Mes rendez-vous
Il était une fin.
Depuis 3 ans, j’écris ici.
3 années qui auront donné 3 blogs.
Je clos celui-ci, qui en sera très certainement le dernier.
J’y ai mis mes joies, mes peines.
Je vous ai dévoilé mes angoisses et espoirs.
Mes moments de vie les plus intimes.
J’ai fait des rencontres exceptionnelles.
J’ai pu échanger avec d’autres mamans. Partager un bout de vie, même virtuel, ensemble.
Mon existence va reprendre son chemin, quasi normal.
Je dépose ma plume, pour prendre un nouveau départ.
Mes écrits dévoileront aux garçons pourquoi mes faiblesses, leurs arrivées particulières et leur frère.
Ecrire ici a été une vraie thérapie.
Je n’effacerai aucun de ces articles. Ils continueront à voguer sur la toile.
Ils sont une lettre ouverte direction le paradis.
Notre lien invisible.
J’espère que vous Ruben et Virgile, vous comprendrez mon côté Loïs, la maman de la série Malcom.
Mon autoritarisme montre juste mes peurs. Celles qu’un jour, le destin vous prenne à moi.
Je vous aime et je ne vous veux que du bien. Je souhaite vous protéger au mieux, avec ce que je peux contrôler. Puis un jour, vous vous envolerez… En attendant, je suis là. Je serai peut être parfois étouffante. Je m’en excuse par avance. Ce ne sont que des preuves d’amour maladroites.
Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je tente de rester sur notre lignée de vie.
Virgile, ton physique, si troublant, me ramène que vous êtes mon essentiel.
Je prends de plus en plus de temps pour vous.
Je savoure ces moments.
Je joue avec toi, Ruben, avec plaisir.
Tu es d’une tendresse, avec ton frère, qui m’émeut. Tu es si délicat, tout en ayant ton côté pataud comme papa.
Je râle qu’à 1 mois de vie, Virgile, tu mesures déjà 59cm…
Le temps file trop vite. Je ne peux plus le laisser s’échapper.
Je décompte déjà les jours avant ma reprise du travail.
J’ai peur de vous laisser. Pourtant, les retrouvailles ne seront que meilleures.
Jamais plus, je ne me laisserai déborder par l’inutile.
Je l’ai promis à votre frère.
Le 19 septembre, je me fais opérer, sous anesthésie générale, d’un kyste de la glande de Bartholin.
Une opération de routine… pourtant une intervention avec des risques hémorragiques, une kyste analysé, puis cette foutue anesthésie générale….
Ne plus rien maîtriser. Laisser faire.
Risquer de partir sans le savoir… Etrange mais si je dois mourir, j’aimerai voir la mort, en face. Pas dans mon sommeil et encore moins artificiel.
La peur, non pas de décéder, mais de laisser les garçons seuls. De leur faire subir le mal qui me ronge chaque jour. Ce manque de l’autre. Ce vide étouffant. Je ne veux pas qu’ils en souffrent…
Deux bébés trop petits pour connaître le deuil, le manque de maman. Un papa déjà assez balloté par la vie.
En contre partie, c’est pour lui que je ferai cette intervention.
Je ne veux pas lui faire subir une chirurgie d’urgence. Je préfère prendre les devants et ne pas le faire souffrir. Il sera préparé à toutes les éventualités et à cette hospitalisation.
Nous sommes marqués, traumatisés. Nous avons peur pour chacun de nos membres.
Le CHU nous angoisse.
Ma gynécologue me fera hospitaliser en ambulatoire, au lieu des 3 jours habituels. Elle me gardera que si hémorragies ou complications post-op. J’aurai ensuite des soins infirmiers à domicile. Je lui ai fait promesse que si complications hémorragiques, à domicile, je retourne illico à l’hôpital.
Cette femme est au top. Elle est vraiment à l’écoute et dans le respect de notre passif hospitalier.
Ne pas s’inquiéter. Tout se passera bien.
Une routine. Pas de mauvaises surprises. On y croit…
Même si le 19/09 est une date anniversaire…. Encore et toujours ces foutues dates qui nous poursuivent! Là, l’anniversaire de mariage de mes parents.
Ton fantôme Raphaël s’éloigne de plus en plus.
J’arrive à penser à toi, plus sereinement.
Je m’adresse à toi quotidiennement, dans l’intimité du moment. Un baiser à une de tes photos, un sourire sur un moment qui me rappelle à toi, un je t’aime glissé dans les airs.
