Le jour J
Le Phoenix en cendres.
Ce post n’est pas un règlement de compte. Juste un ressenti, mon vécu, à cet instant…
Toi, moi, nous… Les derniers moments avec ton petit corps sans vie…
Nos aux revoir loin d’être glorieux…
Ma colère d’être en colère, ces jours là….
Je n’ai aucun regret.
Peut être que certains si…
Je pardonnerai, lorsque tu me le diras là haut….
Ou plus tard, l’apaisement faisant….
18 mars 2013.
Je ne vais pas mentir. J’ai bien dormi cette nuit… L’épuisement a pris le dessus.
Pourtant, je me réveille souvent en pleurs… Je fais aussi des crises de somnambulisme.
Me retrouvant, entre rêve et réalité…dans les toilettes par exemple…
Chiant littéralement les fleurs qu’on veut m’imposer dans cette église.
Demandant de l’aide pour cet accouchement floral… Complètement fou… Sûrement…
Mais qui ne le deviendrai pas ?
Pourtant, je me sens libérée car tu l’es enfin.
Je ne réalise pas vraiment...
Aujourd’hui, je vais emmener beaucoup de monde te voir, pour leurs adieux...
Tes deux paires de grands-parents, tes infirmiers, ta marraine, l’oncle et tante de papa.
Ton parrain et tonton Sacha, accompagnés par le parrain de Ruben, arriveront trop tard pour te voir.
Ton parrain te verra le lendemain matin, avant la mise en bière.
Ce matin, tes grands parents paternels viennent pour te découvrir, préparé pour ton départ. Nous devons les conduire à ta chambre funéraire. Ce sont eux qui se sont invités de bon matin. Alors que nous n’avons pas encore récupéré les clés chez les pompes funèbres…
Nous devons aussi commander au fleuriste.
Je ne veux aucunes fleurs coupées. Les seules seront un cœur de roses et lys blancs posés sur ton cercueil blanc…offertes par nous 3 pour toi…
A leur arrivée, tes grand parents pensent partir seuls avec papa, sans Ruben ni moi...
Le temps que je nous prépare, ton grand père agresse ton père…
En effet, papa dit son mécontentement que tout le monde soit prévenu, non pas par nous.
Plus tard, nous apprendrons que mamy avait téléphoné de sa voiture, se présentant comme Madame L., sans préciser que ce n’était pas moi. Elle pleurait un : « Raphaël est mort », puis raccrochait directement au nez de l’interlocuteur. Ceci alors que cela ne faisait pas une demi-heure que tu étais parti.
Choquant au passage, certaines personnes, me croyant l’initiatrice de ce coup de fil.
Papa aura, comme réponse, un rugissement. Papy affirme que c'est à eux de décider, que nous sommes des foutes merdes et que nous avons rejeté tout le monde autour de nous...
Terrible mensonge… Qu’il est facile de dire que nous rejetions les autres alors que tout le monde nous ignorait… Nous fuyant comme la peste…
Car le malheur est contagieux. Nous l’avons appris cela…
Comme le cancer. Comment il l’a attrapé ? Combien de fois, nous l’avons entendu…
Je suis à l’étage. J’entends cette humiliation qui n’a pas lieu d’être. Surtout envers mon mari, ce papa extraordinaire qu’il est, mon pilier. J’ai les mains qui tremblent de rage.
Il n’a pas le droit de lui gronder dessus. Pas aujourd’hui, pas ici…
Je reprends mon calme avant de descendre.
Une fois en bas, il tente de faire pareil avec moi en me hurlant dessus et m'intimidant.
Ton âme mon crapaud est encore ici. Ton lit à ma vue.
La rage m’emporte… Une colère froide… voir glaciale…
J’ai trop arrondi les angles. Je ne peux plus…
Je lui montre qu'il ne m’impressionne pas. Je lui fais face...
Il tente de me faire reculer. Je ne bougerai pas d’un iota.
Je lui explique qu’il se doit de baisser d'un ton quand il me parle. Ce n’est ni le lieu ni le moment, en lui montrant ton lit médicalisé du regard. Il est chez moi ici. Il me doit respect sous mon toit. Tout, ce que je lui dis, m’est répété en écho.
Je lui montre la porte.
Il commence à lever la main pour me gifler. Je ne bouge pas d’un centimètre.
Qu’il ne me loupe pas, car je ne le louperai pas…
Fio s'interpose, voyant la scène se faire à la dernière seconde.
Ce n’est plus son fils, plus l’enfant à la recherche du père.
Il est devenu mon mari. Le père de mes enfants.
Toutes ses années d’humiliation envers lui, moi, nous : terminées. Fio a compris qu’il y a un choix à faire. Il le décide de lui-même. Il choisi la mariée trainée, ayant poussé son ainé dans le tombeau, et son batard de fils…
Il hurle que je ne suis plus conviée chez lui. Il aboie qu’il se rentre, obligeant mamy à venir avec lui.
