Divers
La naissance de l'amour (partie 3)
J'attends toujours.
Le travail a mis 17h à réellement démarrer, je suis sous antibio depuis 11h. Ca ne sert à rien d'appeler au secours tout de suite. Flo se lève. Nous sommes dans le noir. Il s'approche pour m'aider à gérer les contractions.
Ca fait mal. Je pense à prendre enfin l'homéopathie prescrite par ma sage-femme. Mais j'oublie de le demander à Flo. Je dois me concentrer pour traverser cette épreuve.
Nous sommes tous les trois.
Enfin, en théorie.
En haptonomie, c'est ce que j'ai appris. "Concentre-toi sur ta fille, elle a besoin de toi". Et j'essaie de ressentir le soutien de Flo à travers sa main.
Ensemble.
Mais bon, plus ça avance, et plus ça devient MA douleur. J'ai mal. J'ai envie de vomir. Tout à l'heure aussi, d'ailleurs, j'ai cru que j'allais rendre mes petites collations. Mais là, j'en suis tellement sûre que je réclame une bassine à Flo. Il est un peu désemparé. Moi, j'ai bien vu le ridicule et minuscule haricot en papier mâché posé sur la table de nuit. Mais là, avec les contractions, ça m'étonnerait que j'arrive à viser aussi bien. Je lui dis d'aller chercher le bac en métal dans les toilettes. Je sais clairement qu'il n'est pas destiné à cet usage... Hum hum ... Mais bon, je suis mal, j'ai la nausée... je gère comme je peux.
Flo me pose la bassine (le bassin donc) devant le nez... mais rien.
Je ne peux pas me concentrer sur tout. Le mal de ventre, dos, et cuisses d'abord. Pendant de longues secondes.
PUIS, en fond, l'envie de vomir. La gerbe. Beurk...
Et puis là, je me dis que je vais appeler la sage-femme.
Elle va m'examiner. Mais bon, mon col a du se modifier suffisamment, ça sera moins douloureux.
Flo sonne.
Josiane arrive.
Je lui dis que je crois que la poche des eaux s'est fissurée. Que j'ai des contractions douloureuses et rapprochées. Elle me demande "tous les combien ?", mais nous, on a mesuré seulement l'intervalle entre deux. 5 minutes je lui dis, en lui précisant qu'on n'a compté qu'une fois. Mais je sais que c'est un peu juste comme information. Elle confirme.
Et donc, on passe à l'examen.
J'essaie de me détendre entre deux contractions. Et elle y va. J'ai mal. J'ai trop mal. Le col est toujours loin. Je la supplie de faire une pause. Elle insiste, mais je crie et je pleure. "Attendez, s'il vous plait, attendez !". "Mais il faut bien que je vous regarde où vous en êtes !".
Je sais... Mais je n'arrive plus à gérer.
Entre les contractions et l'examen c'est atroce.
Conclusion : je suis à 3. Col épais.
4h du matin. Elle appelle l'anesthésiste, pas très convaincue. Mais elle compte sur le fait qu'il ne sera pas là tout de suite... le travail peut avancer. Le Propess est toujours en place.
La morphine fait-elle encore effet ? Normalement oui. Peut-être atténue-t-elle la douleur.
Je reste environ 1h dans la salle de pré-travail. Allongée, toujours. Je souffle. Je ressens les limites de la préparation à l'accouchement. Je n'arrive plus à rester lucide très longtemps. Flo me parle, mais je crois que je lui dis "chut !!". Je ne supporte pas sa voix, son calme.
Je souffre. Ca devient très intense. J'ai l'impression que le bébé descend. Je sens que ça avance. Que le travail est efficace. J'espère aussi. Parce qu'encaisser tout ça pour rien, ce serait dur à avaler.
Je garde en ligne de mire la péridurale. Une fois mise en place, il n'y aura plus qu'à attendre.
Mais c'est pour quand ??!
Après, je ne me souviens plus. J'ai dit mille fois à Flo que j'avais mal. J'ai perdu un peu mon sang froid. J'ai du pleurer un peu. Gémir au futur papa que vraiment, je n'en pouvais plus. J'étais épuisée.
Et enfin, une auxiliaire entre dans ma chambre (revue trois jours plus tard, Flo l'a reconnue, mais pas moi...Je n'étais plus tout à fait moi-même je crois).
