Le jour J
Séjour à la maternité, une belle rencontre, une vilaine infection et vous...
Le séjour à la maternité a été très long.
Ruben a eu beaucoup de mal à nous voir en coup de vent.
Mon cœur de maman a eu le cœur brisé de notre séparation.
Je m’en suis aussi voulue de ne pas pouvoir tenir ma promesse de la rencontre à J zéro, des deux frères.
C’est une histoire de confiance bafouée, face une promesse non tenue.
J’ai eu la sensation d’abandonner, encore une fois, mon Ruben. De ne pas pouvoir tenir ma parole car bloquée dans cette chambre. De surcroît, la rencontre des garçons n’a pas été des plus idylliques.
Nous sommes marqués par ce lieu qui a une si forte histoire.
Toutefois, je suis fière de moi. J’ai réussi à bien me préparer pour tenir, tout le long du séjour.
La chute d’hormones se joue maintenant à la maison. Je commence à bien remonter la pente.
Ruben me fait encore payer notre séjour, avec sa crise des 2 ans, en pleine effervescence.
Depuis notre retour, il ne parle plus du tout. Il ne fait que de babiller.
Relent massif d’une recrudescence d’état de bébé.
Ses phrases favorites et seulement prononcées sont : « Noooooon !!!!! » et « je veux pas !!!!!! »
Depuis le milieu de semaine, il recommence à faire l’effort de quelques autres mots.
Grâce à cette hospitalisation, j’ai pu néanmoins profiter de mon Virgile et faire sa connaissance.
J’ai toutefois trouvé ce séjour ultra-médicalisé.
Les premières 48h, Virgile tu as eu diverses prises de sang.
Des dextros régulières, vu ton poids « hors norme » qui révèleront une glycémie normale.
Ensuite, le test de Guthrie puis une autre prise de sang vu notre incompatibilité rhésus.
Mon Virgilou, tu te vengeras de cette misère.
J’aurai moi aussi le droit à une injection, car tu es A positif comme ton papa!
Dans la nuit du J0, tu as eu une très légère fièvre. Tu es monté à 37°8.
Le lendemain matin, une nouvelle prise de sang est faite, pour évaluer le taux de CRP.
Elle est à 35 au lieu d’être inférieure à 3.
Débarque alors dans la chambre, la pédiatre sénior, son interne et les 2 sages femmes.
Etant au téléphone avec papa, je raccroche précipitamment. Il doit arriver avec Ruben dans les prochaines minutes.
Elles m’annoncent ton germe de but en blanc.
Voyant, tout ce monde, je me revoie dans d’autres situations. Celles où l’on m’annonce la maladie, et la mort programmée de Raphaël. Je te vois Virgile déjà mourant. Je n’arrive pas à faire la part des choses. Je perds complètement pied.
Je leur en veux pour ça. L’interne ou la pédiatre serait venue seule, je me serais moins tracassée, j’aurai moins dramatisé.
L’annonce a été trop surfaite. Trop protocolaire. Ils ont voulu se protéger ou me rassurer peut être… L’effet aura été tout contradictoire.
Virgile, tu seras suivi en unité kangourou, jusqu’au lundi suivant. Nous sommes sortis le vendredi, t’emmenant matin et soir jusqu’à cette date, pour tes injections d’antibiotiques.
Quelques minutes après l’annonce, papa arrive avec Ruben. Je t’ai, Virgile, dans les bras, en larmes de cette annonce.
Il se précipite en néonatologie pour avoir plus de nouvelles.
Il me laisse à J1 post césarienne, seule avec un bout de 2 ans de quasi 13kg, ne m’ayant pas vu depuis 2 jours. Ton frère ne comprend rien de ce qui se passe. Mes larmes, le départ précipité de son papa.
Ruben a retrouvé sa maman, sans son gros ventre, un bébé dans les bras et qui ne peut pas le porter.
A son retour, je remercierais papa ne m’avoir laissé dans cette situation périlleuse.