Mamy, dans un cri de douleur, pleure "Je veux voir mon petit fils".
Sur le coup, elle m'a fait mal. Prise entre deux feux…
Elle reste alors chez moi, totalement déboussolée. Papa lui dit qu'il l'emmènera.
Plus qu’agacée, fâchée et blessée, j’affirme que cela fait des mois que je supporte les comportements et lubies de chacun, mais qu'à partir d'aujourd'hui fallait arrêter de m'emmerder.
Ta mamy s’en va…
Nous continuons de nous préparer avec papa. Son téléphone sonne. Les deux nous attendent dans leur voiture.
Je ne les empêcherai pas de te voir. Ils te diront adieux.
Je veux pouvoir me regarder dans un miroir. Je resterai droite dans tes bottes, jusqu’à la fin.
J’ai accepté beaucoup pour toi. Je ne leur enlèverai pas ce moment là…
Par contre… Plus jamais cela…
J’ai mis une croix sur lui. A la prochaine incartade, c’est elle qui vire de ma vie…
Après notre tour, chez le fleuriste et les pompes funèbres, nous les retrouvons près de la chambre, où ils nous attendent.
Une petite pièce qui donnait à même la rue, avec un christ plus grand que toi, mon amour…
Les derniers mots que je prononce à ton grand père sont : « soit tu sors ou tu rentres, mais fermes la porte je ne veux pas que mon fils soit exposé à la vue de tous. »
Car porte grande ouverte…jour de marché… comme si tu allais lui sauter dessus…
En début d’après midi, tes infirmiers viendront te voir.
Ensuite tes autres papy et mamy.
Mamy pleure de tout son saoul. En t’embrassant, elle te confie qu'elle avait promis de ne plus jamais embrasser un mort.
Je l'ai toujours entendu dire ça. Elle avait été choquée par le froid, sur ses lèvres, après un baiser à la main de sa mère. Maman qu’elle avait perdue à 16 ans. Puis pour la première fois en 32 ans, j'ai entendu ma mère dire « maman ». Elle parle à sa mère, avec ce mot d'enfant, ce mot d'amour.
J'ai deviné alors que c'était elle qui était venue te chercher mon fils...
Pour ma part, lorsque je t’embrasse, j’ai les lèvres qui brûlent malgré le froid de ton corps.
Tu es froid comme de la neige et tu laisses le feu sur ma bouche… Mon Phoenix…
C’est en emmenant ta marraine te voir que je réalise…
Celle qui t’a acheté ton costume… Je craque en sanglot…
Crapaud, tu es si magnifique. Tu ressembles à un bébé vampire.
Tu souris en biais, tel le Joker… Content de ta dernière blague …
Papa accompagnera son oncle et sa tante.
Tu auras entre-ouvert tes jolis yeux, entre la visite de ta marraine et celle de tes tonton et tata. Mais de manière très légère.
Comme pour dire que tu l’avais bien vu, ta reine.
Ton parrain arrivera en soirée, du train.
19/03/13
Très glauques mes pensées nocturnes… je n'ai pas arrêté de cauchemarder de ta décomposition cette nuit. Preuve que j'ai bien fait de te faire partir dans les flammes, tel un Phoenix. Je n’aurai pas supporté que quelqu’un d’autre te mange encore… Assez que ce vilain crabe…
La mise en bière, mon crapaud, se fait à 9h45.
Je vois ce corbillard. Avec ce petit cœur blanc orné de lys et de roses…
Puis, plus tard, toi entouré de tes draps choisis dans l’amour…
Mes baisers entre ton front et l’arrête de ton nez… Plus jamais, je ne pourrai embrasser Ruben ainsi, sans y penser.
Je te remets ma perle de Tahiti consciencieusement. Je veux être la dernière à te toucher…
C’est ta main gelée que je caresserai en dernier.
Lorsqu’on t'a mis en bière, la dame des pompes funèbres m'a expliqué que c'était très rare qu'un mort ne bouge pas, de comment on l'avait mis...
Elle m'a dit que tu avais une « aura ».
Elle m'a avoué qu'elle ressentait ça rarement...
Je ne te bénirai pas… Tu n’es plus qu’un petit corps… Dieu n’a pas besoin de cela, pour t’ouvrir grand ses bras… Tu es déjà un ange, mon Raphaël… L’âme pure de l’enfant.
Ruben dort dans son cosy. Toi dans ce cercueil blanc…
Mes deux enfants se reposent mais pas de la même façon…
Nous partons à l'église pour une bénédiction à 10h30.