Je pleure toujours régulièrement. Je suis toutefois plus apaisée.
Il m’aura fallu beaucoup de temps. Quasiment 18 mois.
J’arrive à ne pas parler de toi, pendant plusieurs jours. Chose qui m’était impossible auparavant. D’ailleurs, j’en suis moins tourmentée.
Comme soulagée.
Je m’autorise un futur. Le droit d’être heureuse, de profiter de tes frères.
Cela doit être ça, de faire son deuil. Penser à l’autre, avec toujours autant d’amour, mais avec plus de quiétude.
Si oui, je fais ce chemin. Il sera encore parsemé de chutes, je le sais.
Néanmoins, je commence à être en paix, avec moi-même, et ton douloureux souvenir.
A ton décès, j’ai eu beaucoup de signe de ta présence.
Ça allait des bruits dans ta chambre, comme si tu y jouais, jusqu’à ta course dans le couloir direction les toilettes… Des peluches qui se mettaient à dire « je t’aime » sans aucune raison.
Sentir ta présence à ma tête de lit. Tes caresses sur mes cheveux, sur ma joue, ta venue dans mes rêves. En voiture, des picotements intenses, dans mes jambes pour me faire freiner et croiser un de tes infirmiers à 25 kms de la maison.
Pendant ton coma, le jour de ton décès et les mois d’après, des personnes à qui tu es venu dire au revoir…
La réaction du chat. Des bizarreries avec l’ordinateur. La lumière intense dans la chambre de ton frère, au milieu de la nuit, disparaissant à mon sursaut de surprise. Puis tous ses cauchemars de mon boubout…
J’ai même reçu un courrier de la CPAM de Clermont Ferrand, adressé à ton nom, te demandant de payer un soin que tu avais fait par là bas… le jour de ton décès…
J’ai été voir une médium. Elle t’a parlé. J’étais un peu septique. Puis, elle m’a décrit la maison. Elle m’a dit des choses, écrites nulle part, même pas sur les blogs. Des choses entre toi et moi. Des caresses personnelles, des jeux de mots n’appartenant qu’à nous, le décès de mon frère…
Souvent, je me raccroche à certaines paroles : « Merci Maman ». « Tu as tout bien fait avec papa ». « Merci. » « Merci, Maman ».
Ces mots m’ont libéré.
Tu m’as prédit beaucoup de choses :
La mort de mon parrain, seul… Il part comme tu l’as décrit. Dans quelques heures, il sera avec toi. Embrasse-le pour moi et dis lui que je suis désolée pour lui, qu’il n’avait pas à se cacher.
L’arrivée de S… Maintenant, en y réfléchissant, tu as voulu me faire comprendre qu’un bébé arriverait. Je n’avais pas encore le prénom masculin de bien déterminé à cette époque. Tu savais que S me parlerait plus!
S était un V. Celui de ta victoire. ♥
La balançoire, les barrières, les fleurs, La Stampette…
Surtout, tu m’as annoncé que 10 jours plus tard, il se passerait quelque chose d’important. J’ai attendu toute la journée…
Il n’y a rien eu ce jour là. Sauf Ruben qui s’est mis debout seul, pour la première fois.
Il était fier mon boubout, sur son bout de canapé. Mon bébé, tout rond, aux lunettes rouges.
Je l’ai félicité de loin, sans vraiment d’enthousiasme… Ma ferveur était comme mes rapports avec lui, à cette époque… distants.
En fin de journée, je me suis dit que ça devait être ça… sans conviction.
Il a fallu un bon moment pour comprendre.
Raphaël, tu n’attendais qu’une chose de ton vivant…que Ruben marche et joue avec toi.
Tu es parti avant…
Ruben se levant, c’était juste magique.
Je ne voyais plus la magie, tellement obsédée par mon chagrin.
Je passais outre ma vie et celle d’un enfant bien vivant.
Merci à toi de m’avoir ramené à ma vie.
Merci de m’avoir ouvert les yeux.
Merci de m’avoir autorisé à continuer de vivre.
Merci de m’avoir fait connaître Ruben et amené dans notre vie, Virgile.
Je sais qu’un jour nous nous retrouverons.
En attendant, je vis mon amour.
La vie est dégueulasse mais elle est toujours belle.
Je sais que tu m’attends juste derrière le miroir…
En attendant, on apprend à vivre chaque jour comme le dernier.
Carpe Diem.
Je t’aime pour toujours, toujours.
