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Blog-Grossesse

Notre carnet de grossesse

Stéphanie, matthieu et Lili-rose et noélie

Accouchement prévu le 27 juin 2015

J+4104

Depuis son arrivée

Après une petite princesse née le 24 août 2012, l'idée conjointe de ne plus avoir d'enfants après une grossesse mouvementée et une césarienne programmée, maman a changé d'avis aux 15 mois de sa fille et mis 5 mois à convaincre papa...maintenant ça y est, l'aventure de la conception va pouvoir (re)commencer.

Arès 4 mois d'essais, bébé a décidé de venir s'installer dans mon bidon

Cette fois c'est bien la fin...

5 mois de grossesse hier, 30 mois pour Lili, les 30 ans d'une amie, et une date qui restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Mon père est de nouveau hospitalisé depuis dimanche matin, pour "déshydratation" selon ses dires. Il n'arrive plus à se nourrir correctement, ne se "régale avec rien". Ma soeur et moi y allons lundi, ma mère garde nos filles.
Nous le trouvons jaune, le visage creux (pourtant il n'a pas "re maigri"), le ventre gonflé avec le nombril qui ressort à travers son t-shirt, la voix étrangement cassée et non perfusé. Il nous dit qu'il vomit aussi. On lui demande pourquoi il est là (encore, après avoir passé 3 semaines là début janvier). Il nous dit qu'il est fatigué. On lui dit arrête de nous cacher des choses - vous êtes têtues j'ai rien, y'a rien - ils sont où tes comptes-rendus d'exam? - dans l'armoire - (on inspecte l'armoire) - y'a rien ! - ha bah oui c'est vrai, l'infirmière les a emporté".

Cela nous choque. Visiblement, il a trop d'acide dans l'estomac et devait se le faire ponctionner. Le médecin passe et dit que finalement la ponction ne se fera pas car comme il a vomi, le taux d'acide a baissé et ne nécessite donc plus d'être enlevé. Comme d'autres visiteurs arrivent, ma soeur et moi partons. Dès la sortie on se dit que quelque chose cloche. Ma soeur pleure.
Le soir, elle va voir son médecin traitant car sa 2ème tousse. Elle lui pose des questions. De suite il devine son état, parle de "décompensation ascitique", que c'est grave etc mais que bien sûr sans son dossier médical, il ne peut pas en être certain. Ma soeur m'appelle donc pour me raconter. On se met d'accord sur le fait que j'appellerai l'hôpital le lendemain pour parler au médecin qui suit notre père.

Le lendemain j'appelle : l'infirmière me dit le nom du fameux médecin (que l'on ignorait), qu'elle ne peut rien dire à cause du secret médical, qu'il ne donne pas de rdv et qu'il faut passer un après-midi dans la semaine pour lui parler.
L'aprem mon beau-frère garde les petites. Nous allons voir une infirmière qui nous dit que sa collègue a oublié de mentionner que le Dr D*** n'est pas là 3 aprem par semaine, dont aujourd'hui et qu'il faut revenir à 17h30. OK. Nous allons donc voir notre père, en train de changer de chambre pour passer en indiv. Il est encore pire que la veille. Il nous semble que quand il parle il est à côté de la plaque. Puis re visiteurs donc nous partons.

