Le jour J
Élisa nous a rejoints !
Ce dimanche 10 avril à 8h23, par une belle matinée ensoleillée, notre puce d’amour Élisa nous a enfin rejoints !
Tout a commencé vendredi 8 au soir…
Après notre journée passée à la maternité, nous étions particulièrement fatigués.
Gabriel était couché. Affalés dans le canapé devant un plateau télé, Fred et moi étions en train de zapper d’une chaine à l’autre, trop fatigués pour faire l’effort de nous trainer jusqu’à la chambre…
J’avais des douleurs dans le ventre, sans doute dues aux examens de la journée.
Mais machinalement, j’ai commencé à regarder, juste comme ça, si ces douleurs revenaient à intervalles réguliers… Et au bout de quelques heures, j’ai remarqué qu’effectivement la fréquence des contractions devenait régulière. D’abord toutes les 20 minutes, puis tous les 1/4 d’heure…
J’en ai parlé à Fred, qui comme moi s’est dit que c’était à cause des examens répétés de la journée.
2h plus tard, les contractions revenaient toutes les 10 minutes. Il était minuit…
Avec mes vertiges et les contractions, je n’avais pas envie de me coucher. Alors on a décidé que Fred irait se coucher, et que je continuerais de surveiller les contractions tranquillement dans le salon.
Le temps que Fred prenne sa douche, les contractions étaient rapprochées toutes les 7 à 10 minutes depuis plus de 2 heures.
Étant donné le branle-bas de combat à mettre en œuvre (réveiller mon meilleur ami Sébastien – et accessoirement mari de ma nounou Joëlle – en pleine nuit pour lui demander de venir chercher Gabriel, etc.…), on décide de se donner encore 1 heure, pour être sûrs.
Pendant ce temps, Fred se repose un peu, et moi je prépare tout : faire un sac pour Gabriel avec de quoi tenir le WE si besoin, préparer aussi ses affaires pour le Centre Aéré au cas où je ne serais pas rentrée d’ici là…
Au bout d’1 heure, on appelle Sébastien pour qu’il vienne chercher Gabriel, puis on téléphone au bloc obstétrical : ils nous attendent.
Je file prendre une douche et finaliser les sacs pour la maternité. Sèb et Joëlle arrivent, je réveille doucement mon bébé chat et Sèb l’emporte en pyjama dans la voiture… Heureusement qu’ils sont là !
Le temps de mettre un peu d’ordre dans la maison, de charger les sacs dans la voiture, et nous voilà partis.
Il est 3h30 du matin.
À notre arrivée à la maternité, il fait très froid. J’ai du mal à marcher… Heureusement, un infirmier qui passait par là avec un fauteuil roulant nous propose de m’amener au bloc obstétrical. Soulagement !
Au bloc, on nous attend.
La sage-femme qui nous accueille est jeune. Elle s’appelle Élise… Drôle de coïncidence !^^ Elle est très gentille et calme. Je suis placée sous monitoring et Élise m’examine : je suis toujours à 1 et demi… Comme les contractions sont régulières, je reste une bonne heure sous monito. Puis nouvel examen : toujours à 1 et demi, col mou postérieur…
Élise nous explique que je suis certainement en début de travail, mais qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer.
Étant donné notre situation (Gabriel placé pour le WE) et pour nous éviter des allers-retours, elle nous propose de nous installer en chambre pour attendre et laisser le travail avancer. Pour elle, c’est sûr, je vais accoucher prochainement. Reste à savoir quand…
Comme il n’y a pas de chambre seule de libre, on nous installe provisoirement en chambre double. Et on attend… Régulièrement dans la nuit, une sage-femme vient me faire un monito et prendre ma tension. Moi j’arrive à dormir un peu, mais mon pauvre Fred, mal installé sur son fauteuil, ne dors pas vraiment…
Au matin, on installe à côté de nous une jeune femme qui a accouché dans la nuit. Je suis jalouse… Elle a sa petite fille avec elle, elle la met au sein… et moi j’attends ! Pire : j’ai l’impression de ne plus avoir de contractions du tout ! Je commence à craindre d’avoir pris la mauvaise décision, d’avoir mis tout ça en branle pour rien…
Lorsque Fabienne, la sage-femme, passe pour le monito, je suis soulagée : j’ai toujours des contractions régulières. Mais elles ont l’air de décliner…
Fabienne me demande ce que je veux pour déjeuner. Mais moi je ne veux pas déjeuner, je veux ma fille !... Et puis avec ces fichus vertiges et ces vomissements, je n’ose rien avaler, et je n’ai pas faim…
Ce qui est rassurant cependant, c’est que les Spasfon qu’on m’a donnés cette nuit n’ont pas stoppé les contractions : je suis donc bien en travail…
La journée de samedi se passe entre monitos et prises de tension.
