C'était mon angoisse!Comment dire au Poussin de 3ans qu'il y aura un deuxième enfant,sans le traumatiser à vie?
Déjà,j'ai attendu après l'échographie des 12SA, je trouvais inutile de lui dire trop tôt,9 mois c'est déjà long pour moi,alors pour lui!
Ensuite je n'ai pas annoncé la grossesse à la famille car je ne voulais pas que le Poussin soit assailli de remarques du genre "alors tu vas être grand frère,t'es content?". Rien que d'imaginer certaines personnes particulièrement lourdes lui sauter dessus pour lui dire ça, m'irrite profondément.
Je voulais aussi lui laisser le temps de conceptualiser la chose de lui même avant que les autres ne le fasse pour lui.
Plusieurs personnes m'avaient conseillé de m'aider de livres adaptés à son âge pour lui expliquer,donc j'en ai acheté plusieurs, beaucoup trop même, mais je ne me voyais pas utiliser ces livres, je ne savais pas trop comment m'y prendre,donc j'ai fais simple!
Un matin, il y a une dizaine de jours, au calme, je lui ai demandé s'il savait ce qu'il y a dans le ventre de Maman.Il m'a répondu qu'il y avait lui bébé! Trop mignon!
Je lui ai dis qu'il y a un autre bébé maintenant et là il me répond "oui,tite soeur à moi,fais attention Maman,fais pas mal au ventre,fais pas peur au bébé".Et il a caressé mon ventre. Je suis restée scotchée,il était enjoué,et il a décidé que c'est une fille!
Il a ensuite voulu voir le bébé et a soulevé mon t-shirt,lol, mais quand il n'a vu que mon ventre,il a eu un moment de perplexité. Je lui ai expliqué qu'il ne pourrait pas voir le bébé maintenant et que le bébé ne sera pas là tout de suite,il arrivera dans quelques mois à la maison.
Il a bien compris on dirait, car ensuite il en a reparlé,et depuis,il en parle de temps en temps spontanément, en disant "tite soeur dans ton ventre" ,"bébé sort pas maintenant,plus tard". Et ce matin par exemple,il a pris le stéthoscope pour écouter le bébé,sauf qu'il l'a mis dans mes oreilles et pas dans les siennes, et il a pris un air très sérieux comme s'il écoutait vraiment! Pour l'instant il est très attentif à ne "pas faire mal au ventre".
Je suis soulagée, je l'ai fait un peu au feeling, je ne lui ai pas donné tous les détails,j'aurai pu rajouter que le bébé va grandir avant d'arriver,que le ventre va grossir,etc etc,encore plein de trucs mais je pense que ça suffit pour l'instant,il a compris rapidement l'idée,et ça évoluera dans sa tête en même temps que mon bidon va grossir je suppose.
J'ai quand même quelques questions qui me trottent...Des questions à la noix,bien entendu!
Aux mamans qui ont déjà deux enfants,c'est comment?Z'avez un mode d'emploi?
Il paraît que l'amour maternel ne se divise pas mais se multiplie par deux.
Aime-t-on autant le deuxième que le premier?
Comment ont réagit vos aînés?Jalousie ou pas?
Comment on s'organise avec deux enfants,quand les deux parents bossent beaucoup?
Qu'est-ce qu'il faut savoir?
J’aime bien écrire des pavés, et vous, vous aimez bien les lire, non ?=D
Récit de l’allaitement chaotique de mon premier :
Pour moi, lors de ma première grossesse, allaiter était une évidence. Et le plus longtemps possible, mais pas si longtemps que ça quand même, car je ne me voyais pas avec un « grand » qui sait marcher sur le tété, je ne sais pas pourquoi, question de représentation sans doute.
En digne psychoteuse que je suis, je connaissais TOUTE la théorie sur l’allaitement, j’avais soigneusement étudié mes leçons pendant la grossesse, j’étais au point, ça allait se passer comme sur des roulettes!
