 8 mois tranquille, calme et heureux, nous voilà dans la précipitation et l'angoisse.
Nous sortons du CHU. 5 messages vocaux.
Maintenant il s'agissait d'appeler nos proches pour les tenir informés, mais les larmes nous serraient trop la gorges, impossible de parler.
Le temps m'a parut interminable depuis la dernière échographie, c'était pourtant le mois dernier...
Je vais au rendez-vous avec ta mamy Cathy, car ton papa travaille et n'a pu se libérer.
Dans la salle d'attente on sourit, on regarde le ventre des autres mamans. Mon cœur et si léger.
C'est notre tour, même rituel qu'au par avant, enfin je te revois, tu tètes le cordon ombilical, ta tête est positionnée, prête à sortir, les battements de ton coeur me font encore sourire, comme s'il s'agissait d'une berceuse, ils m'apaisent.
L'échographiste s'attarde 1 moment sur ton coeur, je me dis que c'est normal, mais je trouve qu'elle s'y attarde 1 peu trop, en plus elle ne dit pas 1 mot.
Finalement elle s'arrête et me dit qu'elle à vu 1 petite anomalie mais qu'elle est incapable d'expliquer, l'oreillette droite est trop grosse. Elle prend rendez-vous pour nous avec une cardiopédiatre du CHU à Nantes pour savoir de quoi il s'agit. Elle voit que je m'inquiète, sans se prononcer, elle me dit que pour elle, cela reste quelque chose de bénin.
Nous avons rendez-vous le 27 novembre.
Il nous reste un peu plus de 2 mois à compter d'aujourd'hui (30 octobre 2009) avant de te voir arriver.
Plus le temps passe, plus je te sens bouger et plus je m'impatiente de te voir.
Ton papa essai désespérément de te sentir bouger mais tu arrêtes à chaque fois qu'il pose sa main. En même temps où tu bouges le plus c'est à 4h du matin et là ton papa il dort...
Mais attention il s'entraîne à devenir le meilleur des papas en donnant à manger à la petite voisine.
Mardi 8 septembre, nous partons à la polyclinique avec ton papa pour passer la 2ème échographie.
Toujours autant d'émotions à entendre ton petit cœur.
Cette échographie est plus technique que la précédente mais le médecin arrive à nous tirer un beau portait de ta petite frimousse.
Le 2ème trimestre passe assez vite, plus de nausées et une forme quasi olympique.
Les examens médicaux se succèdent, prises de sang et rendez-vous chez le médecin.
Au mois de juillet je passe le triple test pour la trisomie.
Mauvaise nouvelle, le test n'est pas très bon, il apparait 1 risque sur 20 que tu sois trisomique.
On nous propose de faire une amniocentèse pour être sûr.
Sans aucune hésitation on accepte.
J'y vais le 4 août. On me prélève du liquide amniotique. Ce n'est pas très agréable mais grâce à ça j'ai pu te revoir encore une fois.
Après 10 jours d'angoisse, nous avons les résultats par téléphone; tout est normal.
Je pousse un OUF de soulagement et demande à la femme que j'ai au bout du téléphone si tu es 1 petite fille ou 1 petit garçon (à vrai dire peu m'importait le principale était que tu sois en bonne santé).
Nous connaissons désormais ton sexe mais nous le tiendrons secret auprès de la famille et de nos amis.
Les 3 premiers mois sont passés, il est l'heure de la 1ère échographie.
Tu nous apparais là, devant nous en noir et blanc, on entend ton petit cœur battre, tu ne fais pourtant que 6 cm, une toute petite crevette !
Un beau matin du joli mois de mai, j'ai fais un test de grossesse...
Joie , merveille, il est positif !
Mais comment l'annoncer au futur papa.
Ni 1 ni 2, en voiture, me voilà partie acheter 1 livre dont l'intitulé est : "guide du jeune papa" et une petite tétine.
Après son travail, l'intéressé arrive et hop, je lui offre son petit paquet cadeau...
Après quelques secondes à comprendre ce que cela pouvait bien vouloir dire, il me demanda :
"tu es enceinte?"
Je lui ramena le test et là, la réponse fût évidente.
Une mêlée d'émotions nous submergea tous les 2.
Il était une fois un couple de jeunes mariés qui s'appelaient Pierre et Julie.
Heureux de l'engagement qu'ils venaient de se faire mutuellement, ils voulurent agrandir la famille.