Fred et moi faisons plusieurs promenades dans le parc de la maternité : montées, descentes, escaliers… On appelle Sèb et Joëlle pour donner des nouvelles et confirmer que Gabriel devra dormir une nuit de plus chez nounou… Lui est ravi !
Dans l’après-midi, on nous installe en chambre simple.
Et on attend…
On me fait choisir mes repas pour la semaine… Mais moi je ne suis même pas sûre d’accoucher ! Les sages-femmes, elles, ne sont pas inquiètes. En fin de journée, après un dernier examen un peu compliqué (le bébé remonte entre chaque contraction et refuse d’appuyer sur le col, qui est donc très difficile à examiner pour les sages-femmes), Fabienne me soutient que je vais accoucher dans le WE : soit naturellement, soit sur déclenchement dimanche matin puisque ma gynéco est de garde ce dimanche-là… Je suis un peu rassurée.
En soirée, après discussion avec Fabienne, on décide que Fred peut rentrer à la maison pour la nuit : il reviendra pour 8h le matin et en cas d’alerte, je l’appellerai et il redescendra à la maternité illico.
Il rentre donc, fourbu, pour s’occuper de Panji et essayer de dormir un peu…
Restée seule, je prends une bonne douche, je me change, je mange un peu… et je me sens mieux. Je m’installe au lit devant la télé. Je suis si fatiguée… Rapidement j’éteins la télé et je m’endors.
Dans la nuit, je suis réveillée plusieurs fois par des douleurs dans le col. Vu le dernier examen et les saignements qui ont suivi, je ne m’inquiète pas outre mesure et me dis que les douleurs sont dues à ça… Mais les douleurs reviennent de plus en plus souvent, et très rapidement je commence à avoir du mal à gérer…
La sage-femme de garde m’examine… ça me fait mal ! Le col commence à bouger, je suis à 2 et demi. En discutant avec elle, je comprends que cette fois-ci, on y est…
J’appelle Fred pour lui dire de venir.
Nous sommes dimanche 10 avril, il est 3h du matin.
La sage-femme de garde m’accompagne jusqu’au bloc obstétrical.
C’est Élise qui m’accueille. Elle m’installe directement en salle d’accouchement, et me prépare pour la péridurale. L’anesthésiste arrive et me pose la péri (non sans mal tant je tremble…). Je suis à 3.
Le temps que le produit agisse, et Fred arrive enfin.
Il s’installe à côté de moi. Sa présence me rassure… Et je m’endors.
Régulièrement, Élise passe vérifier le monito et m’examiner. Vers 7h, elle me présente la sage-femme qui va lui succéder : elle s’appelle Frédérique – encore une coïncidence !^^.
A ce moment-là, je suis à 5, et tout se passe au mieux.
Puis je commence à ressentir des choses, et Frédérique me conseille de remettre un bolus de péri. Fred appuie sur le bouton. Je sens le produit froid dans mon dos, mais le soulagement n’arrive pas vraiment…
Frédérique repasse et perce doucement la poche des eaux. Je sens le liquide qui coule...
Quelque temps après, les sensations désagréables augmentent, je n’ai jamais connu ça et ça me fait peur… Frédérique m’explique que le travail s’est accéléré, que la péri n’a pas le temps d’agir...
Il est 8h, ma gynéco est arrivée, alors Frédérique m’examine : je suis à 8…
"Bon, je vais chercher Mme Messioux, ça ne devrait plus tarder".