Lors de notre arrivée, une foule. Je vois des visages qui n’ont rien à faire là…
Trop de monde…
Les suceurs de sang, de sangsues de malheur, ne sont pas restés chez eux. J’aurais même droit aux pleureuses…
Dont une qui pleure plus que moi et qui demande « qui a eu l’audace d’emmener un enfant à l’église ??? », montrant Ruben…
Merci Zabou d’avoir répondu qu’il avait plus sa place qu’elle…
J’arrive, je fends la foule, sans saluer personne. Je veux juste rejoindre mon fils, qui est caché dans son cercueil blanc, à l’intérieur d’un fourgon noir…
L’église est celle de ton baptême… celle de celui de Ruben… devenue maintenant celle de ton inhumation religieuse…
Je vois ma mère… Je fonds en larme. Ta Reine et la femme de Mickey me rejoignent. Toutes 4 en larmes, dans les bras les unes des autres… Mamy nounou viendra aussi m’embrasser les larmes de douleurs, aux joues…
Mon beau père ne me saluera pas, ni ma belle mère.
Mon cher beau frère te bénira comme dit la marraine de Ruben, avec un sceau de merde...
Il en choquera plus d’un… même des personnes non catholiques…
Il m'aurait craché à la gueule, c'était pareil...
Ma belle mère suppliant ma belle soeur de le soutenir car elle a peur qu’il tombe.
Lorsque j’ai appris ça, j’avais juste envie de hurler … Mais qui soutient Fio ?
Crapaud, tu devais savoir ce qui se passerait pour mourir ce jour là...
Je suis en colère, d'être ne colère. Pas ce jour… C’est impensable.
Mon cher beau frère m’embrassera après sa bénédiction des plus misérables…
A-t-il eu peur du regard de Dieu ?
Dieu est partout. Pas seulement dans cet édifice de pierre…
Il ne me dira pas au revoir au crématorium, me passant devant de manière pédante et méprisante… et n’embrassera toujours pas Ruben de la journée…
L'église était pleine, d'étrangers. Je croise le regard de mon beau père, ton grand père, qui me fixe noir.
Je baisse les yeux. Non pas par honte, ni renoncement… J’évite la provocation…
Je suis juste en colère d’être en colère… Phrase qui me poursuivra durant des jours…
Il n’est plus…Il n’existe plus… Il est personne…
Il est comme mort.
Ne pas respecter sa mère, ce n'est pas respecter l'enfant...
Ils m’ont volé cet instant... celui de nos adieux.
Le prête fait son sermon sur l’injustice de ton départ.
J’ai envie de crier que non ce n’est pas injuste. C’est juste cette maladie qui est horrible !
Tu as eu la chance dans ton malheur de vivre dans un pays développé, avec l’accès aux soins. Tu as eu le droit à tous la prise en charge possible…
Tu as eu la possibilité d’avoir des antis douleurs puissants.
Combien d’enfants n’ont pas cette éventualité sur cette planète ?
Combien d’enfants meurent de faim, de soif, devant leur mère impuissante ?
Je me tais car je sais que je serais juste incomprise…
Pourtant, j’ai juste envie d’hurler : LA VIE EST BELLE ! C’est crapaud qui l’a dit !
Des gens viennent saluer mes beaux parents. Nous ne les connaissons pas.
Beaucoup d’inconnus.
Ils nous passent devant sans même un regard ou une poignée de main…
Je suis dans un autre monde…
Une église remplie d’inconnus, de sangsues de malheur venues se faire voir, de pleureuses…
Par contre, de belles surprises…
Des gens dont je ne m’attendais pas à voir. Des personnes que tu respectes, des femmes et hommes qui t’ont aidé. Il y aussi des êtres pour qui j’ai une énorme tendresse… Pour certains à tout jamais car ils t’ont accompagné durant des mois… Des amis qui ne nous ont pas tournés le dos… La famille qui mérite d’être plus présente que celle du sang.
Un vrai malheur partagé face à la perte d’un petit garçon exceptionnel.
Des individus qui nous ont permis de rester tous les 4, ensemble jusqu’au bout…
D’autres qui n’ont pas pu venir mais qui nous glisse un message par leur représentant…
Merci à eux.
Je crois même que l’une d’entre vous était là…
Puis une tendre pensée pour une personne qui m’a dit oui, pour que je puisse rester tout contre toi… et qui m’a aidé à descendre les marches du perron de cette maudite église…
Arrivée au crématorium à 12h.
L’entrée est encore entourée de neige…alors qu’il n’y en a plus nulle part… Comme si…
Dire que j’ai travaillé ici, durant un été…
Je pense à ces parents ayant perdu un enfant, noyé durant ses vacances…
Ils m’avaient touché par leur discrétion, leur dignité.
Ils étaient venus un matin lui dire adieu…
Ce midi là, c’est moi…
Le malheur n’arrive pas qu’aux autres…
U2 résonne dans la salle de recueillement. Les portes s’ouvrent, laissant apparaître ton petit cercueil blanc…
Un frisson me parcourt. Je suis certaine que tu aurais adoré cette mise en scène…
Je t’imagine avec ton petit sourire en coin…
J’avais hésité avec Queen… un de tes autres groupes préférés.
