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Blog-Grossesse

Notre carnet de grossesse

Maïté et Yoann

Accouchement prévu le 31 juillet 2013

J+4749

Depuis son arrivée

11h : Les choses s’accélèrent, babe s’est engagée mais pas assez (chiante on a dit ?). Mais ils ne peuvent pas la laisser comme ça, abandonnée à son triste…

Virage à 180° 3/3

11h : Les choses s’accélèrent, babe s’est engagée mais pas assez (chiante on a dit ?).
Mais ils ne peuvent pas la laisser comme ça, abandonnée à son triste sort, Julie décide donc qu’à 11h30, il faudra y aller. Elle me fait comprendre que telle qu’elle est positionnée, j’aurais beaucoup de boulot pour la faire sortir car elle est encore haute. Une vague d’émotion nous envahit, nous comprenons que dans quelques minutes, elle sera enfin là, avec nous. Que tout allait devenir réel. Je décide donc courageuse que je suis de me réinjecter une dose de péri. Mais un drôle de bruit retentit, je réessaie, et le même bruit. Qu’importe je suis sereine malgré tout.

11h30 au clocher de l’église : Julie revient, suivie d’une ribambelle de nénettes qui courent dans tous les sens, elles s’installent, posent du matériel, ce qui est pour moi, ce qui sera pour Célia. J’en profite pour demander à Julie pourquoi ma pompe à péri fait un drôle de bruit. Sa réponse m’a glacé le sang : « ah c’est parce qu’elle est vide, allez, vous êtes prête ? » J’ai eu envie de pleurer, de partir en courant avec ma môme coincée dans mon bassin (peut-être même la tête dans les nuages, qu’importe), j’ai envie d’appeler au secours ma môman. Bref, la méga grosse gifle. A la guerre comme à la guerre, de toutes façons, il n’y a pas le choix.
Je me concentre, je suis comme hypnotisée par la voix de Julie, je ne regarde qu’elle, je n’entends qu’elle, je n’écoute qu’elle. Je tente de pousser du mieux que je peux. Apparemment, ça lui va. Les poussées s’enchaînent. Je prends mon souffle, bloque et pousse comme une malade. Elle me dit que c’est bien, que les poussées sont efficaces, que ma fille arrive. Mais j’ai l’impression d’avoir glissée dans une faille spatio-temporelle. J’ai l’impression que je suis là depuis une éternité et en même temps, je sais qu’il n’y en a plus pour longtemps. C’est tellement difficile ces derniers mètres. Je puise dans mes dernières forces, j’ai mal mais je ne crie pas. Yoann m’avouera quelques heures plus tard que j’étais flippante, les veines sorties à bloc, comme possédée. Et en fait, j’étais possédée. Je voulais y arriver, je voulais faire naître ma fille. J’avais une peur bleue des forceps, ventouse ou autre césarienne. Et les poussées s’enchaînent, j’avais l’impression d’avoir tout un stade qui me supportait, je les entendais toutes (et mon homme), allez allez, on pousse, on pousse, on pousse, encore encore encore, j’avais envie de leur demander quand avait lieu la mi-temps ! Mais j’étais sûre qu’elle descendait bien, je la sentais. A un moment, j’ai couiné (ou juste un gentil couinement) et elle me dit, c’est normal, c’est la tête qui passe, vous voulez-voir ? Non non si je me mettais à vomir maintenant ça serait vraiment le bordel je crois ! Je pousse encore et j’entends ces mots salvateurs : « Arrêtez de pousser, respirez ». Mes longues heures de visionnage de baby-boom m’ont servies à quelque chose (en plus de chialer comme une madeleine), je savais qu’à ce moment précis, c’est elle qui bossait et que dans une fraction de seconde, elle serait là avec nous. Puis j’ai senti ma fille glisser hors de moi, plus aucune douleur à ce moment-là, une délivrance, c’était fini. Enfin non, mais si, vous avez compris quoi !