Nous revenons à 17h45. Nous voyons notre oncle. Nous lui disons que nous allons voir le doc mais que notre père n'est pas au courant. Nous demandons à une infirmière de voir le docteur, elle nous indique son bureau. Je lui dis que nous ne voulons pas que notre père le sache, elle va donc fermer la porte de sa chambre pour que nous passions tranquillement.
Ma soeur frappe à la porte, ouverte, et se présente. Je m'asseois. On lui explique que notre père nous cache des choses et qu'on veut savoir la vérité. Le couperet tombe direct : il est dans le déni, ce sont ces derniers jours, il ne tiendra peut-être pas jusqu'à son rdv à Lille le 13 mars, il n'y a plus rien à faire, son foie est rempli de métastases à cause d'un cancer primitif qu'ils n'arrivent pas à trouver (colo-rectal ou pulmonaire visiblement), son embolie n'était pas grave etc. Elo font en larmes. Je reste stoïque, pose des questions. On peut venir avec nos filles (à condition qu'elles n'aient pas d'infection car une gastro par exemple pourrait l'achever), il n'est pas contagieux. Il nous parle de soins palliatifs, de décès à domicile. Apparemment il souffre peu et finira sa vie soit dans un coma "doux", soit en faisant des hémorragies...Il nous dit que notre père est au courant depuis sa 1ère hospi, qu'il a tous ses résultats, que les docs ont toujours été franc avec lui et qu'il a pris toutes ces nouvelles "sereinement". Il ajoute qu'il faut se préparer, venir tous les jours, et que si on a la moindre question, même qui nous semble bête, il est là. Je lui avais demandé s'il serait là pour la naissance de ma fille. C'est non. J'encaisse. Nous remercions le doc et sortons. Elodie appelle son conjoint, moi notre mère. Je pleure aussi. Entre deux mon mari est parti chez ma soeur m'attendre.

On décide de re passer chez notre tante (la soeur de mon père, qui était à l'hôpital avec son mari dans la chambre de notre père, mais qu'on a pas vu). On lui annonce, elle hurle. Ma soeur avec. Je vais chercher mon oncle qui bricolait au sous-sol. On parlera pendant 1h car eux non plus ne s'imaginaient pas ça. En plus, un autre frère de mon père doit se faire opérer le lendemain car il a eu une grosse embolie pulmonaire.

Ensuite on va chercher de quoi manger à la friterie du coin. On mange chez ma soeur. J'ai faim. Elle elle ne mange pas, elle passe des coups de fil dans la famille, éparpillée un peu partout en France. Puis on regarde le dossier d'obsèques que mon père lui avait confié il y a quelques temps. On discute à 4 de tout ce qu'on va devoir faire. Il y a un "boulot" monstre.
On repart vers 22h. J'ai la nausée. Arrivée chez moi je vais aux WC mais rien ne sort, je m'allonge dans mon lit et là je vomis à terre tout mon repas. C'est mon homme qui nettoiera. Ensuite douche pour tout le monde. Je re vomis pendant qu'il couche Lili. Je me couche ensuite. J'ai froid, j'ai chaud, j'ai froid...j'ai mal à l'estomac, j'ai la bouche desséchée et la gorge douloureuse. Je prends mon homéo pour dormir. Je dormirai d'environ minuit à 1h45. J'essaye de me rendormir, réveille mon homme pour qu'il me prenne dans ses bras mais rien n'y fait alors je lui dit que je descend. Je suis venue écrire ici ma peine et mon chagrin, en mettant de la musique de relaxation.
J'ai peur, peur du coup de fil tant redouté, peur de rester seule, de m'écrouler quand j'apprendrai la nouvelle, peur pour mon bébé. Anéantie que mon père ne verra jamais sa dernière petite-fille. Je vais d'ailleurs appeler la mater après pour avoir ma SF, peut-être avancer mon rdv (qui est le 4) et qu'elle me donne le numéro du psy.
Là je vais retourner au lit car mon réveil va sonner à 7h pour aller au labo faire le fameux test du sucre, qui me fait tant stresser aussi.

Merci à l'avance pour votre soutien qui me sera précieux.

Vos petits mots

Commentaires 14

Audrey et bébé radis

Courage ma jolie, c'est une difficile épreuve que vous vivez là mais vous êtes unis et c'est important de l'être dans une telle situation, je t'envoi tout mon courage !!!!

une poule, un coq, un poussin

Courage, je sais qu'aucun mot ne pourrons te réconforter. Je comprends ta peine, étant à peut près dans la même situation mais avec ma mère!

Essaye d'être forte pour ton petit bout à venir....je sais que c'est facile à dire....Il ressens ce que tu ressens! Je t'envoie plein de courage dans cette épreuve si difficile!