Et le jour où Pti Poussin est né…ben impossible de le mettre au sein, ça ne fonctionnait pas…Il cherchait mais il arrivait pas à le prendre, il s’énervait, il hurlait, j’arrivais pas à le positionner comme il fallait et j’avais pas dormi depuis 36 heures (24 h d’accouchement+4 heures d’admiration au dessus du berceau+8 heures de visites sans interruption, grrrrrrrr !note pour le deuxième bébé: ne pas annoncer la naissance le jour même, surtout si j’accouche encore la nuit, attendre au moins le lendemain !).
Et mon manque de sommeil, sans que je m’en rende compte, ne me rendait pas très zen, plus les hormones à la noix d’après l’accouchement qui ont fait que soit je pleurais de joie, soit je pleurais pour un rien.
(exemples :
- « il est beau mon fils »et 2 secondes après « snif, ouiiiiiiiin, mais qu’est-ce qu’il est beau !!!!!!!!!!!! »
- Doudou qui m’annonce qu’il a oublié son téléphone dans la voiture « ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiin, t’as oublié ton téléphone, comment on va faire ??? »)
Je n’ai réussi à le mettre au sein qu’en présence de l’auxiliaire de puériculture. Elle le mettait sur le sein elle-même, et je n'avais pas plus d'explications,j'essayais de reproduire les gestes,mais ça ne marchait pas très bien... Quand ça fonctionnait c’était super sympa comme sensation.
La nuit suivant l’accouchement, je n’ai pas réussi à dormir car Pti poussin était énervé, il avait été calme et heureusement vu le nombre de visiteurs de la journée mais la nuit, c’était la cata. Impossible à calmer, impossible à mettre au sein, il faisait mine de pas le trouver, mais parfois il le trouvait quand même, il tétait 3 secondes puis se remettait à hurler…Ouch…Dure cette première nuit.
J’ai compris alors que ce n’était pas une blague quand je m’impatientais avant l’accouchement et qu’on me disait « profite, c’est tes dernières nuits de sommeil, après ce sera fini ! ».
J’ai eu ma montée de lait dans les 48 à 72h qui ont suivi la naissance et là, j’ai douillé ! Seins comme des pastèques : aussi gros et aussi durs !!
J’ai réussi les jours suivants à le mettre au sein gauche sans aide (j'avais pas le choix, l'équipe était débordée) mais il fallait à chaque fois plusieurs minutes de « bagarre » où Môssieur hurlait, sein en bouche, sans s’agripper, et puis après hop !ventouse , ça fonctionnait, mais gare à moi si je bougeais d’un poil, il reperdait le fil et on était reparti pour une séance de bagarre. Dès que j’essayais de changer de position, notamment pour soulager mon bout de sein endolori, ça le perturbait. Et il réclamait très très souvent.
Au bout de quelques jours, il commençait à moins galérer sur le sein gauche, mais le sein droit était compliqué, et l’énervait davantage…
Et mon rêve après ces débuts fatigants, était de pouvoir l’allaiter allongée, ben là pareil, c’était nouveau pour lui, il ne comprenait pas cette nouvelle position, il s’énervait, il hurlait et moi je dormais toujours pas…Il s’est passé 3 semaines avant qu’on s’accorde…3 semaines à galérer à chacune des mises au sein, à quasiment jamais dormir, quand j’y repense, je me dis que je suis un peu tapée quand même. J’avais vraiment le nez dans le guidon !J'étais toute contente d'allaiter mais j'avais des cernes jusqu'aux genoux et l'humeur à fleur de peau.
Mais ce n’est pas tout, comme il réclamait tout le temps, je le mettais tout le temps sur le sein donc ça stimulait à fond ma lactation et donc j’avais régulièrement les seins engorgés, donc hyper douloureux, il fallait que je tire mon lait régulièrement ,mais ça stimulait encore plus la lactation et du coup je ne pouvais pas sortir de chez moi trop longtemps sans tire lait, car au bout de 2 heures ça débordait,c'était hyper douloureux !