Elle n’a pas passé la porte que je ressens de fortes pressions dans le bas du dos, et je n’ai plus de répit entre les contractions… Je fais comme je peux pour gérer, mais c’est très compliqué pour moi, et j’ai peur… Je vocalise pour contrôler mon souffle le temps des contractions qui sont de plus en plus longues, et je panique entre chaque : je ne vais pas y arriver ! Je ne veux pas ressentir ça !...
Lorsque Frédérique revient, je lui explique mes sensations, alors elle regarde et me dis "ah ben oui, c’est normal, votre bébé est là…" et hop ! elle se dépêche de m’installer pour la poussée alors que ma gynéco entre dans la pièce…
Et là je panique totalement : mais je ne veux pas ressentir tout ça moi, je ne sais pas gérer ça ! Je ne vais pas y arriver il faut que ça s’arrête ! Qu’est-ce qu’on peut faire pour que ces sensations cessent ?!
"On ne peut rien faire madame, il faut accoucher maintenant !" me dit Frédérique.
Là c’est concret…
Tout le monde est en place, tout le monde est prêt, mais pas moi !
J’entends la voix de Fred par-dessus tout : "ça va bien se passer, tu peux le faire…" Il me calme…
Alors je ferme les yeux et je me concentre sur ce qu’on me dit.
Une contraction arrive. Je ressens cette fameuse envie de pousser… Je n’ai jamais ressentis ça avant mais je sais que c’est ça !
On me dit de pousser, alors je pousse, j’ai du mal à rester concentrée tant j’ai peur, peur de mal faire, de ne pas y arriver, peur que le bébé ne passe pas…
Il ne faut pas crier pour garder son souffle, mais les vocalises m’aident à gérer la douleur, alors j’oscille entre les deux… Mais Fred m’encourage, et je n’entends que lui… "Vas-y, aller !.."
Alors j’y vais, et je pousse… Je suis douée pour ça, mes poussées sont longues et fortes, mais ma peur me fait régulièrement lâcher en cours de route… Je serre fort les yeux, je suis concentrée sur ce qu’on me dit… "Poussez fort vers le bas… encore ! encore !"… Alors c’est ça qu’on ressent…
Il me semble que tout va craquer, que ça ne passera pas… Entre mes paupières mi-closes, je perçois un mouvement de la gynéco vers un plateau chirurgical… J’hurle : "Non ! Ne coupez pas ! S’il vous plait ne coupez pas !"… "Non, je ne coupe pas…"
Lorsque la tête est à couronnement, pensant m’encourager la gynéco me dit : "elle est presque là, regardez !" mais je réponds, tétanisée de peur : "Non je ne veux pas voir !"… J’entrouvre quand même les yeux pendant la poussée suivante, et j’aperçois les cheveux de ma puce… Quel étrange sentiment alors !... Je pousse plus fort… C’est vrai que la douleur diminue quand on pousse !... Je suis déterminée, je pousse comme jamais : "Allez-y ! encore ! encore !"… Et je sens la tête passer…
C’est comme une pause : "Ne poussez plus"… Je souffle un peu, je réalise : ma fille est là…
"Allez Delphine, votre petite est là… Il est 8h23, à 8h25 je la poserai sur votre ventre…" me dit ma gynéco. Je suis galvanisée par ces mots. Ma petite est là…
"Allez, on y retourne : poussez !"… Mais de nouveau une douleur ! "Ce sont les épaules qui passent"… Je pousse encore… "Ca y est, elle est là !"…
"Elle est là…" La voix de Fred prend le dessus et j’ouvre les yeux : ma fille est déposée doucement sur mon ventre… mon bébé !
Elle est rapidement enveloppée dans une serviette chaude et je la serre contre mon cœur…
"Bienvenue mon amour… Maman crie mon cœur, mais elle est tellement heureuse de te voir enfin…".