Stéphanie

Merci à toutes pour votre gentillesse et vos messages réconfortants. Là je vis en mode "zombie" mais j'essaye de faire face et m'accrocher pour mes filles. Avec ma soeur et nos compagnons on se soutien mutuellement.

Sitrouil

La perte d'un parent est très douloureuse, j'ai perdu ma maman en 2007, elle avait 50 ans et moi 23.

Ce dire que notre futur enfant ne connaîtra pas un de ses grands parents, c'est compliqué.

Axel est né en 2009. Il sait que sa mamie est au ciel.

Ton petit bout va te donner du courage !! N'hesites pas à lui dire ce que tu ressents.

Je te souhaite pleins de force et de courage dans cette épreuve.

Liloo ( Me & My Dream )

J'ai perdu ma mère il y a bientôt 3ans, j'avais 22ans, elle en avait que 48 et ca a été un vrai choc! Un deuil impossible a faire jusqu'à maintenant. C'est une épreuve terrible a traverser mais je peux t'assurer qu'on trouve toujours cette force insoupçonnée pour la surmonter. Je te souhaite beaucoup de courage. Et surtout soit bien entouré! C'est difficile aussi de me dire que ma mère ne verra jamais mon bébé, mais il faut faire de cette épreuve une force. Encore beaucoup de courage.

kaw

Ma belle, je n'ose imaginer ce que tu ressens, comme ont pu le dire les filles, profite des derniers jours pour aller le voir le plus souvent possible, lui dire ce que tu ressens, que tu l'aimes, ta colère aussi car je pense que tu en as aussi...

Essaie de te préserver le plus possible aussi pour mener ta grossesse a terme, a mon avis ton père a rien voulu te dire pour ne pas t'insuieter justement et que tu risques une fausse couche.



Je t'envoie tout le courage possible, restez soudé en famille pour traverser cette épreuve.

Cendra (et Kris)

Quelle épreuve terrible... Je n'ai pas de mots pour tenter de t'apaiser, simplement te dire que je t'envoie mon soutien et te souhaite du courage. Encore plus dur en étant enceinte.

Solédane

Ohhhhh :((((( comme je suis triste de lire tout ça! J'en ai la gorge nouée!!!! Je comprend que vous vouliez savoir, c'est logique. Je pense que ton papa a voulu vous preservez par amour, tu es enceinte c'est dur d'encaisser des nouvelles comme ça. Profite de chaque instant. Je te fais de gros bisouuus

Counette

Je t'envoie plein de courage et de soutient! Perdre un être cher alors que tu es en train de donner la vie est affreux. Si tu as besoin de parler, n'hésite pas!

julie et guillaume

difficile de dire quoi que se soit apres ton recit, je suis vraiment triste pour toi meme si on ne se connait pas je te souhaite beaucoup de courage

clemnaika

pleins de courage et d'onde positive si tu a besoin nous sommes toutes la il faut garder la tete haute meme si rien n'est facile pour lui et lui montrer votre soutien courage des bisous

ophelie

Je t'envoi tout mon courage. C est encore plus difficile de vivre un décès lorsque l on est enceinte mais ca aide aussi a pouvoir encaisser. Un petit etre va bientot arriver et vous apportera beaucoup d amour pour soulager un peu cette peine.

nanouchka

On est là à tes côtés pour te soutenir même virtuellement - je comprends ta douleur et tes angoisses

Des moments plus que difficiles à venir, dire au revoir à une personne que l'on aime plus que tout

Je n'ai pas de mots pour soulager ta peine

"Profites" du temps qu'ils vous restent ensemble pour vous dire les choses, que tu l'aimes

Courage

Biz

poupette

Auvun mot ne pourra attenuer ta peine actuelle et a venir ni tes angoisses. Nous sommes là pour tecouter et te soutenir courage... essayer de "profiter" du temps qu'il vois reste pour vous donner tous l'amour possible.

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