Après 3 semaines, les mises au sein ont commencé à être moins stressantes, il avait enfin pigé le système, ou presque. C'était pas encore gagné, mais il arrivait à prendre le sein plus rapidement. Et il continuait à réclamer tout le temps, jour et nuit ! Donc avec un marmaille pendu sur le sein à longueur de journée, j’avais des bouts de sein en bouillie, archi douloureux, j’ai fait l’une ou l’autre tétée en pleurs, bébé peinard qui tétouillait et moi en train de chialer de douleur… J’ai tenté les bouts de sein en silicone mais là aussi, ça n’a pas plu à Sa Majesté mon bébé…
Tapée, je vous dis ! L’allaitement doit être un plaisir, pas une souffrance ! Mais j’étais à fond dedans, hyper fatiguée, incapable de faire fonctionner mon cerveau et de me dire que j’aurai pu prendre contact avec la Leche League par exemple, ou bien toutes les structures en lien avec l’allaitement. Ben non, je suis restée empêtrée dans mon incompétence ! Si j’avais eu la lumineuse idée de me faire aider, conseiller, ça aurait été moins éprouvant, pour bébé, comme pour moi. Mais ma foi, il prenait beaucoup de poids donc l’allaitement était quand même efficace, il est sorti de la maternité à 2.8kg et 4 semaines après il faisait 4.2kg !Au sein exclusif.
Au bout de 5 semaines, j’étais lessivée, j’ai acheté du lait maternisé pour mettre mes seins au repos, et je lui ai donné l’un ou l’autre biberon par ci par là pour me soulager, sous le regard noir de Doudou qui prenait ça pour une haute trahison !
Il lui a fallut aussi un petit moment à mon Pti poussin pour qu’il comprenne le biberon, une fois encore il s’est énervé, a hurlé à l’assassin, avant de comprendre que c’était encore plus facile que le sein. Il a eu allaitement mixte majoritairement maternel pendant quelques temps, et puis comme ça se passait de mieux en mieux les mises au sein, j’ai arrêté les biberons. Il régurgitait, non, il vomissait beaucoup, mais là encore, je ne comprenais pas que comme je le mettais tout le temps au sein dès qu’il pleurait, et il pleurait vraiment beaucoup, ben il se remplissait et le trop plein débordait, mais du coup il avait de nouveau faim et il réclamait encore et le cercle vicieux s’installait, il retétait, revomissait, je rechangeais ses vêtements, les miens aussi, plusieurs fois par jour …
J’ai eu une quinzaine de jour de pseudo accalmie pendant lesquelles j’ai réussi à lui faire accepter la tétine, avec du lait dessus, ça le calmait un peu, ça comblait son besoin de succion. Mais il a décidé au bout de 15 jours que le sein de Maman c’est mieux et n’a plus jamais voulu de tétine, à mon grand désespoir ! Aucun doudou ni peluche, ni rien ne lui convenait, il voulait le sein, point !
J’ai repris le boulot à la fin de mon congé maternité, il avait deux mois et demi, et ne faisait pas du tout ses nuits. J’ai dû arrêter de bosser au bout d’un mois, je n’en pouvais plus, trop épuisée. Pas une seconde je n’ai songé à arrêter l’allaitement à ce moment là. Pourtant il y avait de quoi...
Il a commencé à se calmer un peu, ma mère nous ayant sauvé la vie en achetant une balancelle, seul endroit où il pouvait rester sans pleurer voire même dormir pendant plusieurs heures!
Inutile de préciser qu’à ce moment là, je n’avais aucune solution proposée par les pédiatres que je voyais chaque mois, et à qui j’exposais tout de même mes difficultés, entre pleurs incessants, difficultés d’endormissement, et régurgitations systématiques, c’était vraiment pas leur problème…Ils ne regardaient que les courbes de taille et de poids.
