J'avais demandé aux infirmières de me réveiller à 6H00 du matin afin que je me prépare avant de te réveiller et de te préparer.
Evidement, quand elles sont arrivées dans la chambre, j'étais réveillée depuis longtemps mais j'étais restée couchée afin de me reposer un max.
Je me douche donc en vitesse et papa arrive vers 6H30.
Vers 7H00, on te réveille afin de te préparer et ils te mettent un suppo de décontractant pour que tu sois totalement serein et calme pour le moment où tu arriveras au bloc.
Puis, ils nous apportent la tenue que tu porteras pour le bloc et t'en donnent une rose au lieu de verte mais tant pis.
On fait beaucoup de photos avec toi. L'angoisse montent et toi, on sent que tu es complètement "shooté"
Pour nous, la peur est là , et sans même se parler, on croise tous les deux les doigts et on prie pour que ce ne soit pas la dernière fois que l'on te tienne dans nos bras...
Même si l'on a confiance en la médecine et que l'on sait que c'est une opération qu'ils maitrisent, on ne peut s'empêcher de penser à ce qui pourrait se passer.
L'atmosphère est bizarre et toi qui fais toujours pleins de sourires, là , plus rien, tu as le regard dans le vide et moi, ça me détruit de l'intérieur de te voir comme ça même si je ne veux pas te le montrer car je ne veux pas te passer mes angoisses.
Toi, tu es fort et je me dois d'être forte pour toi.
Puis arrive l'heure du départ, il est 7H30 et l'on doit descendre, papa te garde dans ses bras et en arrivant devant le bloc, le brancardier lui demande de te poser sur le lit sans que je puisse moi aussi avoir le temps de te prendre contre moi.
J'ai pourtant une grande envie de te prendre et même de partir en courant avec toi, mais je sais qu'il faut que je te laisse, que c'est pour toi et pour que tu vives que tu dois subir cette opération.
Je te fais donc un câlin quand tu es sur le lit mais c'est très, trop rapide.
De toutes façon, c'est peut-être mieux ainsi car je n'ai pas su te montrer ma force, j'ai commencé à pleurer en t'embrassant alors que je ne voulais pas te montrer mes faiblesses, je voulais que tu me vois sereine avant qu'ils t'endorment et voilà que je m'effondre, que je pleure toutes les larmes de mon corps, j'ai l'impression que l'on m'arrache une partie de moi.
Je regarde le portes se fermer sur toi effondrée avec papa qui me soutient et m'emmène plus loin.
Te voilà parti, et pour nous, de longues heures d'angoisse et d'attente commencent.
Photo de nous trois, juste avant de descendre