Puis, nous écoutons l’Ave Maria de Schubert.
Tu étais également si sensible au lyrique… La chanson de ton baptême.
Ruben nous soutient. C’est lui qui nous empêche de nous écrouler. Nous gratifiant d’un sourire à chaque personne qui commence à craquer.
Mon bébé a le visage mangé d’eczéma… Ayant pris mon hurlement de ton départ, en pleine figure.
Nous te disons au revoir sur Petite Marie de Cabrel. Le souvenir d’un câlin-lit tous les deux, où tu me demandes de te la chanter. Ce fameux mercredi matin où tu as si mal à la tête. Le mercredi de ta dernière hospitalisation. J’embrasse ces planches de bois avec tant d’amour. Cette plaque avec ton nom et deux dates. Si je pouvais l’enlacer…
Ton cercueil part de la pièce sur Tu ne verras plus l’hiver de Linda Lemay.
J’ai l’image gravée à jamais de toi partant. Du cri de ma mère t’appelant pour te retenir…
Nous sommes invités à partir sur bébé d’amour d’Henri Dès.
Tes musiques, pour les derniers moments de ton enveloppe terrestre…
Toi qui avais des goûts si éclectiques…
Je sors. J’embrasse cette neige.
Vous êtes autant froid l’un que l’autre. Mes lèvres me brûlent.
La mamy de papa vient me dire au revoir, après que son fils et son mari soient passés devant moi, me méprisant et sans un salut.
Elle me pleure des « Oh ma fille… ».
Je lui dis qu’elle est encore accueillie chez moi. Malgré tout…
Elle me rétorque « c'est le jour du grand pardon » aujourd'hui.
Non, il y a des choses impardonnables… dont cette phrase…
Je suis la maman du crapaud. C’est comme lui cracher dessus de faire ça…
Je me suis perdue en le perdant, dans cet accompagnement. Je ne mérite pas cela… et surtout LUI ne le mérite pas. Il n’aurait pas du tout accepté cela.
Nous rentrons chez nous, accompagnés de nos très proches.
Nous mangeons un bout tous ensemble. Nane a rempli notre frigo vide.
Papa sort une bouteille de vin rouge. Il demande qui veut en boire.
Cette bouteille est particulière. Elle a été achetée pour ta naissance.
Elle porte le nom de « Le chevalier L. (notre nom de famille) ».
Papa voulait l’ouvrir pour un grand événement, tel ton mariage ou la naissance d’un de tes enfants…
Tout le monde lui fait honneur. Nous trinquons tous en ton nom. Notre chevalier…
Je ne sais pas pourquoi, je regarde l’heure. Il est 15h30.
J’apprendrai demain que c’est l’heure où mon Phoenix s’est mis en flammes…
20/03/13.
La journée a été difficile.
J'ai dispersé tes cendres mon crapaud au jardin des anges.
Je pouvais te mettre dans celui des souvenirs, mais j'ai préféré te mettre avec les enfants, surtout les bébés. Enfin, tu pourras jouer, courir, rire, chanter. Tu ne seras plus seul, mon amour…
Ce qui m'a décidé de te mettre là bas, mon grand bonhomme, c'est qu'il y avait quelqu’un qui venait de se faire disperser il y a peu de temps...
Du coup, il y avait une énorme gerbe de fleur avec une épitaphe : UMP Calvados.
Sans aucun préjugé politique, juste l'idée... Non!!!!!
L’image de mettre mon crapaud avec un gros monsieur pervers type DSK (je sais, il est PS… mais voilà ma représentation de cette gerbe, à l’instant T), je ne peux pas. Cela m’est juste insupportable.
C’était peut être une femme géniale et droite. Mais cette notion politicarde avec toi m’est impossible. Tu es si loin de tout ça…
Accrochée à mon urne en carton, je pleure au législateur : « Mon fils a un nom d'ange. Il s'appelle Raphaël et il n'a que 4 ans... C’est un ange, il doit aller avec les autres anges. »
Autant chamboulé que moi, il nous amène tous les 4, aux jardins des anges.
Papa me laisse disperser tes cendres.
Je te glisse des mots d’amour …
« Poussière, tu redeviendras poussière. »
Puis, les mots de ma vengeance :
« Je t’ai cramé, Salope ! »
J’embrasse mes mains remplies de toi.
Le ciel pleure...
Mon coeur pleure...
Nous allons chez la maman de la marraine de Ruben. Je demande d’aller me laver les mains dans la salle de bain… Il est hors de question de laisser partir un bout de toi dans un évier de cuisine…
Au moment de nos aux revoir, avec la marraine de Ruben, je lui dirais ses mots :
« Je viens de faire quelque chose d’impensable Mimie… Aujourd’hui, j’ai dispersé les cendres de mon fils. ».
« L'écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n'existons plus pour personne. De là sa magie, sa divine hérédité. »
de Georges Perros.