Vers 4-5 mois, ça allait un peu mieux, il était plus calme. Il ne faisait toujours pas ses nuits, mais je commençais à m’habituer. J’ai donc envisagé de reprendre le boulot lorsqu’il avait 5 mois. Sauf qu’à ce moment là j’ai réalisé que comme j’étais tout le temps avec lui, je lui donnais tout le temps le sein et quand j’ai recommencé à lui donner des biberons, il a riposté ! Quel caractère à cet âge là déjà, au secours !! Il pouvait passer des heures le ventre vide, il attendait le sein, refus catégorique de biberon, même avec mon lait! Problème car chez la nounou, il n’y aura que le biberon…(en fait, je croyais que ça allait poser problème, et ça n’aurait sûrement pas posé problème, je suis sure qu’il aurait très bien accepté le bib avec elle, mais bon, bref)
Ma mère m’a proposé de le garder 24heures, car elle me disait que s’il sentait ma présence, il allait forcément s’attendre à ce que je vienne l’allaiter. Je lui ai donc laissé Sa Majesté en toute confiance, surtout que chez elle il dormait mieux et pleurait moins…(Pourquoi ???C’est pô juste…)Je pense que ma moman n'étant pas épuisée, était plus disponible,plus cool et qu'il devait le ressentir,à mon avis)
Chez elle, il a donc réclamé quelque fois , mais a refusé toute la journée le biberon, ma mère l’a occupé, il a quasiment pas pleuré, il a bien fait ses siestes et en fin d’après-midi il avait capitulé, il a accepté le biberon. Ma mère a donc décidé qu’il valait mieux que j’arrête l’allaitement pour pas qu’il reprenne uniquement le sein, ça aurait sûrement posé problème avec la nounou. Sauf que moi j’avais pas envie d’arrêter l’allaitement !(oui, malgré toutes mes difficultés ! je trouvais ça trop bien d’allaiter…)
Donc il a été au bib pendant 5 jours et j’ai craqué, je l’ai remis au sein le 6ème jour, héhéhé !
Il est devenu beaucoup plus calme vers 6 mois, moins de pleurs inexpliqués, des phases de sommeil plus longues, il faisait parfois ses nuits, et a accepté l’allaitement mixte. Chez la nounou ça s’est très bien passé, j’ai repris le boulot sereinement.
La journée il était au bib et on a commencé l’alimentation avec les petits pots tout en gardant les mises au sein quand on était ensemble. Nous avions trouvé notre rythme de croisière, il était temps !
Je l’ai allaité jusqu’à 10 mois! Il commençait à bien se tenir debout, et surtout il avait déjà plein de dents dans la bouche, et commençait à prendre mes seins pour des steaks, et ça le faisait marrer, moi non…Le sevrage s’est passé sans problème, j’ai arrêté comme ça sans rien faire ni dire de particulier.
Malgré cette expérience qui, avec le recul, fut éprouvante, j’ai tout de même envie d’allaiter le deuxième, incroyable ! Mais cette fois, je ne me ferai pas avoir !J’ai tout de même tiré quelques leçons de tout ça :
-Regarder l’heure des tétées, et leur durée, pour différencier les pleurs de faim des autres pleurs.
-Ne pas laisser bébé tétouiller le bout de sein comme un chewing gum
-Ne plus accepter de passer des semaines sans dormir, si le sein ne suffit pas, inutile de culpabiliser, le lait maternisé satisfera tout le monde !
-Rester zen, et pour ça, le sommeil ça aide.
-Accepter que bébé pleure
Je flippais un peu du temps où il était bébé, quand je voyais les crises qu'il faisait,et sa façon de s'affirmer et de nous dire "non,je veux pas ça,je veux ça", je ne voyais pas bien ce que ça allait donner comme enfant, j’avais peur de galérer pour son éducation et j’avais peur d’être dans le conflit régulièrement…
Bon ben finalement, ça n’a pas duré, juste les 6 premiers mois compliqués et ensuite, ça été impeccable. Aujourd’hui à 2 ans et demi, il n’a pas gardé son caractère de bébé caractériel, il est joyeux, et plutôt timide, il n’est pas du genre à sauter par-dessus le canapé pour voir ce que ça fait, c’est un pot de glue,tout le temps dans les pattes de Moman ou Papa (même aux toilettes !),il est facile à vivre, gentil, il aime faire plaisir, adore les câlins et ne fais pas beaucoup de caprices, ouffffffff ! Pourvu que ça dure ! Je t’aime mon Pti poussin !