Ces premiers mots sont pour ma fille. Elle est toute calme, je l’embrasse sur la tête. Je ne ressens plus aucune douleur. Je suis dans une bulle de bonheur…
Je vois le sourire de Fred qui se penche vers sa fille…
"Monsieur, vous voulez couper le cordon ?". Fred me regarde, d’un regard qui me dit "Je peux ?" et je lui réponds d’un sourire : il n’avait pas pu le faire pour Gabriel, je suis heureuse qu’il puisse le faire pour Élisa…
Depuis ma bulle, je vis tout ça comme à travers du coton… Je suis pleinement heureuse…
Puis la puéricultrice part avec Élisa, Fred la suit.
Ma gynéco reste avec moi. J’ai de nouveau de drôles de sensations… "C’est le placenta qui se décolle. Vous allez voir, quand il sort, on ressent un bien-être absolu…". Et c’est vrai !... Au moment de la délivrance, on se sent incroyablement bien !...
"Il y a des dégâts ?". Ma gynéco sourit et répond : "Rien du tout ! Même pas un point de suture. Juste quelques éraillures, et encore…". Je n’en reviens pas !... Quelle chance !
Je ressens un soulagement incroyable…
Quand Fred revient avec sa fille dans les bras, qu’il la dépose contre mon sein, le soleil inonde la pièce.
Le personnel se retire, on reste seuls, dans le calme, et c’est le bonheur complet…
Notre petite est là, elle me regarde intensément, les yeux dans les yeux. Elle est magnifique…
Fred se serre contre moi, regarde sa fille...
"Bienvenue Élisa…"
Tout a commencé vendredi 8 au soir…
Après notre journée passée à la maternité, nous étions particulièrement fatigués.
Gabriel était couché. Affalés dans le canapé devant un plateau télé, Fred et moi étions en train de zapper d’une chaine à l’autre, trop fatigués pour faire l’effort de nous trainer jusqu’à la chambre…
J’avais des douleurs dans le ventre, sans doute dues aux examens de la journée.
Mais machinalement, j’ai commencé à regarder, juste comme ça, si ces douleurs revenaient à intervalles réguliers… Et au bout de quelques heures, j’ai remarqué qu’effectivement la fréquence des contractions devenait régulière. D’abord toutes les 20 minutes, puis tous les 1/4 d’heure…
J’en ai parlé à Fred, qui comme moi s’est dit que c’était à cause des examens répétés de la journée.
2h plus tard, les contractions revenaient toutes les 10 minutes. Il était minuit…
Avec mes vertiges et les contractions, je n’avais pas envie de me coucher. Alors on a décidé que Fred irait se coucher, et que je continuerais de surveiller les contractions tranquillement dans le salon.
Le temps que Fred prenne sa douche, les contractions étaient rapprochées toutes les 7 à 10 minutes depuis plus de 2 heures.
Étant donné le branle-bas de combat à mettre en œuvre (réveiller mon meilleur ami Sébastien – et accessoirement mari de ma nounou Joëlle – en pleine nuit pour lui demander de venir chercher Gabriel, etc.…), on décide de se donner encore 1 heure, pour être sûrs.
Pendant ce temps, Fred se repose un peu, et moi je prépare tout : faire un sac pour Gabriel avec de quoi tenir le WE si besoin, préparer aussi ses affaires pour le Centre Aéré au cas où je ne serais pas rentrée d’ici là…
Au bout d’1 heure, on appelle Sébastien pour qu’il vienne chercher Gabriel, puis on téléphone au bloc obstétrical : ils nous attendent.
Je file prendre une douche et finaliser les sacs pour la maternité. Sèb et Joëlle arrivent, je réveille doucement mon bébé chat et Sèb l’emporte en pyjama dans la voiture… Heureusement qu’ils sont là !
Le temps de mettre un peu d’ordre dans la maison, de charger les sacs dans la voiture, et nous voilà partis.
Il est 3h30 du matin.
À notre arrivée à la maternité, il fait très froid. J’ai du mal à marcher… Heureusement, un infirmier qui passait par là avec un fauteuil roulant nous propose de m’amener au bloc obstétrical. Soulagement !
Au bloc, on nous attend.