A bientôt mon crapaud.
Bonjour ma vie...
3 années qui auront donné 3 blogs.
Je clos celui-ci, qui en sera très certainement le dernier.
J’y ai mis mes joies, mes peines.
Je vous ai dévoilé mes angoisses et espoirs.
Mes moments de vie les plus intimes.
J’ai fait des rencontres exceptionnelles.
J’ai pu échanger avec d’autres mamans. Partager un bout de vie, même virtuel, ensemble.
Mon existence va reprendre son chemin, quasi normal.
Je dépose ma plume, pour prendre un nouveau départ.
Mes écrits dévoileront aux garçons pourquoi mes faiblesses, leurs arrivées particulières et leur frère.
Ecrire ici a été une vraie thérapie.
Je n’effacerai aucun de ces articles. Ils continueront à voguer sur la toile.
Ils sont une lettre ouverte direction le paradis.
Notre lien invisible.
J’espère que vous Ruben et Virgile, vous comprendrez mon côté Loïs, la maman de la série Malcom.
Mon autoritarisme montre juste mes peurs. Celles qu’un jour, le destin vous prenne à moi.
Je vous aime et je ne vous veux que du bien. Je souhaite vous protéger au mieux, avec ce que je peux contrôler. Puis un jour, vous vous envolerez… En attendant, je suis là. Je serai peut être parfois étouffante. Je m’en excuse par avance. Ce ne sont que des preuves d’amour maladroites.
Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je tente de rester sur notre lignée de vie.
Virgile, ton physique, si troublant, me ramène que vous êtes mon essentiel.
Je prends de plus en plus de temps pour vous.
Je savoure ces moments.
Je joue avec toi, Ruben, avec plaisir.
Tu es d’une tendresse, avec ton frère, qui m’émeut. Tu es si délicat, tout en ayant ton côté pataud comme papa.
Je râle qu’à 1 mois de vie, Virgile, tu mesures déjà 59cm…
Le temps file trop vite. Je ne peux plus le laisser s’échapper.
Je décompte déjà les jours avant ma reprise du travail.
J’ai peur de vous laisser. Pourtant, les retrouvailles ne seront que meilleures.
Jamais plus, je ne me laisserai déborder par l’inutile.
Je l’ai promis à votre frère.
Le 19 septembre, je me fais opérer, sous anesthésie générale, d’un kyste de la glande de Bartholin.
Une opération de routine… pourtant une intervention avec des risques hémorragiques, une kyste analysé, puis cette foutue anesthésie générale….
Ne plus rien maîtriser. Laisser faire.
Risquer de partir sans le savoir… Etrange mais si je dois mourir, j’aimerai voir la mort, en face. Pas dans mon sommeil et encore moins artificiel.
La peur, non pas de décéder, mais de laisser les garçons seuls. De leur faire subir le mal qui me ronge chaque jour. Ce manque de l’autre. Ce vide étouffant. Je ne veux pas qu’ils en souffrent…
Deux bébés trop petits pour connaître le deuil, le manque de maman. Un papa déjà assez balloté par la vie.
En contre partie, c’est pour lui que je ferai cette intervention.
Je ne veux pas lui faire subir une chirurgie d’urgence. Je préfère prendre les devants et ne pas le faire souffrir. Il sera préparé à toutes les éventualités et à cette hospitalisation.
Nous sommes marqués, traumatisés. Nous avons peur pour chacun de nos membres.
Le CHU nous angoisse.
Ma gynécologue me fera hospitaliser en ambulatoire, au lieu des 3 jours habituels. Elle me gardera que si hémorragies ou complications post-op. J’aurai ensuite des soins infirmiers à domicile. Je lui ai fait promesse que si complications hémorragiques, à domicile, je retourne illico à l’hôpital.
Cette femme est au top. Elle est vraiment à l’écoute et dans le respect de notre passif hospitalier.
Ne pas s’inquiéter. Tout se passera bien.
Une routine. Pas de mauvaises surprises. On y croit…
Même si le 19/09 est une date anniversaire…. Encore et toujours ces foutues dates qui nous poursuivent! Là, l’anniversaire de mariage de mes parents.
Ton fantôme Raphaël s’éloigne de plus en plus.
J’arrive à penser à toi, plus sereinement.
Je m’adresse à toi quotidiennement, dans l’intimité du moment. Un baiser à une de tes photos, un sourire sur un moment qui me rappelle à toi, un je t’aime glissé dans les airs.