Extrait des Papiers collés
Toi, moi, nous… Les derniers moments avec ton petit corps sans vie…
Nos aux revoir loin d’être glorieux…
Ma colère d’être en colère, ces jours là….
Je n’ai aucun regret.
Peut être que certains si…
Je pardonnerai, lorsque tu me le diras là haut….
Ou plus tard, l’apaisement faisant….
18 mars 2013.
Je ne vais pas mentir. J’ai bien dormi cette nuit… L’épuisement a pris le dessus.
Pourtant, je me réveille souvent en pleurs… Je fais aussi des crises de somnambulisme.
Me retrouvant, entre rêve et réalité…dans les toilettes par exemple…
Chiant littéralement les fleurs qu’on veut m’imposer dans cette église.
Demandant de l’aide pour cet accouchement floral… Complètement fou… Sûrement…
Mais qui ne le deviendrai pas ?
Pourtant, je me sens libérée car tu l’es enfin.
Je ne réalise pas vraiment...
Aujourd’hui, je vais emmener beaucoup de monde te voir, pour leurs adieux...
Tes deux paires de grands-parents, tes infirmiers, ta marraine, l’oncle et tante de papa.
Ton parrain et tonton Sacha, accompagnés par le parrain de Ruben, arriveront trop tard pour te voir.
Ton parrain te verra le lendemain matin, avant la mise en bière.
Ce matin, tes grands parents paternels viennent pour te découvrir, préparé pour ton départ. Nous devons les conduire à ta chambre funéraire. Ce sont eux qui se sont invités de bon matin. Alors que nous n’avons pas encore récupéré les clés chez les pompes funèbres…
Nous devons aussi commander au fleuriste.
Je ne veux aucunes fleurs coupées. Les seules seront un cœur de roses et lys blancs posés sur ton cercueil blanc…offertes par nous 3 pour toi…
A leur arrivée, tes grand parents pensent partir seuls avec papa, sans Ruben ni moi...
Le temps que je nous prépare, ton grand père agresse ton père…
En effet, papa dit son mécontentement que tout le monde soit prévenu, non pas par nous.
Plus tard, nous apprendrons que mamy avait téléphoné de sa voiture, se présentant comme Madame L., sans préciser que ce n’était pas moi. Elle pleurait un : « Raphaël est mort », puis raccrochait directement au nez de l’interlocuteur. Ceci alors que cela ne faisait pas une demi-heure que tu étais parti.
Choquant au passage, certaines personnes, me croyant l’initiatrice de ce coup de fil.
Papa aura, comme réponse, un rugissement. Papy affirme que c'est à eux de décider, que nous sommes des foutes merdes et que nous avons rejeté tout le monde autour de nous...
Terrible mensonge… Qu’il est facile de dire que nous rejetions les autres alors que tout le monde nous ignorait… Nous fuyant comme la peste…
Car le malheur est contagieux. Nous l’avons appris cela…
Comme le cancer. Comment il l’a attrapé ? Combien de fois, nous l’avons entendu…
Je suis à l’étage. J’entends cette humiliation qui n’a pas lieu d’être. Surtout envers mon mari, ce papa extraordinaire qu’il est, mon pilier. J’ai les mains qui tremblent de rage.
Il n’a pas le droit de lui gronder dessus. Pas aujourd’hui, pas ici…
Je reprends mon calme avant de descendre.
Une fois en bas, il tente de faire pareil avec moi en me hurlant dessus et m'intimidant.
Ton âme mon crapaud est encore ici. Ton lit à ma vue.
La rage m’emporte… Une colère froide… voir glaciale…
J’ai trop arrondi les angles. Je ne peux plus…
Je lui montre qu'il ne m’impressionne pas. Je lui fais face...
Il tente de me faire reculer. Je ne bougerai pas d’un iota.
Je lui explique qu’il se doit de baisser d'un ton quand il me parle. Ce n’est ni le lieu ni le moment, en lui montrant ton lit médicalisé du regard. Il est chez moi ici. Il me doit respect sous mon toit. Tout, ce que je lui dis, m’est répété en écho.
Je lui montre la porte.
Il commence à lever la main pour me gifler. Je ne bouge pas d’un centimètre.
Qu’il ne me loupe pas, car je ne le louperai pas…
Fio s'interpose, voyant la scène se faire à la dernière seconde.
Ce n’est plus son fils, plus l’enfant à la recherche du père.
Il est devenu mon mari. Le père de mes enfants.
Toutes ses années d’humiliation envers lui, moi, nous : terminées. Fio a compris qu’il y a un choix à faire. Il le décide de lui-même. Il choisi la mariée trainée, ayant poussé son ainé dans le tombeau, et son batard de fils…
Il hurle que je ne suis plus conviée chez lui. Il aboie qu’il se rentre, obligeant mamy à venir avec lui.