La rencontre se passera avec beaucoup de tendresse. Je vois les mêmes gestes emplis de douceur que ceux de Raphaël, quasi 2 ans auparavant. Des caresses que je leur fais sûrement moi-même.
Je suis troublée de voir mon grand bébé les partager avec mon petit bébé.
Ruben donnera le biberon le lendemain à sa manière.
Il sautera sur mon ventre, sans aucun scrupule et nous nous câlinerons. Enfin, je suis libre de le prendre tout contre moi. ♥
Après la rencontre, Virgile, tu partiras mettre ton cathéter, en néonat. Après t’avoir piqué à maintes reprises sur les mains, sans aucun succès, tu es revenu avec ton appareillage sur la tête.
Un autre choc sans nom pour nous…
A J3, tu passeras une échographie de tes bassinets. Tu sembles avoir un léger reflux rénal. Le fait, que tu sois sous antibiotiques, arrange les choses. Tu seras de nouveau contrôlé à tes 1 mois de vie, pour vérifié l’évolution de tes artères.
Durant notre séjour, je me ferai mal voir car je fais du co-dodo, je mets mon enfant dans une couverture, je ne lui donne pas de vitamine D et j’ai hésité à lui donner la K. Je ne veux pas de leurs bons conseils et m’en horripile. Parfois, je ressentirais la pensée négative du personnel soignant face à ma légèreté. Ils me trouvent inconsciente de tous les dangers nous entourant. Ils désapprouvent mon savoir faire.
Je fais selon mes ressentis. Je déteste qu’on juge mon instinct maternel.
Je ne me suis pas privée de le faire ressentir régulièrement. Plusieurs fois, j’ai eu le droit à : « Je ne veux pas prendre votre place. ». C’est certain qu’ils ne l’auraient pas eu ! ;)
J’ai eu une maman qui m’a mise en danger toute mon enfance…
Pour ma part, je peux paraître imbue de ma personne mais je sais ce que je vaux comme mère, jusqu’où je peux aller, pour un des miens. Je n’ai absolument pas besoin de leur opinion jugeante, concernant mon rôle et notre histoire. Je sais personnellement me remettre en question mais eux?
En 5 jours, on ne peut pas se permettre d’évaluer nos capacités parentales.
Je ne justifierai jamais de ce que j’entreprends et ne répondrai qu’évasivement à leur demande. Je suis leur maman. Je suis libre de mes choix. Certes j’ai un enfant décédé mais ce n’est pas moi la criminelle… c’est un crabe!
Je ne suis pas dépressive, je ne mettrai pas mon enfant en danger.
Je suis juste victime d’un choc émotionnel.
Je me suis faite juger sur mes capacités maternantes pour cela.
Je suis agacée de cette opinion sur notre famille.
Mon silence me fait paraître non réfléchie, ce que j’aime faire ressentir.
Je terminerai par vous...
Une belle surprise durant mon séjour.
La marrainaute de mon Virgilou en compagnie d’une sorcière et d’un bisounours ont entrepris une surprise des plus dingues.
Un élan d’amour, un jeu, une bouteille de rosé, des cadeaux, des surprises…. Une belle boite à Nathou remplie de beaucoup de partages, de tendresses, de sourires, de félicitations, d’humour et de vous.
Cela fait quasiment 3 ans que je partage notre vie avec vous…
Vous nous avez suivies dans nos rires, larmes, joies et peines. Vous êtes toujours présentes.
J’ai fait des rencontres exceptionnelles. Des personnes sont devenues des amies.
En écrivant mon premier article, je ne pensais pas partager et recevoir autant de cet univers virtuel. Je suis émue de cet élan autour de nous.
Nous ne méritons pas tant…
Je vous suis réellement gré.
Merci aux participantes. ♥
Merci pour les cadeaux offerts durant ma grossesse et ceux qui arrivent encore. ♥
Le reloup remercie la femme du hobbit pour son colis. ♥
Le mini lardon est déjà pourri, grâce à votre folie, loin d’être virtuelle ! ;)
Ruben a eu beaucoup de mal à nous voir en coup de vent.