Cet article est écrit d'une part pour m'occuper car, bien que mes journées soient bien remplies, je trouve le temps affreusement long en ce moment. Et d'autre part, pour celles qui ont peur d'accoucher, si, si, je vous vois derrière vos écrans, peut-être que ça sera un témoignage rassurant de plus . ;-)
Ma première grossesse
J'ai eu la surprise et la joie de tomber enceinte dès C1 alors que je venais de faire tout un speech à Doudou sur la faible probabilité que ça fonctionne de suite, car selon les statistiques etc...(Et maintenant je suis inquiète car Doudou, il pense que ça va faire pareil pour bébé2, qu'on aura juste à claquer des doigts et hop! enceinte!)
J'ai eu droit aux traditionnelles nausées de début, puis plus rien, puis au troisième trimestre : reflux gastriques ( donc insomnies ),et œdèmes des jambes . Mis à part ces petits détails, aucun problème durant 9 mois, aucune contraction, pas de signe d'alerte, tout allait bien mais je psychotais quand même pour un oui ou pour un non, alors que Pti Poussin grandissait tranquillement.
J'ai tenu à faire de l'haptonomie, et puis je n'ai pas accroché, mais Doudou, lui, il a adoré, donc on a continué jusqu'à la fin. A chaque séance je m'ennuyais et lui s'éclatait! C'était sa façon de s'investir en tant que futur papa. Il comprenait parfaitement le concept qui moi, m’échappait totalement. Il voudrait d'ailleurs qu'on recommence pour ma prochaine grossesse, mais je ne suis pas vraiment emballée par l'idée.
Et le dernier mois, comme je savais que je pouvais accoucher entre 37 et 41 SA, je me suis remise en mode "le temps s'est arrêté", c'est devenu interminable, tous les jours, toutes les heures, j'attendais un signe, chaque nuit je m'imaginais perdre les eaux, et puis rien....J'ai tenté TOUS les remèdes de grand-mère pour essayer de déclencher un semblant de quelque chose ...38, 39, 40 SA!!!Mais pourquoi toutes les copines ont déjà accouché???40+2 SA, RDV sage femme, rien à signaler, tout va bien, bébé en top forme dans le bidou, col long fermé, pas bougé d'un poil, je suis pas prête d'accoucher.
Pti Poussin n’avait pas décidé de sortir, nan mais oh! C'est quoi cette maman impatiente, on lui a dit que la grossesse dure 41SA, pourquoi elle est pressée? Bref, suite à ce RDV, je lâche prise, vraiment, je comprends enfin que tout va bien, j'arrête de stresser et me dis que j'accoucherai à 41+4SA après déclenchement, c'est pas grave, je finirai par le voir mon loulou...(Il était temps qu’elle se relâche un peu la future maman, en plus elle était convaincue qu’elle était super zen tout au long de la grossesse!la bonne blague !)
Accouchement
40+4SA, 5h du matin: première contraction que je sens de toute la grossesse, et douloureuse. Ça me réveille. On est dimanche. Je me rendors.5h30 autre contraction douloureuse. Je souris, j'ai compris que c'est pour ce jour. Je reste au lit. J'attends. Contractions toutes les demi-heures.
« Doudou!
-Oui?
-J'ai des contractions.
-...(sourire de béatitude qui n'en finit plus). »
Doudou s'est levé de très bonne heure et de très bonne humeur pendant que je faisais semblant de faire la grasse mat, consciente qu’on n’allait pas tarder à voir notre bébé tant attendu.