Elle pousse un fauteuil.
Je suis donc censée me lever. Assise déjà, c'est assez fou. Je me tords de douleur. Je laisse passer une ou deux contractions. Puis je me glisse dans la chaise roulante. Je sens que le bébé est bas, j'ai même la vague impression que ça pousse. Pas sûre. Les contractions sont très fortes. Je ne sais plus où j'en suis. Mais je vais avoir cette bon sang de péri !
Il est presque 6h. Tout ça est approximatif.
J'entre dans la salle de travail. En sortant, quelques heures plus tard, je verrais son petit nom sur la porte : Hibiscus.
Je pense alors que commence une longue journée. Je dois être à 4. Peut-être 5. Je vais avoir la péridurale, et je devrais attendre.
J'ai hâte qu'on me soulage de ces douleurs. ca devient dur.
On m'installe sur le lit.
C'est là que je vais donner la vie.
Je m'assois sur la table d'accouchement. La sage-femme vient me voir pour me dire que l'anesthésiste arrive. Qu'une maman vient d'arriver à l'hôpital, qu'elle est à 6 et que c'est un troisième bébé. Je comprends. Je dis même à la sage-femme que c'est normal qu'elle passe avant moi, sinon, elle ne l'aura jamais ! Je suis plus lucide que ce que je pourrais penser. Et je suis plus moi-même que ce que j'aurais pu imaginer.
Je m'allonge... J'ai mal. Je gémis toujours. Je suis seule le temps que Florian trimballe toutes nos affaires. Il arrive avec le sac à langer et deux-trois bricoles. Il a laissé des choses au vestiaire aussi. Les contractions ne sont pas trop rapprochées, mais très fortes.
Je commence à paniquer. J'ai l'impression que le travail avance trop vite. Et cet anesthésiste il fait quoi ? Je souffle. Je me répète, mais j'ai mal.
Enfin, un homme en blouse bleue pénètre dans la salle de travail.
Il doit être 6h30.
Je me redresse (à sa demande ?). Il est à l'entrée de la pièce, la porte ouverte. Il traine un chariot je crois.
Et là, j'ai deux contractions très longues, très fortes et très rapprochées.
J'ai envie de pousser. J'ai besoin de pousser. J'ai mal.
Je crie, comme un appel au secours "Ca pousse !!!".
Je pousse. J'ai envie de me vider l'utérus et peut-être les intestins (pardon, mais c'est vrai). Je sens du liquide s'échapper entre mes jambes... Je ne contrôle plus rien.
Mon homme me dira plus tard que quand j'ai crié, l'anesthésiste, courageux, a levé les mains en l'air et a dit "Oulà ! Mais je sais pas faire moi". Après coup, c'est assez amusant.
Je vois Flo sortir de la pièce, aller chercher la sage-femme. Il a du la trouver en chemin car elle est vite là. Je m'allonge, elle m'examine. Je ne sens rien. Je la vois ouvrir ses grands yeux... Elle a l'air surprise...
Et là, j'avoue, comme je ne peux pas vous faire un article encooooore plus long, je vous laisse en haleine. Je voulais vraiment terminer mon récit en trois parties. Mais impossible. J'ai déjà l'impression d'en oublier. Je veux que ça reste gravé. Je veux un souvenir fidèle. Donc je prends le temps de détailler mon récit.
Et là, pour le plaisir, je vous laisse un peu de suspens.
A très vite.
Le travail a mis 17h à réellement démarrer, je suis sous antibio depuis 11h. Ca ne sert à rien d'appeler au secours tout de suite. Flo se lève. Nous sommes dans le noir. Il s'approche pour m'aider à gérer les contractions.
Ca fait mal. Je pense à prendre enfin l'homéopathie prescrite par ma sage-femme. Mais j'oublie de le demander à Flo. Je dois me concentrer pour traverser cette épreuve.
Nous sommes tous les trois.
Enfin, en théorie.
En haptonomie, c'est ce que j'ai appris. "Concentre-toi sur ta fille, elle a besoin de toi". Et j'essaie de ressentir le soutien de Flo à travers sa main.
Ensemble.