Mon cœur de maman a eu le cœur brisé de notre séparation.
Je m’en suis aussi voulue de ne pas pouvoir tenir ma promesse de la rencontre à J zéro, des deux frères.
C’est une histoire de confiance bafouée, face une promesse non tenue.
J’ai eu la sensation d’abandonner, encore une fois, mon Ruben. De ne pas pouvoir tenir ma parole car bloquée dans cette chambre. De surcroît, la rencontre des garçons n’a pas été des plus idylliques.
Nous sommes marqués par ce lieu qui a une si forte histoire.
Toutefois, je suis fière de moi. J’ai réussi à bien me préparer pour tenir, tout le long du séjour.
La chute d’hormones se joue maintenant à la maison. Je commence à bien remonter la pente.
Ruben me fait encore payer notre séjour, avec sa crise des 2 ans, en pleine effervescence.
Depuis notre retour, il ne parle plus du tout. Il ne fait que de babiller.
Relent massif d’une recrudescence d’état de bébé.
Ses phrases favorites et seulement prononcées sont : « Noooooon !!!!! » et « je veux pas !!!!!! »
Depuis le milieu de semaine, il recommence à faire l’effort de quelques autres mots.
Grâce à cette hospitalisation, j’ai pu néanmoins profiter de mon Virgile et faire sa connaissance.
J’ai toutefois trouvé ce séjour ultra-médicalisé.
Les premières 48h, Virgile tu as eu diverses prises de sang.
Des dextros régulières, vu ton poids « hors norme » qui révèleront une glycémie normale.
Ensuite, le test de Guthrie puis une autre prise de sang vu notre incompatibilité rhésus.
Mon Virgilou, tu te vengeras de cette misère.
J’aurai moi aussi le droit à une injection, car tu es A positif comme ton papa!
Dans la nuit du J0, tu as eu une très légère fièvre. Tu es monté à 37°8.
Le lendemain matin, une nouvelle prise de sang est faite, pour évaluer le taux de CRP.
Elle est à 35 au lieu d’être inférieure à 3.
Débarque alors dans la chambre, la pédiatre sénior, son interne et les 2 sages femmes.
Etant au téléphone avec papa, je raccroche précipitamment. Il doit arriver avec Ruben dans les prochaines minutes.
Elles m’annoncent ton germe de but en blanc.
Voyant, tout ce monde, je me revoie dans d’autres situations. Celles où l’on m’annonce la maladie, et la mort programmée de Raphaël. Je te vois Virgile déjà mourant. Je n’arrive pas à faire la part des choses. Je perds complètement pied.
Je leur en veux pour ça. L’interne ou la pédiatre serait venue seule, je me serais moins tracassée, j’aurai moins dramatisé.
L’annonce a été trop surfaite. Trop protocolaire. Ils ont voulu se protéger ou me rassurer peut être… L’effet aura été tout contradictoire.
Virgile, tu seras suivi en unité kangourou, jusqu’au lundi suivant. Nous sommes sortis le vendredi, t’emmenant matin et soir jusqu’à cette date, pour tes injections d’antibiotiques.
Quelques minutes après l’annonce, papa arrive avec Ruben. Je t’ai, Virgile, dans les bras, en larmes de cette annonce.
Il se précipite en néonatologie pour avoir plus de nouvelles.
Il me laisse à J1 post césarienne, seule avec un bout de 2 ans de quasi 13kg, ne m’ayant pas vu depuis 2 jours. Ton frère ne comprend rien de ce qui se passe. Mes larmes, le départ précipité de son papa.
Ruben a retrouvé sa maman, sans son gros ventre, un bébé dans les bras et qui ne peut pas le porter.
A son retour, je remercierais papa ne m’avoir laissé dans cette situation périlleuse.