Mamy, dans un cri de douleur, pleure "Je veux voir mon petit fils".
Sur le coup, elle m'a fait mal. Prise entre deux feux…
Elle reste alors chez moi, totalement déboussolée. Papa lui dit qu'il l'emmènera.
Plus qu’agacée, fâchée et blessée, j’affirme que cela fait des mois que je supporte les comportements et lubies de chacun, mais qu'à partir d'aujourd'hui fallait arrêter de m'emmerder.
Ta mamy s’en va…
Nous continuons de nous préparer avec papa. Son téléphone sonne. Les deux nous attendent dans leur voiture.
Je ne les empêcherai pas de te voir. Ils te diront adieux.
Je veux pouvoir me regarder dans un miroir. Je resterai droite dans tes bottes, jusqu’à la fin.
J’ai accepté beaucoup pour toi. Je ne leur enlèverai pas ce moment là…
Par contre… Plus jamais cela…
J’ai mis une croix sur lui. A la prochaine incartade, c’est elle qui vire de ma vie…
Après notre tour, chez le fleuriste et les pompes funèbres, nous les retrouvons près de la chambre, où ils nous attendent.
Une petite pièce qui donnait à même la rue, avec un christ plus grand que toi, mon amour…
Les derniers mots que je prononce à ton grand père sont : « soit tu sors ou tu rentres, mais fermes la porte je ne veux pas que mon fils soit exposé à la vue de tous. »
Car porte grande ouverte…jour de marché… comme si tu allais lui sauter dessus…
En début d’après midi, tes infirmiers viendront te voir.
Ensuite tes autres papy et mamy.
Mamy pleure de tout son saoul. En t’embrassant, elle te confie qu'elle avait promis de ne plus jamais embrasser un mort.
Je l'ai toujours entendu dire ça. Elle avait été choquée par le froid, sur ses lèvres, après un baiser à la main de sa mère. Maman qu’elle avait perdue à 16 ans. Puis pour la première fois en 32 ans, j'ai entendu ma mère dire « maman ». Elle parle à sa mère, avec ce mot d'enfant, ce mot d'amour.
J'ai deviné alors que c'était elle qui était venue te chercher mon fils...
Pour ma part, lorsque je t’embrasse, j’ai les lèvres qui brûlent malgré le froid de ton corps.
Tu es froid comme de la neige et tu laisses le feu sur ma bouche… Mon Phoenix…
C’est en emmenant ta marraine te voir que je réalise…
Celle qui t’a acheté ton costume… Je craque en sanglot…
Crapaud, tu es si magnifique. Tu ressembles à un bébé vampire.
Tu souris en biais, tel le Joker… Content de ta dernière blague …
Papa accompagnera son oncle et sa tante.
Tu auras entre-ouvert tes jolis yeux, entre la visite de ta marraine et celle de tes tonton et tata. Mais de manière très légère.
Comme pour dire que tu l’avais bien vu, ta reine.
Ton parrain arrivera en soirée, du train.
19/03/13
Très glauques mes pensées nocturnes… je n'ai pas arrêté de cauchemarder de ta décomposition cette nuit. Preuve que j'ai bien fait de te faire partir dans les flammes, tel un Phoenix. Je n’aurai pas supporté que quelqu’un d’autre te mange encore… Assez que ce vilain crabe…
La mise en bière, mon crapaud, se fait à 9h45.
Je vois ce corbillard. Avec ce petit cœur blanc orné de lys et de roses…
Puis, plus tard, toi entouré de tes draps choisis dans l’amour…
Mes baisers entre ton front et l’arrête de ton nez… Plus jamais, je ne pourrai embrasser Ruben ainsi, sans y penser.
Je te remets ma perle de Tahiti consciencieusement. Je veux être la dernière à te toucher…
C’est ta main gelée que je caresserai en dernier.
Lorsqu’on t'a mis en bière, la dame des pompes funèbres m'a expliqué que c'était très rare qu'un mort ne bouge pas, de comment on l'avait mis...
Elle m'a dit que tu avais une « aura ».
Elle m'a avoué qu'elle ressentait ça rarement...
Je ne te bénirai pas… Tu n’es plus qu’un petit corps… Dieu n’a pas besoin de cela, pour t’ouvrir grand ses bras… Tu es déjà un ange, mon Raphaël… L’âme pure de l’enfant.
Ruben dort dans son cosy. Toi dans ce cercueil blanc…
Mes deux enfants se reposent mais pas de la même façon…
Nous partons à l'église pour une bénédiction à 10h30.