Mais bon, plus ça avance, et plus ça devient MA douleur. J'ai mal. J'ai envie de vomir. Tout à l'heure aussi, d'ailleurs, j'ai cru que j'allais rendre mes petites collations. Mais là, j'en suis tellement sûre que je réclame une bassine à Flo. Il est un peu désemparé. Moi, j'ai bien vu le ridicule et minuscule haricot en papier mâché posé sur la table de nuit. Mais là, avec les contractions, ça m'étonnerait que j'arrive à viser aussi bien. Je lui dis d'aller chercher le bac en métal dans les toilettes. Je sais clairement qu'il n'est pas destiné à cet usage... Hum hum ... Mais bon, je suis mal, j'ai la nausée... je gère comme je peux.
Flo me pose la bassine (le bassin donc) devant le nez... mais rien.
Je ne peux pas me concentrer sur tout. Le mal de ventre, dos, et cuisses d'abord. Pendant de longues secondes.
PUIS, en fond, l'envie de vomir. La gerbe. Beurk...
Et puis là, je me dis que je vais appeler la sage-femme.
Elle va m'examiner. Mais bon, mon col a du se modifier suffisamment, ça sera moins douloureux.
Flo sonne.
Josiane arrive.
Je lui dis que je crois que la poche des eaux s'est fissurée. Que j'ai des contractions douloureuses et rapprochées. Elle me demande "tous les combien ?", mais nous, on a mesuré seulement l'intervalle entre deux. 5 minutes je lui dis, en lui précisant qu'on n'a compté qu'une fois. Mais je sais que c'est un peu juste comme information. Elle confirme.
Et donc, on passe à l'examen.
J'essaie de me détendre entre deux contractions. Et elle y va. J'ai mal. J'ai trop mal. Le col est toujours loin. Je la supplie de faire une pause. Elle insiste, mais je crie et je pleure. "Attendez, s'il vous plait, attendez !". "Mais il faut bien que je vous regarde où vous en êtes !".
Je sais... Mais je n'arrive plus à gérer.
Entre les contractions et l'examen c'est atroce.
Conclusion : je suis à 3. Col épais.
4h du matin. Elle appelle l'anesthésiste, pas très convaincue. Mais elle compte sur le fait qu'il ne sera pas là tout de suite... le travail peut avancer. Le Propess est toujours en place.
La morphine fait-elle encore effet ? Normalement oui. Peut-être atténue-t-elle la douleur.
Je reste environ 1h dans la salle de pré-travail. Allongée, toujours. Je souffle. Je ressens les limites de la préparation à l'accouchement. Je n'arrive plus à rester lucide très longtemps. Flo me parle, mais je crois que je lui dis "chut !!". Je ne supporte pas sa voix, son calme.
Je souffre. Ca devient très intense. J'ai l'impression que le bébé descend. Je sens que ça avance. Que le travail est efficace. J'espère aussi. Parce qu'encaisser tout ça pour rien, ce serait dur à avaler.
Je garde en ligne de mire la péridurale. Une fois mise en place, il n'y aura plus qu'à attendre.
Mais c'est pour quand ??!
Après, je ne me souviens plus. J'ai dit mille fois à Flo que j'avais mal. J'ai perdu un peu mon sang froid. J'ai du pleurer un peu. Gémir au futur papa que vraiment, je n'en pouvais plus. J'étais épuisée.
Et enfin, une auxiliaire entre dans ma chambre (revue trois jours plus tard, Flo l'a reconnue, mais pas moi...Je n'étais plus tout à fait moi-même je crois).
Elle pousse un fauteuil.
Je suis donc censée me lever. Assise déjà, c'est assez fou. Je me tords de douleur. Je laisse passer une ou deux contractions. Puis je me glisse dans la chaise roulante. Je sens que le bébé est bas, j'ai même la vague impression que ça pousse. Pas sûre. Les contractions sont très fortes. Je ne sais plus où j'en suis. Mais je vais avoir cette bon sang de péri !
Il est presque 6h. Tout ça est approximatif.
J'entre dans la salle de travail. En sortant, quelques heures plus tard, je verrais son petit nom sur la porte : Hibiscus.
Je pense alors que commence une longue journée. Je dois être à 4. Peut-être 5. Je vais avoir la péridurale, et je devrais attendre.
J'ai hâte qu'on me soulage de ces douleurs. ca devient dur.
On m'installe sur le lit.
C'est là que je vais donner la vie.