8h00: je me lève, je note les contractions. Je sens qu'il n'y a pas urgence, ce n’est pas encore le moment. Je n'ai pas envie d'aller à la maternité pour poireauter, je préfère attendre chez moi avec Doudou.
Toutes les 20 minutes ensuite, des grosses contractions douloureuses mais je souris, je vais enfin voir mon bébé.
12h00 : contractions toutes les 15 minutes. On se fait un repas en amoureux, on rapproche les valises près de la porte d'entrée. On se dit que c’est notre dernier repas à deux.
14h00 : contractions toutes les 10 minutes, mais je sens vraiment que c'est pas pour de suite.
16h00 : on se fait des gaufres, on s’empiffre pour s'occuper, pour prendre des forces. On a tous les deux un sourire niais qui ne nous lâche pas. Je supporte les contractions, je me dis que c'est naturel d’accoucher, d'ailleurs je voudrais éviter la péridurale si possible et puis si j'avais pu, j'aurai accouché à domicile avec une sage femme...Sans tout ce tralala médical qui me déplait.
17h00 : contractions toutes les 5 minutes, ça fait maintenant 12 heures que ça travaille mais je sais qu'on a encore le temps. Et je n'ai pas rompu la poche des eaux.
19h00 : contractions toutes les 3 minutes. Normalement faudrait aller à la maternité, mais je sais que ce n’est pas encore le moment.
20h00 : on se décide à y aller, pour être sûr que bébé va bien, même si je sens bien que c’est pas encore l’heure.
21h00: on est de retour chez nous, la sage femme m’a laissée rentrer car nous n’habitons pas loin...Tout va bien, col ouvert à 3 mais pas d'urgence. (Punaise mais je contracte depuis 5h du matin!!!). J'ai pour consigne de marcher pour faire accélérer les choses. Alors Doudou et moi, on va marcher, on monte et on descend des dizaines de fois tous les escaliers de tous les immeubles de notre résidence, on va faire une promenade nocturne. Je contracte toujours toutes les 3 minutes, ça n'a pas cessé.
22h30 : on rentre et on se met un DVD, je crois que c'était KungFu Panda. Doudou s'endort, moi je commence à perdre le sourire, j'en ai marre de contracter, et ça devient insupportable, les contractions deviennent de plus en plus fortes et j'ai dépassé mon quota d'heures de tolérance à la douleur. Je perds le sourire, j’en ai marre.
00h00 : on retourne à la maternité, col dilaté à 4 seulement! La sage femme me redemande si je veux la péridurale, je capitule, je réponds oui, je n'arrive plus à gérer la douleur, ça fait déjà 19 h que j'ai des contractions régulières, je fatigue.
1h00 : je suis installée en salle d'accouchement. On me pose la perfusion, le monitoring, le brassard à tension, je suis en tenue de combat, branchée de partout.
La péridurale :
L'anesthésiste arrive, aimable comme un anesthésiste. Il trifouille dans mon dos, je dois me mettre en boule, mais ça ne lui convient pas car je ne le fais pas bien, mais bordel comment on se met en boule avec un ventre gros comme une barrique et qui remonte jusqu'au cou???La sage femme m'aide comme elle peut, elle se met devant moi et me tiens, l'anesthésiste grogne un peu jusqu'à ce que la position lui convienne, moi je suis en apnée, j'ai l'impression d'étouffer aussi mon bébé.
Il me fait l'injection de Xylocaine pour anesthésier (aïe! faut avoir mal pour pas avoir mal?). Et il s'embête pas à attendre que ça fasse effet, il enchaîne direct avec la péridurale, et ça, j'ai pô aimé!
"Aïeeeeeeeeeeee!
-faut pas bouger Madaaaaaaaaaaame!"
Ouais ben t'as qu'à te la planter dans le dos ta put*** d'aiguille et tu verras si tu bouges pas...