Lors de notre arrivée, une foule. Je vois des visages qui n’ont rien à faire là…
Trop de monde…
Les suceurs de sang, de sangsues de malheur, ne sont pas restés chez eux. J’aurais même droit aux pleureuses…
Dont une qui pleure plus que moi et qui demande « qui a eu l’audace d’emmener un enfant à l’église ??? », montrant Ruben…
Merci Zabou d’avoir répondu qu’il avait plus sa place qu’elle…
J’arrive, je fends la foule, sans saluer personne. Je veux juste rejoindre mon fils, qui est caché dans son cercueil blanc, à l’intérieur d’un fourgon noir…
L’église est celle de ton baptême… celle de celui de Ruben… devenue maintenant celle de ton inhumation religieuse…
Je vois ma mère… Je fonds en larme. Ta Reine et la femme de Mickey me rejoignent. Toutes 4 en larmes, dans les bras les unes des autres… Mamy nounou viendra aussi m’embrasser les larmes de douleurs, aux joues…
Mon beau père ne me saluera pas, ni ma belle mère.
Mon cher beau frère te bénira comme dit la marraine de Ruben, avec un sceau de merde...
Il en choquera plus d’un… même des personnes non catholiques…
Il m'aurait craché à la gueule, c'était pareil...
Ma belle mère suppliant ma belle soeur de le soutenir car elle a peur qu’il tombe.
Lorsque j’ai appris ça, j’avais juste envie de hurler … Mais qui soutient Fio ?
Crapaud, tu devais savoir ce qui se passerait pour mourir ce jour là...
Je suis en colère, d'être ne colère. Pas ce jour… C’est impensable.
Mon cher beau frère m’embrassera après sa bénédiction des plus misérables…
A-t-il eu peur du regard de Dieu ?
Dieu est partout. Pas seulement dans cet édifice de pierre…
Il ne me dira pas au revoir au crématorium, me passant devant de manière pédante et méprisante… et n’embrassera toujours pas Ruben de la journée…
L'église était pleine, d'étrangers. Je croise le regard de mon beau père, ton grand père, qui me fixe noir.
Je baisse les yeux. Non pas par honte, ni renoncement… J’évite la provocation…
Je suis juste en colère d’être en colère… Phrase qui me poursuivra durant des jours…
Il n’est plus…Il n’existe plus… Il est personne…
Il est comme mort.
Ne pas respecter sa mère, ce n'est pas respecter l'enfant...
Ils m’ont volé cet instant... celui de nos adieux.
Le prête fait son sermon sur l’injustice de ton départ.
J’ai envie de crier que non ce n’est pas injuste. C’est juste cette maladie qui est horrible !
Tu as eu la chance dans ton malheur de vivre dans un pays développé, avec l’accès aux soins. Tu as eu le droit à tous la prise en charge possible…
Tu as eu la possibilité d’avoir des antis douleurs puissants.
Combien d’enfants n’ont pas cette éventualité sur cette planète ?
Combien d’enfants meurent de faim, de soif, devant leur mère impuissante ?
Je me tais car je sais que je serais juste incomprise…
Pourtant, j’ai juste envie d’hurler : LA VIE EST BELLE ! C’est crapaud qui l’a dit !
Des gens viennent saluer mes beaux parents. Nous ne les connaissons pas.
Beaucoup d’inconnus.
Ils nous passent devant sans même un regard ou une poignée de main…
Je suis dans un autre monde…
Une église remplie d’inconnus, de sangsues de malheur venues se faire voir, de pleureuses…
Par contre, de belles surprises…
Des gens dont je ne m’attendais pas à voir. Des personnes que tu respectes, des femmes et hommes qui t’ont aidé. Il y aussi des êtres pour qui j’ai une énorme tendresse… Pour certains à tout jamais car ils t’ont accompagné durant des mois… Des amis qui ne nous ont pas tournés le dos… La famille qui mérite d’être plus présente que celle du sang.
Un vrai malheur partagé face à la perte d’un petit garçon exceptionnel.
Des individus qui nous ont permis de rester tous les 4, ensemble jusqu’au bout…
D’autres qui n’ont pas pu venir mais qui nous glisse un message par leur représentant…
Merci à eux.
Je crois même que l’une d’entre vous était là…
Puis une tendre pensée pour une personne qui m’a dit oui, pour que je puisse rester tout contre toi… et qui m’a aidé à descendre les marches du perron de cette maudite église…
Arrivée au crématorium à 12h.
L’entrée est encore entourée de neige…alors qu’il n’y en a plus nulle part… Comme si…
Dire que j’ai travaillé ici, durant un été…
Je pense à ces parents ayant perdu un enfant, noyé durant ses vacances…
Ils m’avaient touché par leur discrétion, leur dignité.
Ils étaient venus un matin lui dire adieu…
Ce midi là, c’est moi…
Le malheur n’arrive pas qu’aux autres…
U2 résonne dans la salle de recueillement. Les portes s’ouvrent, laissant apparaître ton petit cercueil blanc…
Un frisson me parcourt. Je suis certaine que tu aurais adoré cette mise en scène…
Je t’imagine avec ton petit sourire en coin…
J’avais hésité avec Queen… un de tes autres groupes préférés.
