Comment s'est passé le jour J?
Et bien vous aviez peut-être lu mon post intitulé "DESIREE"... Le 28, jour de la date prévue, il ne se passe désespérement RIEN!
Le soir, de retour de la maternité, je ne suis pas bien, je ne sais pas comment me mettre: assise, debout, allongée, devant l'ordi... c'est pas la pêche!
Je décide de rester sur le canapé, devant la TV (très bon remède anti cogito!!!) et je m'endors assez vite jusqu'au petit matin. D'habitude je fais des nuits entrecoupées, mais la non... Autour de 6h30, j'ouvre un oeil, j'ai un peu mal mais je ne comprends pas tout de suite que ce sont des contractions (pourtant c'est pas faute d'en avoir eu)... Par contre, autour de 7h30, la j'ai bien compris: ce sont des contractions et elles font mal!
Jérôme se lève, il me voit me tordre de douleur et me dit qu'il va attendre pour aller au boulot. Malgré du spasfon, une douche bien chaude cela ne passe pas. On attends un peu car ma grande angoisse c'est qu'à la mater on me demande de rentrer chez moi car "c'est pas encore le moment".
A 10h et quelques on embarque les valises et on file à l'hôpital. Je crois qu'on est assez zen, on réalise mais on ne se laisse pas déborder par les émotions! Je me dis que nous rentrerons ici avec un bébé, que nous serons une famille.
Youpi, c'est le bon jour! Le travail est lancé! J'hallucine on me propose déjà la péri, mais moi je gère et je veux encore sentir les contractions!
La sage-femme qui va s'occuper de nous est super, elle s'appelle Magalie! Vers 13h, on va en salle de pré-partum, elle porte un nom enchanteur: "Les Iles Marquises". Il y a un jacuzzi et je ne me prive pas de l'utiliser: deux fois 25 minutes à plus de 40°, c'est le pied! Jérôme pique un roupillon, et les contractions deviennent douloureuses...
Magalie me propose la péridurale, j'ai presque envie de refuser mais il y a deux cesariennes et les anesthésistes risquent de ne pas pouvoir revenir avant 1h30...
Ok ok ok je ne vais pas faire ma Wonder Woman, je gère, certes, mais je ne vais pas risquer de perdre les pédales et d'insulter tout le monde si la douleur devenait trop intense! J'accepte et nous partons donc en salle de naissance qui elle aussi porte un joli nom: "Coquelicots" (mes fleurs préférées). Il est à peu près 15h, les anesthésistes me posent la péri... et à partir de la, il faut bien le dire, on va s'ennuyer ferme!!!
Je n'ai plus mal et il faut attendre que le travail se fasse. Avec Jérôme, nous avions prévus de faire des petits jeux et quizz, ça nous passe le temps, même si je suis un peu groggie... J'ai même froid à un moment et je fais un miniscule dodo.
On pari avec la sage-femme sur une naissance à 19h35, comme son papa. Mais Léonie n'en fait déjà qu'à sa tête!!!
A tel point qu'elle ne s'engage pas dans mon bassin. Le temps passe, elle se fatigue, son rythme cardiaque se ralenti et les poussées ne font rien: elle reste trop haute!
Bref, en quelques secondes, quelques minutes, tout va très vite!
Une interne est appelée; on me dit qu'on va aider Léonie à venir avec des ventouses... Mouais, pas le choix, de toutes les façons, j'ai entièrement confiance dans les femmes qui sont la et qui m'aident à faire venir Léonie.
Le gag c'est que la ventouse casse par deux fois (je ne sais pas vraiment quoi, si c'est parce que Léonie ne veut vraiment pas descendre ou si le matériel est défectueux) et que l'interne se retrouve les 4 fers en l'air... C'est véridique!!! Moi je ne la vois tomber qu'une fois... mais je suis trop concentrée, je veux qu'on soit des championnes avec Léonie alors je pousse de toutes mes forces.
L'interne dit "on ne va pas y passer la nuit"... C'est peut-être le seul moment où je ressens un peu de fébrilité dans l'équipe mais moi j'ai toujours confiance...
Et je les vois, ces spatules, ces gros couverts à salade, les Forceps! Flute, j'aurai voulu éviter... Léonie est vite sortie, on me dit que je peux la sortir... Elle est chaude et mouillée, je la met contre moi. Elle pousse un cri, tout va déjà tellement vite, je répète je ne sais pas combien de fois "mon amour"... Mais on l'emmène vite, on me dit qu'elle a mal... Forcément, entre les ventouses et les forceps!!!
On me la ramène très vite aussi, même pas eu besoin d'oxygène, on lui a juste donné du doliprane. Elle est superbe et me regarde, son crâne est marqué... Après, il peut se passer n'importe quoi dans la salle, je m'en fiche, je ne la quitte pas des yeux... Je la vois comme vous la voyez sur la photo où je vous la présente, avec ses yeux de chinoise, avec ses mains qu'elle cherche à têter... J'ai déjà l'impression qu'elle nous regarde... Nous sommes émus mais nous avons eu un peu peur, et c'est très dur, pour une maman, quand déjà à quelques minutes de vie, on vous dit que votre petit bout à déjà mal...
Après le temps s'arrête, on reste trois heures sous surveillance dans cette salle froide, mais on ne voit rien, on ne voit plus qu'elle... Nous faisons connaissance et tout semble si naturel...
Le papa a été extra, comme d'hab on a rit, il m'a soutenu et il a demandé à habiller Léonie.
Malgré une fin rock'n'roll, je suis contente: j'ai bien géré la douleur et tout s'est bien fini, avec la plus jolie des Léonie...