La sage-femme qui nous accueille est jeune. Elle s’appelle Élise… Drôle de coïncidence !^^ Elle est très gentille et calme. Je suis placée sous monitoring et Élise m’examine : je suis toujours à 1 et demi… Comme les contractions sont régulières, je reste une bonne heure sous monito. Puis nouvel examen : toujours à 1 et demi, col mou postérieur…
Élise nous explique que je suis certainement en début de travail, mais qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer.
Étant donné notre situation (Gabriel placé pour le WE) et pour nous éviter des allers-retours, elle nous propose de nous installer en chambre pour attendre et laisser le travail avancer. Pour elle, c’est sûr, je vais accoucher prochainement. Reste à savoir quand…
Comme il n’y a pas de chambre seule de libre, on nous installe provisoirement en chambre double. Et on attend… Régulièrement dans la nuit, une sage-femme vient me faire un monito et prendre ma tension. Moi j’arrive à dormir un peu, mais mon pauvre Fred, mal installé sur son fauteuil, ne dors pas vraiment…
Au matin, on installe à côté de nous une jeune femme qui a accouché dans la nuit. Je suis jalouse… Elle a sa petite fille avec elle, elle la met au sein… et moi j’attends ! Pire : j’ai l’impression de ne plus avoir de contractions du tout ! Je commence à craindre d’avoir pris la mauvaise décision, d’avoir mis tout ça en branle pour rien…
Lorsque Fabienne, la sage-femme, passe pour le monito, je suis soulagée : j’ai toujours des contractions régulières. Mais elles ont l’air de décliner…
Fabienne me demande ce que je veux pour déjeuner. Mais moi je ne veux pas déjeuner, je veux ma fille !... Et puis avec ces fichus vertiges et ces vomissements, je n’ose rien avaler, et je n’ai pas faim…
Ce qui est rassurant cependant, c’est que les Spasfon qu’on m’a donnés cette nuit n’ont pas stoppé les contractions : je suis donc bien en travail…
La journée de samedi se passe entre monitos et prises de tension.
Fred et moi faisons plusieurs promenades dans le parc de la maternité : montées, descentes, escaliers… On appelle Sèb et Joëlle pour donner des nouvelles et confirmer que Gabriel devra dormir une nuit de plus chez nounou… Lui est ravi !
Dans l’après-midi, on nous installe en chambre simple.
Et on attend…
On me fait choisir mes repas pour la semaine… Mais moi je ne suis même pas sûre d’accoucher ! Les sages-femmes, elles, ne sont pas inquiètes. En fin de journée, après un dernier examen un peu compliqué (le bébé remonte entre chaque contraction et refuse d’appuyer sur le col, qui est donc très difficile à examiner pour les sages-femmes), Fabienne me soutient que je vais accoucher dans le WE : soit naturellement, soit sur déclenchement dimanche matin puisque ma gynéco est de garde ce dimanche-là… Je suis un peu rassurée.
En soirée, après discussion avec Fabienne, on décide que Fred peut rentrer à la maison pour la nuit : il reviendra pour 8h le matin et en cas d’alerte, je l’appellerai et il redescendra à la maternité illico.
Il rentre donc, fourbu, pour s’occuper de Panji et essayer de dormir un peu…
Restée seule, je prends une bonne douche, je me change, je mange un peu… et je me sens mieux. Je m’installe au lit devant la télé. Je suis si fatiguée… Rapidement j’éteins la télé et je m’endors.
Dans la nuit, je suis réveillée plusieurs fois par des douleurs dans le col. Vu le dernier examen et les saignements qui ont suivi, je ne m’inquiète pas outre mesure et me dis que les douleurs sont dues à ça… Mais les douleurs reviennent de plus en plus souvent, et très rapidement je commence à avoir du mal à gérer…
La sage-femme de garde m’examine… ça me fait mal ! Le col commence à bouger, je suis à 2 et demi. En discutant avec elle, je comprends que cette fois-ci, on y est…
J’appelle Fred pour lui dire de venir.
Nous sommes dimanche 10 avril, il est 3h du matin.
La sage-femme de garde m’accompagne jusqu’au bloc obstétrical.