Puis, nous écoutons l’Ave Maria de Schubert.
Tu étais également si sensible au lyrique… La chanson de ton baptême.
Ruben nous soutient. C’est lui qui nous empêche de nous écrouler. Nous gratifiant d’un sourire à chaque personne qui commence à craquer.
Mon bébé a le visage mangé d’eczéma… Ayant pris mon hurlement de ton départ, en pleine figure.
Nous te disons au revoir sur Petite Marie de Cabrel. Le souvenir d’un câlin-lit tous les deux, où tu me demandes de te la chanter. Ce fameux mercredi matin où tu as si mal à la tête. Le mercredi de ta dernière hospitalisation. J’embrasse ces planches de bois avec tant d’amour. Cette plaque avec ton nom et deux dates. Si je pouvais l’enlacer…
Ton cercueil part de la pièce sur Tu ne verras plus l’hiver de Linda Lemay.
J’ai l’image gravée à jamais de toi partant. Du cri de ma mère t’appelant pour te retenir…
Nous sommes invités à partir sur bébé d’amour d’Henri Dès.
Tes musiques, pour les derniers moments de ton enveloppe terrestre…
Toi qui avais des goûts si éclectiques…
Je sors. J’embrasse cette neige.
Vous êtes autant froid l’un que l’autre. Mes lèvres me brûlent.
La mamy de papa vient me dire au revoir, après que son fils et son mari soient passés devant moi, me méprisant et sans un salut.
Elle me pleure des « Oh ma fille… ».
Je lui dis qu’elle est encore accueillie chez moi. Malgré tout…
Elle me rétorque « c'est le jour du grand pardon » aujourd'hui.
Non, il y a des choses impardonnables… dont cette phrase…
Je suis la maman du crapaud. C’est comme lui cracher dessus de faire ça…
Je me suis perdue en le perdant, dans cet accompagnement. Je ne mérite pas cela… et surtout LUI ne le mérite pas. Il n’aurait pas du tout accepté cela.
Nous rentrons chez nous, accompagnés de nos très proches.
Nous mangeons un bout tous ensemble. Nane a rempli notre frigo vide.
Papa sort une bouteille de vin rouge. Il demande qui veut en boire.
Cette bouteille est particulière. Elle a été achetée pour ta naissance.
Elle porte le nom de « Le chevalier L. (notre nom de famille) ».
Papa voulait l’ouvrir pour un grand événement, tel ton mariage ou la naissance d’un de tes enfants…
Tout le monde lui fait honneur. Nous trinquons tous en ton nom. Notre chevalier…
Je ne sais pas pourquoi, je regarde l’heure. Il est 15h30.
J’apprendrai demain que c’est l’heure où mon Phoenix s’est mis en flammes…
20/03/13.
La journée a été difficile.
J'ai dispersé tes cendres mon crapaud au jardin des anges.
Je pouvais te mettre dans celui des souvenirs, mais j'ai préféré te mettre avec les enfants, surtout les bébés. Enfin, tu pourras jouer, courir, rire, chanter. Tu ne seras plus seul, mon amour…
Ce qui m'a décidé de te mettre là bas, mon grand bonhomme, c'est qu'il y avait quelqu’un qui venait de se faire disperser il y a peu de temps...
Du coup, il y avait une énorme gerbe de fleur avec une épitaphe : UMP Calvados.
Sans aucun préjugé politique, juste l'idée... Non!!!!!
L’image de mettre mon crapaud avec un gros monsieur pervers type DSK (je sais, il est PS… mais voilà ma représentation de cette gerbe, à l’instant T), je ne peux pas. Cela m’est juste insupportable.
C’était peut être une femme géniale et droite. Mais cette notion politicarde avec toi m’est impossible. Tu es si loin de tout ça…
Accrochée à mon urne en carton, je pleure au législateur : « Mon fils a un nom d'ange. Il s'appelle Raphaël et il n'a que 4 ans... C’est un ange, il doit aller avec les autres anges. »
Autant chamboulé que moi, il nous amène tous les 4, aux jardins des anges.
Papa me laisse disperser tes cendres.
Je te glisse des mots d’amour …
« Poussière, tu redeviendras poussière. »
Puis, les mots de ma vengeance :
« Je t’ai cramé, Salope ! »
J’embrasse mes mains remplies de toi.
Le ciel pleure...
Mon coeur pleure...
Nous allons chez la maman de la marraine de Ruben. Je demande d’aller me laver les mains dans la salle de bain… Il est hors de question de laisser partir un bout de toi dans un évier de cuisine…
Au moment de nos aux revoir, avec la marraine de Ruben, je lui dirais ses mots :
« Je viens de faire quelque chose d’impensable Mimie… Aujourd’hui, j’ai dispersé les cendres de mon fils. ».
« L'écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n'existons plus pour personne. De là sa magie, sa divine hérédité. »
de Georges Perros.
Extrait des Papiers collés