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La naissance de l'amour (partie 2)
J'ai faim.
J'ai eu droit à un petit pain beurré, un yaourt, une compote et un thé dans toute ma journée. Et aussi deux tranches de pain et un morceau de banane. Mais je suis levée depuis 6h30. Il est 17h.
Alors, on décide d'aller à la superette du coin. J'ai envie de banane.
Et puis, il se met à pleuvoir. Pas trop fort, juste un peu...
J'attends toujours que les contractions se déclenchent.
Mais non.
Maëline est au chaud, et la pluie ne la tente pas.
On rentre dans le magasin, je me sens comme hors du temps. Je suis là, à me promener au milieu des rayons alors que je suis en procédure de déclenchement d'accouchement.
On achète des bananes (et du taboulé pour papa), et on sort. Il pleut fort. Très fort. On reste abrités sous le auvent de la supérette. J'ai toujours le Propess installé au niveau de mon col. Ca gêne un peu. J'ai froid. On est à 20 minutes de l'hôpital. Et pourtant, je rêve encore de perdre les eaux. Comme pour un accouchement naturel.
Que papa m'emmène pour te faire naître.
On se jette finalement à l'eau, on en a marre d'attendre. Papa défait la capuche de son manteau et je me la pose sur la tête, pour m'abriter un peu. Je suis grosse, je me traine mais je marche avec le plus d'entrain possible. Papa porte les courses.
Et puis rien.
De retour dans la chambre, je ne sais plus comment les choses s'enchainent. Je pense qu'on a refait un monito. Bérengère a du examiner mon col... et remettre un peu en place le propess. Je dois toujours être à 1, mais le col s'est raccourci un peu. J'ai grignoté une compote et une autre bricole. C'était le début de soirée, et enfin, les premiers signes du travail se sont pointés. Je me suis mise à avoir mal. Dans le dos. Dans les cuisses. La position allongée, ce n'est pas le feu pour gérer la douleur. Flo essaie de m'apaiser. On met en place ce qu'on a vu en hapto. J'ai des séries de 3/4 contractions rapprochées, puis des pauses de 5 minutes. Je regarde parfois le monito en disant "Allez, lâche moi !!!".
Ca devient dur, mais très gérable. C'est surtout la fatigue qui me pèse.
A la fin du monito, je peux faire un peu de ballon, marcher dans la chambre. J'ai toujours mal, mais beaucoup moins. On regarde la télé. L'après-midi, on l'avait déjà allumée pour se passer le temps devant une Nounou d'Enfer. Là, je ne me souviens plus du programme.
A chaque signe du démarrage, on se réjouit. Enfin, Flo surtout, moi, c'est toujours un peu partagé... ben oui ! J'ai mal quand même. Mais ça ne démarre pas vraiment.
Vers 22h30, on fait un bilan avec la sage femme du nouveau service, Josiane. Elle me remet une perf d'antibio qui met des plombes à passer... . On attends encore, on laisse le tampon en place 24h et il est possible d'en avoir un second si le col n'a pas suffisamment bougé, mais l'idée, c'est qu'il faut que je me repose car je vais devoir accoucher le lendemain très certainement, que c'est un premier et que ça va durer un peu, et qu'il faut que j'arrive au bout du marathon en étant capable de pousser... Donc Josiane me propose de m'aider à dormir avec une piqûre d'un dérivé de morphine. Avec papa, on n'est pas chauds du tout, on espère gérer autrement, car on ne veut pas que notre poupée soit shootée.
J'alterne encore ballon et repos en m'allongeant mais je suis moins bien.
Et puis finalement, ça passe. Il est autour de minuit, papa s'est installé un lit de camp. Je me sens mieux. J'ai l'impression que ça s'est arrêté.
Je déclare donc à Josiane que ça va mieux, et je me couche comme ça. Je fais un brin de toilette, je me trimballe la perche avec la poche de glucose pour éviter au catlhlon de se boucher. On éteint les lumières. J'ai quelques contractions, mais ça va. J'arrive à dormir par tranche de dix minutes.
Au bout de 2h, avec papa qui ronfle dans la chambre et une contraction légèrement douloureuse mais bien présente (dans le dos et les cuisses surtout) toutes les vingt minutes environ, je supporte mal la position allongée et je n'ai quasiment pas dormi. Il FAUT que je me repose.
Ca devient trop compliqué. J'appuie sur la sonnette.