C’est Élise qui m’accueille. Elle m’installe directement en salle d’accouchement, et me prépare pour la péridurale. L’anesthésiste arrive et me pose la péri (non sans mal tant je tremble…). Je suis à 3.
Le temps que le produit agisse, et Fred arrive enfin.
Il s’installe à côté de moi. Sa présence me rassure… Et je m’endors.
Régulièrement, Élise passe vérifier le monito et m’examiner. Vers 7h, elle me présente la sage-femme qui va lui succéder : elle s’appelle Frédérique – encore une coïncidence !^^.
A ce moment-là, je suis à 5, et tout se passe au mieux.
Puis je commence à ressentir des choses, et Frédérique me conseille de remettre un bolus de péri. Fred appuie sur le bouton. Je sens le produit froid dans mon dos, mais le soulagement n’arrive pas vraiment…
Frédérique repasse et perce doucement la poche des eaux. Je sens le liquide qui coule...
Quelque temps après, les sensations désagréables augmentent, je n’ai jamais connu ça et ça me fait peur… Frédérique m’explique que le travail s’est accéléré, que la péri n’a pas le temps d’agir...
Il est 8h, ma gynéco est arrivée, alors Frédérique m’examine : je suis à 8…
"Bon, je vais chercher Mme Messioux, ça ne devrait plus tarder".
Elle n’a pas passé la porte que je ressens de fortes pressions dans le bas du dos, et je n’ai plus de répit entre les contractions… Je fais comme je peux pour gérer, mais c’est très compliqué pour moi, et j’ai peur… Je vocalise pour contrôler mon souffle le temps des contractions qui sont de plus en plus longues, et je panique entre chaque : je ne vais pas y arriver ! Je ne veux pas ressentir ça !...
Lorsque Frédérique revient, je lui explique mes sensations, alors elle regarde et me dis "ah ben oui, c’est normal, votre bébé est là…" et hop ! elle se dépêche de m’installer pour la poussée alors que ma gynéco entre dans la pièce…
Et là je panique totalement : mais je ne veux pas ressentir tout ça moi, je ne sais pas gérer ça ! Je ne vais pas y arriver il faut que ça s’arrête ! Qu’est-ce qu’on peut faire pour que ces sensations cessent ?!
"On ne peut rien faire madame, il faut accoucher maintenant !" me dit Frédérique.
Là c’est concret…
Tout le monde est en place, tout le monde est prêt, mais pas moi !
J’entends la voix de Fred par-dessus tout : "ça va bien se passer, tu peux le faire…" Il me calme…
Alors je ferme les yeux et je me concentre sur ce qu’on me dit.
Une contraction arrive. Je ressens cette fameuse envie de pousser… Je n’ai jamais ressentis ça avant mais je sais que c’est ça !
On me dit de pousser, alors je pousse, j’ai du mal à rester concentrée tant j’ai peur, peur de mal faire, de ne pas y arriver, peur que le bébé ne passe pas…
Il ne faut pas crier pour garder son souffle, mais les vocalises m’aident à gérer la douleur, alors j’oscille entre les deux… Mais Fred m’encourage, et je n’entends que lui… "Vas-y, aller !.."
Alors j’y vais, et je pousse… Je suis douée pour ça, mes poussées sont longues et fortes, mais ma peur me fait régulièrement lâcher en cours de route… Je serre fort les yeux, je suis concentrée sur ce qu’on me dit… "Poussez fort vers le bas… encore ! encore !"… Alors c’est ça qu’on ressent…
Il me semble que tout va craquer, que ça ne passera pas… Entre mes paupières mi-closes, je perçois un mouvement de la gynéco vers un plateau chirurgical… J’hurle : "Non ! Ne coupez pas ! S’il vous plait ne coupez pas !"… "Non, je ne coupe pas…"
Lorsque la tête est à couronnement, pensant m’encourager la gynéco me dit : "elle est presque là, regardez !" mais je réponds, tétanisée de peur : "Non je ne veux pas voir !"… J’entrouvre quand même les yeux pendant la poussée suivante, et j’aperçois les cheveux de ma puce… Quel étrange sentiment alors !... Je pousse plus fort… C’est vrai que la douleur diminue quand on pousse !... Je suis déterminée, je pousse comme jamais : "Allez-y ! encore ! encore !"… Et je sens la tête passer…
C’est comme une pause : "Ne poussez plus"… Je souffle un peu, je réalise : ma fille est là…
"Allez Delphine, votre petite est là… Il est 8h23, à 8h25 je la poserai sur votre ventre…" me dit ma gynéco. Je suis galvanisée par ces mots. Ma petite est là…
"Allez, on y retourne : poussez !"… Mais de nouveau une douleur ! "Ce sont les épaules qui passent"… Je pousse encore… "Ca y est, elle est là !"…
"Elle est là…" La voix de Fred prend le dessus et j’ouvre les yeux : ma fille est déposée doucement sur mon ventre… mon bébé !