Donc douleur lors de la pénétration de l'aiguille et...malaise lors de l'injection du produit! Je l'ai senti se diffuser dans mos dos, beuark, affreuse impression et ensuite j'ai senti que je partais loiiiiiiiiin, donc j'ai dit à voix haute :
-"je fais un malaise vagal
-Quoi?
-Je fais un malaise vagal!
-Quoi??Mais nooooon !
-J’fais un...
Là je me sens partir pour de bon, j'entends l’anesthésiste:
-quoi? vous vous sentez pas bien? vous voyez des étoiles?
Mais qu'il est lourd bordel, je suis déjà dans les étoiles mon coco, trop tard!
La sage femme : "euh, ah oui elle est toute pâle!
-Prenez sa tension! Madame! Madame vous m'entendez? Madaaaame! »
Et là je me sens revenir de mon petit nuage, je suis habituée à ce genre de malaise, je sais que j'ai fini, ça ira mieux.
« -Ah oui, elle a 7 de tension! Elle a dû faire un malaise vagal»
Non sans blague ? Ben oui mais si tu m'avais pris la tension quand j'étais dans les vaps et pas quand je commençais à aller mieux, ton tensiomètre il aurait indiqué "error",car elle était ptêt même inférieure à 7 à ce moment là.
Tout rentre dans l'ordre, on m'allonge sur la table, j'ai les jambes qui tremblent toutes seules, j'ai froid et chaud en même temps, je n’aime pas la sensation, c’est désagréable.
Mais, enfin ! je n'ai plus mal, je regarde les contractions sur le monitoring, je ne les sens plus, c'est le bonheur. Il est 2h00.
L'équipe nous laisse, je suis pas seule à mettre au monde ce soir là.
Et Doudou s'endort sur une chaise loin de moi.
3h00: La sage femme m'ausculte: dilatée à 6, la péri a boosté la dilatation, elle me perce la poche des eaux artificiellement, berk! et elle repart en attendant que je dilate plus.
3h30: je ne me sens pas bien du tout, je pleure, j'appelle. L'auxiliaire de puériculture me demande ce qui se passe, j'arrive pas à lui décrire ce qui ne va pas, je suis juste pas bien du tout, j’ai mal, j'insiste pour qu'elle appelle la sage femme car elle n’était pas décidée à le faire. La sage femme arrive, je suis à dilatation complète! Bébé est en train de descendre. Cool, je suis contente, sauf que l'équipe panique un peu et a du mal à le cacher, la sage femme n'aime pas le rythme de bébé à chaque contraction, il bradycarde très fort puis son rythme se régularise quand la contraction est passée.
La gynéco de garde arrive, m'annonce qu'il faudra surement faire une césarienne si le bébé est en souffrance, je me remets à pleurer, j'imagine que Doudou n'assistera pas à l'accouchement, et je pense à toutes les conséquences de la césarienne en urgence.
La gynéco demande à ce qu'on fasse un prélèvement de lactates sur la tête du bébé (quoi??mais il est encore dedans!).Et hop, on me retripote pour la énième fois, pour aller piquer la tête de mon bébé et lui prélever un peu de sang afin de savoir si oui ou non, il souffre lors des contractions. Réponse: non, il ne souffre pas, donc pas de césarienne, mais "va falloir se dépêcher madame".
4h00 : Pourquoi il y a autant de monde dans cette salle d'accouchement, le mien est évènementiel ou quoi? Elles sont une dizaine autour de moi à scruter anxieusement mon vagin....
4h10 : Et là, c'est LE moment où j'entre en action, et histoire de médicaliser encore un peu le truc, je me retrouve avec le masque à oxygène sur la truffe, coachée par la gynéco qui se couche sur mon ventre (aïe encore une fois!) pour appuyer dessus et qui m’enfonce les côtes en même temps, je dois pousser.
J'ai tout oublié de mes cours de préparation, je ne sais plus comment faire, la sage femme me réexplique vite, je comprends rien, je ferme les yeux et je pousse.