Finalement, je dis à Josiane que je veux bien la piqûre. Je lui demande si ça fait mal. Elle me répond que ça brûle un peu, mais qu'on ne le regrette pas. Je m'excuse auprès de Flo, car je ne suis pas assez courageuse. Mais j'ai peur de devoir gérer 14h de travail après presque 2 nuits sans sommeil. Je n'en peux plus, je suis exténuée.
Josiane vérifie mon col ... 1 et demi.
Josiane me pique dans la fesse. Ca brûle, c'est assez atroce. Mais quinze minutes plus tard, ça va beaucoup mieux. Je sens toujours vaguement, mais je sais que je vais pouvoir dormir. 6h. C'est la durée d'effet du produit.
J'en rêve.
Flo se recouche. Moi, je m'endors.
Une heure plus tard, à 3h donc, la douleur m'empêche de continuer ma nuit. J'essaie tout de même, mais mes contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses... et toujours cette position allongée pour gérer... Je n'arrive absolument pas à me rendormir. Flo ronfle. Je le réveille. On dirait que les contractions sont plus régulières. Je lui demande de compter l'intervalle entre deux.
5 minutes.
5 minutes entre deux vraies contractions douloureuses.
Que je ressens fortement malgré le calmant.
Ok. Je crois que cette fois-ci, c'est parti. J'attends avant d'appeler, je ne veux pas d'un nouvel examen du col pour me dire "2". Ras le bol.
Flo dort toujours, enfin, vaguement.
Et puis, je sens et/ou (pas sûre) j'entends comme un "crac". Pas de doute, louloute s'est engagée.
Quelques secondes plus tard, je sens couler entre mes jambes, juste un peu.
"Chéri, je crois que je perd les eaux"
La phrase du bonheur. J'en pleure rien que de l'écrire. Je suis si heureuse d'avoir passé cette étape "naturelle". La poche devait être seulement fissurée mais sérieusement... quel bonheur ...
La suite bientôt.
J'ai eu droit à un petit pain beurré, un yaourt, une compote et un thé dans toute ma journée. Et aussi deux tranches de pain et un morceau de banane. Mais je suis levée depuis 6h30. Il est 17h.
Alors, on décide d'aller à la superette du coin. J'ai envie de banane.
Et puis, il se met à pleuvoir. Pas trop fort, juste un peu...
J'attends toujours que les contractions se déclenchent.
Mais non.
Maëline est au chaud, et la pluie ne la tente pas.
On rentre dans le magasin, je me sens comme hors du temps. Je suis là, à me promener au milieu des rayons alors que je suis en procédure de déclenchement d'accouchement.
On achète des bananes (et du taboulé pour papa), et on sort. Il pleut fort. Très fort. On reste abrités sous le auvent de la supérette. J'ai toujours le Propess installé au niveau de mon col. Ca gêne un peu. J'ai froid. On est à 20 minutes de l'hôpital. Et pourtant, je rêve encore de perdre les eaux. Comme pour un accouchement naturel.
Que papa m'emmène pour te faire naître.
On se jette finalement à l'eau, on en a marre d'attendre. Papa défait la capuche de son manteau et je me la pose sur la tête, pour m'abriter un peu. Je suis grosse, je me traine mais je marche avec le plus d'entrain possible. Papa porte les courses.
Et puis rien.
De retour dans la chambre, je ne sais plus comment les choses s'enchainent. Je pense qu'on a refait un monito. Bérengère a du examiner mon col... et remettre un peu en place le propess. Je dois toujours être à 1, mais le col s'est raccourci un peu. J'ai grignoté une compote et une autre bricole. C'était le début de soirée, et enfin, les premiers signes du travail se sont pointés. Je me suis mise à avoir mal. Dans le dos. Dans les cuisses. La position allongée, ce n'est pas le feu pour gérer la douleur. Flo essaie de m'apaiser. On met en place ce qu'on a vu en hapto. J'ai des séries de 3/4 contractions rapprochées, puis des pauses de 5 minutes. Je regarde parfois le monito en disant "Allez, lâche moi !!!".
Ca devient dur, mais très gérable. C'est surtout la fatigue qui me pèse.
A la fin du monito, je peux faire un peu de ballon, marcher dans la chambre. J'ai toujours mal, mais beaucoup moins. On regarde la télé. L'après-midi, on l'avait déjà allumée pour se passer le temps devant une Nounou d'Enfer. Là, je ne me souviens plus du programme.
A chaque signe du démarrage, on se réjouit. Enfin, Flo surtout, moi, c'est toujours un peu partagé... ben oui ! J'ai mal quand même. Mais ça ne démarre pas vraiment.