Je pleure toujours régulièrement. Je suis toutefois plus apaisée.
Il m’aura fallu beaucoup de temps. Quasiment 18 mois.
J’arrive à ne pas parler de toi, pendant plusieurs jours. Chose qui m’était impossible auparavant. D’ailleurs, j’en suis moins tourmentée.
Comme soulagée.
Je m’autorise un futur. Le droit d’être heureuse, de profiter de tes frères.
Cela doit être ça, de faire son deuil. Penser à l’autre, avec toujours autant d’amour, mais avec plus de quiétude.
Si oui, je fais ce chemin. Il sera encore parsemé de chutes, je le sais.
Néanmoins, je commence à être en paix, avec moi-même, et ton douloureux souvenir.
A ton décès, j’ai eu beaucoup de signe de ta présence.
Ça allait des bruits dans ta chambre, comme si tu y jouais, jusqu’à ta course dans le couloir direction les toilettes… Des peluches qui se mettaient à dire « je t’aime » sans aucune raison.
Sentir ta présence à ma tête de lit. Tes caresses sur mes cheveux, sur ma joue, ta venue dans mes rêves. En voiture, des picotements intenses, dans mes jambes pour me faire freiner et croiser un de tes infirmiers à 25 kms de la maison.
Pendant ton coma, le jour de ton décès et les mois d’après, des personnes à qui tu es venu dire au revoir…
La réaction du chat. Des bizarreries avec l’ordinateur. La lumière intense dans la chambre de ton frère, au milieu de la nuit, disparaissant à mon sursaut de surprise. Puis tous ses cauchemars de mon boubout…
J’ai même reçu un courrier de la CPAM de Clermont Ferrand, adressé à ton nom, te demandant de payer un soin que tu avais fait par là bas… le jour de ton décès…
J’ai été voir une médium. Elle t’a parlé. J’étais un peu septique. Puis, elle m’a décrit la maison. Elle m’a dit des choses, écrites nulle part, même pas sur les blogs. Des choses entre toi et moi. Des caresses personnelles, des jeux de mots n’appartenant qu’à nous, le décès de mon frère…
Souvent, je me raccroche à certaines paroles : « Merci Maman ». « Tu as tout bien fait avec papa ». « Merci. » « Merci, Maman ».
Ces mots m’ont libéré.
Tu m’as prédit beaucoup de choses :
La mort de mon parrain, seul… Il part comme tu l’as décrit. Dans quelques heures, il sera avec toi. Embrasse-le pour moi et dis lui que je suis désolée pour lui, qu’il n’avait pas à se cacher.
L’arrivée de S… Maintenant, en y réfléchissant, tu as voulu me faire comprendre qu’un bébé arriverait. Je n’avais pas encore le prénom masculin de bien déterminé à cette époque. Tu savais que S me parlerait plus!
S était un V. Celui de ta victoire. ♥
La balançoire, les barrières, les fleurs, La Stampette…
Surtout, tu m’as annoncé que 10 jours plus tard, il se passerait quelque chose d’important. J’ai attendu toute la journée…
Il n’y a rien eu ce jour là. Sauf Ruben qui s’est mis debout seul, pour la première fois.
Il était fier mon boubout, sur son bout de canapé. Mon bébé, tout rond, aux lunettes rouges.
Je l’ai félicité de loin, sans vraiment d’enthousiasme… Ma ferveur était comme mes rapports avec lui, à cette époque… distants.
En fin de journée, je me suis dit que ça devait être ça… sans conviction.
Il a fallu un bon moment pour comprendre.
Raphaël, tu n’attendais qu’une chose de ton vivant…que Ruben marche et joue avec toi.
Tu es parti avant…
Ruben se levant, c’était juste magique.
Je ne voyais plus la magie, tellement obsédée par mon chagrin.
Je passais outre ma vie et celle d’un enfant bien vivant.
Merci à toi de m’avoir ramené à ma vie.
Merci de m’avoir ouvert les yeux.
Merci de m’avoir autorisé à continuer de vivre.
Merci de m’avoir fait connaître Ruben et amené dans notre vie, Virgile.
Je sais qu’un jour nous nous retrouverons.
En attendant, je vis mon amour.
La vie est dégueulasse mais elle est toujours belle.
Je sais que tu m’attends juste derrière le miroir…
En attendant, on apprend à vivre chaque jour comme le dernier.
Carpe Diem.
Je t’aime pour toujours, toujours.
A bientôt mon crapaud.
Bonjour ma vie...