Doudou est derrière moi, au niveau de ma tête, on lui a mis un drap roulé autour du dos dont je tiens les extrémités pour que ça m'aide à pousser, et ça le fait participer. Ni lui, ni moi ne voulions qu'il soit "en bas" avec la sage femme.
Donc me voilà en train de pousser en apnée, la gynéco qui me balance "allez, poussez, faut le vouloir ce bébé" et je me suis dis avant de manquer d'oxygène "mais espèce de con*****, encore heureux que je le veux ce bébé, c’est moi qui l’ai fait !", j'ai poussé trois fois. J'avais l'impression que c'était inutile et les remarques désobligeante de cette gynéco m'agaçaient, encouragée par tout le staff qui criait comme des supporter de foot, j’en ai eu marre de cette pression, donc j’ai beuglé quelques amabilités du genre « nan, je pousse plus, j’en ai marre, vous me faites toutes ch** » et j'ai senti Pti poussin passer par la porte de sortie, puis il a été posé sur moi. Ca a duré à peine quelques minutes, même pas, le temps des 3 poussées.
4h20 : Je me souviens du soulagement de tous les supporter et je sais qu'on m'a félicitée, mais je ne sais plus ce qu'on m'a dit, j’étais shootée. Une fois redescendue sur Terre, je me suis excusée auprès de Doudou pour avoir juré comme une charretière, j’avais honte. Et là, il me répond que je n’ai rien dit, j’ai juste poussé en devenant rouge écarlate mais en restant muette comme une carpe. Ah ?ben là va falloir que tu m’expliques, j’ai pas gueulé ? Pourquoi j’ai pas la même version de l’accouchement ??? En fait, j’ai compris après que j’avais oublié de respirer donc j'ai halluciné pendant quelques secondes, sympa hein ! Bon, soulagée en tout cas ne pas avoir crié sur l’équipe.
A ce moment là, Pti poussin est sur moi, Doudou et moi lui parlons, il va très bien. Je m’empresse de vérifier si il a bien ce qu’il faut, 5 doigts à chaque main,2 bras,2 jambes,2 oreilles, tout est là, rien en trop, rien en moins, c’est bon ! Nous découvrons enfin notre chef d’œuvre, ça y est nous voilà parents ! 52 cm pour 2.960kg, mensurations de mannequin ! C’est pas un bébé potelé ! On le regarde, on l’admire, on enregistre chaque trait de son visage, moment intense ! Je suis épuisée, mais j’ai le plus beau bébé du monde contre moi !
Pendant ce temps la sage femme s’affaire entre mes jambes, quoi ?j’ai eu une épisiotomie pour un bébé crevette ??Pfff, énième agacement, je ne dis rien mais ça me gonfle. Je n’ai rien senti quand elle m’a cousu, elle a fait ça très bien et j’ai très bien cicatrisé par la suite.
En résumé
Une grossesse simple, un accouchement simple sous péridurale à 40SA +5,avec épisio, qui a stressé tout le monde alors qu’en fait, tout allait bien.
Le seul bémol : une équipe très compétente que je remercie, mais qui s’est peut-être un petit peu trop affolée, vu que le bébé ne souffrait pas. En discutant avec ma sage femme d’haptonomie, elle me disait que le bébé qui bradycarde juste au moment des contractions n’est pas forcément un signe de souffrance mais une adaptation à l’accouchement. Et effectivement, ça été confirmé avec le prélèvement fait in utéro, mon Pti poussin supportait très bien les contractions, il faisait tranquillou son petit bonhomme de chemin vers la sortie, c’est tout.
J’ai appris un truc aussi ce jour là : non, l’accouchement n’est pas héréditaire !!!
Comme une bécasse, je m’étais persuadée que j’accoucherai comme ma mère qui a eu 2 enfants : 2 accouchements « finger in the nose » : perte des eaux à la maison, pondus 2 heures après, sans épisio, sans péri. Et ben non, moi je l’ai joué un peu différemment !
Et ben, sacré pavé ! Je pensais pas avoir tant de choses à vous raconter ! ;-)