Ma fille, notre fille, notre merveille était là, elle me l’a posé sur le ventre et à cet instant précis, je me suis mise à pleurer. Mais quand je dis pleurer, ce n’est pas 3 larmes d’émotions, moi je fais plutôt dans de vrais gros sanglots. Je ne pouvais plus m’arrêter. J’ai pleuré proportionnellement à mon état de fatigue, de douleur, de soulagement et surtout de BONHEUR. Elle était toute propre, chaude, rose et pimpante. Elle a poussé un petit cri, juste assez pour nous rassurer mais elle avait l’air tellement calme. Je n’ai jamais été aussi heureuse qu’à ce moment précis. J’étais certes dans un état de décomposition avancée (ne nous mentons pas, quasiment 48heures sans dormir et un accouchement en prime, ça laisse des traces), mais je me souviens du regard émerveillé de mon homme qui m’a dit : « tu es belle ». Le pire c’est qu’il le pensait :) Et voir tout l’amour qu’il nous portait dans ses yeux, ça n’avait pas de prix. Pour tout le reste il y a Mastercard, toussa toussa (vous ai-je dit que je travaillais dans la banque ?)
Non sans blaguer, je suis du genre à avoir du mal à dire ce que je ressens mais là je ne trouve même pas les mots. J’ai été submergée, je me suis pris un tsunami dans les gencives et je peux vous assurer que je n’ai jamais rien vécu d’aussi bon. J’y retourne demain ;) Nous regardions ce petit être si fragile et en même temps tellement solide, elle était impressionnante de zénitude. Et je vais vous surprendre mais vous savez quoi ? Elle était belle. Non, pas belle, en fait, elle était magnifaïque ma chéwiie !! Les premiers soins ont été faits dans la salle de naissance. Yoann était à ses côtés et ne la quittait plus des yeux. Pour ma part, j’ai eu le droit à une bonne séance de couture qui a duré 1h30 (on a rappelé ma copine l’anesthésiste, merci de vous en soucier), et c’est ce qui a été le plus difficile à gérer. Ma fille et mon homme étaient loin de moi (au moins à 1m50, je vous jure) mais l’Homme ne pouvait plus revenir en arrière, sous peine d’avoir une vision directe sur le champ de bataille. Il n’osait plus bouger une oreille. Une fois le point de croix terminé, et ma fille déclarée parfaite avec ses 49cm et 3.230kg, tout le monde a plié bagages et nous avons savourés ce moment tous les trois, en famille. Nous avons annoncé la nouvelle aux grands-parents, tontons/tata, et j’ai encore pleuré. A chaque appel en fait, quand on me demandait, ça va ? C’était le drame. Oui ça va, snif, je suis tellement heureuse, snif. Elle est tellement parfaite, snif.

Dans l’après-midi, nous sommes remontés dans ce qui serait notre chambre, allée Adolphe Pinard (ne riez pas je vous jure, je me demande encore comment ils ont osés), nous nous sommes reposés mais le répit a été de courte durée, avec la venue de mes parents et mon frère.

Je crois que cette journée telle que je vous l’ai raconté ici, je n’en oublierais jamais aucun détail. C’était sans nul doute le plus beau jour de ma vie.
Photo illustrant Virage à 180° 3/3

Vos petits mots

Commentaires 7

Sylvia 26.06.2014

Très touchantes ces photos !

Sarah (S. et T.)

Oui, terrible ce récit, aussi bien émotionnellement qu'"humouristiquement"!!! Bravo!

Agnès et son carré d'AS

Super récit, on a l'impression d'y être avec toi !!!!

Bravo pour ta force et ton courage !

Alice

Haaaannn! Je suis fan de toi, Maïté!

Tu as l'air d'une personne positive, drôle, fantasque et plein d'humanité. On s'entendrait bien, toi et moi!!

J'ai dévoré ton récit d'accouchement, vivement le prochain! Bises

Astrid

un superrr looooong travail, mais un superbe accouchement avec une belle petite pointe d'humour à la clé, j'adore ! ;)

Maïté

Coucou Elo :)

Merci j'y ai passé du temps, que ce soit pour vous le raconter ou le jour même LOL

Elle était prévue pour le 8 Août, elle est née juste une semaine avant le terme.

Elo et Eliot

WAAAA!!!Tu as bien bossé!

D'abord pour ton superbe texte plein d'humour, d'émotion et de métaphores :)

Et surtout pour cet accouchement!Ca c'est du taf, chapeau.

Du coup elle était prévue pour quand ta fille normalement?

Bises

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