Elle est rapidement enveloppée dans une serviette chaude et je la serre contre mon cœur…
"Bienvenue mon amour… Maman crie mon cœur, mais elle est tellement heureuse de te voir enfin…".
Ces premiers mots sont pour ma fille. Elle est toute calme, je l’embrasse sur la tête. Je ne ressens plus aucune douleur. Je suis dans une bulle de bonheur…
Je vois le sourire de Fred qui se penche vers sa fille…
"Monsieur, vous voulez couper le cordon ?". Fred me regarde, d’un regard qui me dit "Je peux ?" et je lui réponds d’un sourire : il n’avait pas pu le faire pour Gabriel, je suis heureuse qu’il puisse le faire pour Élisa…
Depuis ma bulle, je vis tout ça comme à travers du coton… Je suis pleinement heureuse…
Puis la puéricultrice part avec Élisa, Fred la suit.
Ma gynéco reste avec moi. J’ai de nouveau de drôles de sensations… "C’est le placenta qui se décolle. Vous allez voir, quand il sort, on ressent un bien-être absolu…". Et c’est vrai !... Au moment de la délivrance, on se sent incroyablement bien !...
"Il y a des dégâts ?". Ma gynéco sourit et répond : "Rien du tout ! Même pas un point de suture. Juste quelques éraillures, et encore…". Je n’en reviens pas !... Quelle chance !
Je ressens un soulagement incroyable…
Quand Fred revient avec sa fille dans les bras, qu’il la dépose contre mon sein, le soleil inonde la pièce.
Le personnel se retire, on reste seuls, dans le calme, et c’est le bonheur complet…
Notre petite est là, elle me regarde intensément, les yeux dans les yeux. Elle est magnifique…
Fred se serre contre moi, regarde sa fille...
"Bienvenue Élisa…"
Patou & Domi
Bienvenue à la choupinette Elisa ! et félicitations aux parents et a toute sa famille .
"Premier regard" remplis de tendresses entre Elisa et maman ...que d'émotions !
Clin d'œil au super grand frère Gabriel et au papa Fred comblé d'avoir une famille si belle.
Un très gros bisous de notre part sur le petit bout de nez d'Elisa .
et que dire de ses doigts de pieds ?? lol
c'est trop mignon !
mamie Cathy
quelle adorable fin pour ce superbe roman! fin heureuse et début prometteur pour une longue et belle vie à notre petite Elisa.
Je vous embrasse très tendrement tous les 4.
une mamie Cathy très heureuse d'avoir une petite-fille!
Nous et petit parasite
Félicitations et bienvenue à votre petite Elisa !
Vous avez un joli talent d'écriture, vraiment c'est un très joli récit :)
Pleins de bonheur pour la suite !
marine et Florian
Quel beau récit... Félicitations et bienvenue à la jolie puce... La photo est si belle... Remplie de l'émotion des premiers instants... Magnifique
Steph
Félicitations aux heureux parents!! Bienvenue Elisa♥️tres beau accouchement et pleins de bonheur à vous 4
Delphine
Merci...
Stéphanie, Matthieu, Lili-Rose et Noélie
Quel merveilleux récit ! Toutes mes félicitations et bienvenue au monde à la jolie petite Elisa !