La rencontre se passera avec beaucoup de tendresse. Je vois les mêmes gestes emplis de douceur que ceux de Raphaël, quasi 2 ans auparavant. Des caresses que je leur fais sûrement moi-même.
Je suis troublée de voir mon grand bébé les partager avec mon petit bébé.
Ruben donnera le biberon le lendemain à sa manière.
Il sautera sur mon ventre, sans aucun scrupule et nous nous câlinerons. Enfin, je suis libre de le prendre tout contre moi. ♥
Après la rencontre, Virgile, tu partiras mettre ton cathéter, en néonat. Après t’avoir piqué à maintes reprises sur les mains, sans aucun succès, tu es revenu avec ton appareillage sur la tête.
Un autre choc sans nom pour nous…
A J3, tu passeras une échographie de tes bassinets. Tu sembles avoir un léger reflux rénal. Le fait, que tu sois sous antibiotiques, arrange les choses. Tu seras de nouveau contrôlé à tes 1 mois de vie, pour vérifié l’évolution de tes artères.
Durant notre séjour, je me ferai mal voir car je fais du co-dodo, je mets mon enfant dans une couverture, je ne lui donne pas de vitamine D et j’ai hésité à lui donner la K. Je ne veux pas de leurs bons conseils et m’en horripile. Parfois, je ressentirais la pensée négative du personnel soignant face à ma légèreté. Ils me trouvent inconsciente de tous les dangers nous entourant. Ils désapprouvent mon savoir faire.
Je fais selon mes ressentis. Je déteste qu’on juge mon instinct maternel.
Je ne me suis pas privée de le faire ressentir régulièrement. Plusieurs fois, j’ai eu le droit à : « Je ne veux pas prendre votre place. ». C’est certain qu’ils ne l’auraient pas eu ! ;)
J’ai eu une maman qui m’a mise en danger toute mon enfance…
Pour ma part, je peux paraître imbue de ma personne mais je sais ce que je vaux comme mère, jusqu’où je peux aller, pour un des miens. Je n’ai absolument pas besoin de leur opinion jugeante, concernant mon rôle et notre histoire. Je sais personnellement me remettre en question mais eux?
En 5 jours, on ne peut pas se permettre d’évaluer nos capacités parentales.
Je ne justifierai jamais de ce que j’entreprends et ne répondrai qu’évasivement à leur demande. Je suis leur maman. Je suis libre de mes choix. Certes j’ai un enfant décédé mais ce n’est pas moi la criminelle… c’est un crabe!
Je ne suis pas dépressive, je ne mettrai pas mon enfant en danger.
Je suis juste victime d’un choc émotionnel.
Je me suis faite juger sur mes capacités maternantes pour cela.
Je suis agacée de cette opinion sur notre famille.
Mon silence me fait paraître non réfléchie, ce que j’aime faire ressentir.
Je terminerai par vous...
Une belle surprise durant mon séjour.
La marrainaute de mon Virgilou en compagnie d’une sorcière et d’un bisounours ont entrepris une surprise des plus dingues.
Un élan d’amour, un jeu, une bouteille de rosé, des cadeaux, des surprises…. Une belle boite à Nathou remplie de beaucoup de partages, de tendresses, de sourires, de félicitations, d’humour et de vous.
Cela fait quasiment 3 ans que je partage notre vie avec vous…
Vous nous avez suivies dans nos rires, larmes, joies et peines. Vous êtes toujours présentes.
J’ai fait des rencontres exceptionnelles. Des personnes sont devenues des amies.
En écrivant mon premier article, je ne pensais pas partager et recevoir autant de cet univers virtuel. Je suis émue de cet élan autour de nous.
Nous ne méritons pas tant…
Je vous suis réellement gré.
Merci aux participantes. ♥
Merci pour les cadeaux offerts durant ma grossesse et ceux qui arrivent encore. ♥
Le reloup remercie la femme du hobbit pour son colis. ♥
Le mini lardon est déjà pourri, grâce à votre folie, loin d’être virtuelle ! ;)