Vers 22h30, on fait un bilan avec la sage femme du nouveau service, Josiane. Elle me remet une perf d'antibio qui met des plombes à passer... . On attends encore, on laisse le tampon en place 24h et il est possible d'en avoir un second si le col n'a pas suffisamment bougé, mais l'idée, c'est qu'il faut que je me repose car je vais devoir accoucher le lendemain très certainement, que c'est un premier et que ça va durer un peu, et qu'il faut que j'arrive au bout du marathon en étant capable de pousser... Donc Josiane me propose de m'aider à dormir avec une piqûre d'un dérivé de morphine. Avec papa, on n'est pas chauds du tout, on espère gérer autrement, car on ne veut pas que notre poupée soit shootée.
J'alterne encore ballon et repos en m'allongeant mais je suis moins bien.
Et puis finalement, ça passe. Il est autour de minuit, papa s'est installé un lit de camp. Je me sens mieux. J'ai l'impression que ça s'est arrêté.
Je déclare donc à Josiane que ça va mieux, et je me couche comme ça. Je fais un brin de toilette, je me trimballe la perche avec la poche de glucose pour éviter au catlhlon de se boucher. On éteint les lumières. J'ai quelques contractions, mais ça va. J'arrive à dormir par tranche de dix minutes.
Au bout de 2h, avec papa qui ronfle dans la chambre et une contraction légèrement douloureuse mais bien présente (dans le dos et les cuisses surtout) toutes les vingt minutes environ, je supporte mal la position allongée et je n'ai quasiment pas dormi. Il FAUT que je me repose.
Ca devient trop compliqué. J'appuie sur la sonnette.
Finalement, je dis à Josiane que je veux bien la piqûre. Je lui demande si ça fait mal. Elle me répond que ça brûle un peu, mais qu'on ne le regrette pas. Je m'excuse auprès de Flo, car je ne suis pas assez courageuse. Mais j'ai peur de devoir gérer 14h de travail après presque 2 nuits sans sommeil. Je n'en peux plus, je suis exténuée.
Josiane vérifie mon col ... 1 et demi.
Josiane me pique dans la fesse. Ca brûle, c'est assez atroce. Mais quinze minutes plus tard, ça va beaucoup mieux. Je sens toujours vaguement, mais je sais que je vais pouvoir dormir. 6h. C'est la durée d'effet du produit.
J'en rêve.
Flo se recouche. Moi, je m'endors.
Une heure plus tard, à 3h donc, la douleur m'empêche de continuer ma nuit. J'essaie tout de même, mais mes contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses... et toujours cette position allongée pour gérer... Je n'arrive absolument pas à me rendormir. Flo ronfle. Je le réveille. On dirait que les contractions sont plus régulières. Je lui demande de compter l'intervalle entre deux.
5 minutes.
5 minutes entre deux vraies contractions douloureuses.
Que je ressens fortement malgré le calmant.
Ok. Je crois que cette fois-ci, c'est parti. J'attends avant d'appeler, je ne veux pas d'un nouvel examen du col pour me dire "2". Ras le bol.
Flo dort toujours, enfin, vaguement.
Et puis, je sens et/ou (pas sûre) j'entends comme un "crac". Pas de doute, louloute s'est engagée.
Quelques secondes plus tard, je sens couler entre mes jambes, juste un peu.
"Chéri, je crois que je perd les eaux"
La phrase du bonheur. J'en pleure rien que de l'écrire. Je suis si heureuse d'avoir passé cette étape "naturelle". La poche devait être seulement fissurée mais sérieusement... quel bonheur ...
La suite bientôt.
ophelie et baby 2 dans le bocal
Hé hé !!!! moi j'aime te lire ... c'est trop beau !!!
C'est vrai c'est un bouquin que tu devrais écrire sur ta grossesse/accouchement/ début de vie à 3 !!!
J'ai hâte de connaitre la suite comme toute les autres ! Bisous
Myriam
Bonjour Marine, je suis enceinte de 8 mois, je te lis depuis plusieurs mois, je me souviens d'un de tes posts où tu disais ne pas trop savoir quoi faire dans la vie? On dirait en tous cas que tu sais écrire!!! ça nourrit pas sa famille, certes, mais continue, c'est trop bien de te lire et tu sais attaquer par la face nord des sentiments! Oui la suite, vite!
caro et son amour
oh un épisode qui finit sur une touche positive ;-) hate de connaitre la suite,
nanouchka
une larme au coin de l'oeil en finissant le récit et encore une fois hâte de lire la suite
tu nous tiens en haleine ;)
poupette
Rohlala quelle épopée! !!! La suiiiite !
Alexiane
Viiiiite la suiiiite !!! :)