Je m'assois sur la table d'accouchement. La sage-femme vient me voir pour me dire que l'anesthésiste arrive. Qu'une maman vient d'arriver à l'hôpital, qu'elle est à 6 et que c'est un troisième bébé. Je comprends. Je dis même à la sage-femme que c'est normal qu'elle passe avant moi, sinon, elle ne l'aura jamais ! Je suis plus lucide que ce que je pourrais penser. Et je suis plus moi-même que ce que j'aurais pu imaginer.
Je m'allonge... J'ai mal. Je gémis toujours. Je suis seule le temps que Florian trimballe toutes nos affaires. Il arrive avec le sac à langer et deux-trois bricoles. Il a laissé des choses au vestiaire aussi. Les contractions ne sont pas trop rapprochées, mais très fortes.
Je commence à paniquer. J'ai l'impression que le travail avance trop vite. Et cet anesthésiste il fait quoi ? Je souffle. Je me répète, mais j'ai mal.
Enfin, un homme en blouse bleue pénètre dans la salle de travail.
Il doit être 6h30.
Je me redresse (à sa demande ?). Il est à l'entrée de la pièce, la porte ouverte. Il traine un chariot je crois.
Et là, j'ai deux contractions très longues, très fortes et très rapprochées.
J'ai envie de pousser. J'ai besoin de pousser. J'ai mal.
Je crie, comme un appel au secours "Ca pousse !!!".
Je pousse. J'ai envie de me vider l'utérus et peut-être les intestins (pardon, mais c'est vrai). Je sens du liquide s'échapper entre mes jambes... Je ne contrôle plus rien.
Mon homme me dira plus tard que quand j'ai crié, l'anesthésiste, courageux, a levé les mains en l'air et a dit "Oulà ! Mais je sais pas faire moi". Après coup, c'est assez amusant.
Je vois Flo sortir de la pièce, aller chercher la sage-femme. Il a du la trouver en chemin car elle est vite là. Je m'allonge, elle m'examine. Je ne sens rien. Je la vois ouvrir ses grands yeux... Elle a l'air surprise...
Et là, j'avoue, comme je ne peux pas vous faire un article encooooore plus long, je vous laisse en haleine. Je voulais vraiment terminer mon récit en trois parties. Mais impossible. J'ai déjà l'impression d'en oublier. Je veux que ça reste gravé. Je veux un souvenir fidèle. Donc je prends le temps de détailler mon récit.
Et là, pour le plaisir, je vous laisse un peu de suspens.
A très vite.
Grande Schtroumpfette
C'est tellement prenant, haletant !
Je veux savoir la suite, après avoir suivi en sous-marin ta grossesse !
caro et son amour
haaaaaa c'est horrible je VEUX la suite et surtout la FIN !!!!!!!
En tout les cas tu as géré grave! sans péri si je comprends bien.......jusqu'à la fin... wow
kaw
Ahhhhh pire que twilight, le seigneur des anneaux ou matrix...
J'ai trop hâte de lire la suite, quel suspens...
Et je tiens a dire quand même qu'ils t' ont un peu fait galérer avec cette péridurale...
Quel courage tu as eu, respect !!!
ophelie
OoooH la vilaine que tu es!!!!
Bon bin oui ta bien douillé quoi ... ma pauvre biche ... j espere que la suite est plus glorieuse sinon en dehors de cette saleté de declenchement ca va finir par ressembler a mon accouchement merdique ...
céline (et georges et leur petit croate)
arrfffff on veut la suite!!!!
Audrey et bébé radis
Oh la la ... vite la suite !!!
Tu es courageuse !!!
poupette
Ouille j'ai peur pr la suite ! J'ai eu ma péri en erant ouverte à 4 après 6h de contractions (surtout 3h douloureuses) et j'ai juste béni pendant 1h l'inventeur de ce procédé tellement c'était bien... ma pauvre raconte nous viiite
Counette
OOOOOOOooooooooohhhhh! Me dis pas que tu as accouché sans péri à la suite d'un déclenchement!!!!!! Mais t'es ma nouvelle idole (à 2 semaines et demi de grossesse je flippe déjà de l'accouchement lol)
nanouchka
aaaaahhhhhhhhhhhhh !!!! t'es dure là ;)
vite vite la suite !!