14 décembre 2012... Le premier jour du reste de ma vieAujourd'hui a été une journée certes très chargée, mais inoubliable...
Serena a quitté l'hôpital et rejoint notre nid douillet. Depuis le retrait de sa sonde gastrique mardi, elle a continué de progresser très rapidement, pèse 2,4 kg et les médecins ont donc décidé de la laisser sortir plus tôt que prévu, pour notre plus grande joie.
Pour l'instant, tout se passe à merveille. Elle boit, elle fait pipi-caca et elle dort ! Elle a retrouvé le Cocoonababy qu'elle avait déjà à la néonat, du coup elle semble apaisée et tranquille. Même en voiture elle a été sage comme une image.
Nous sommes allés la chercher vers 14h00, avec une poussette de prêt, vu que mon homme va en Italie ce week-end récupérer la nôtre. Avant cela, nous sommes passés récupérer les articles de notre liste de naissance française pour disposer du minimum vital pour le confort de notre petite puce.
La poussette de prêt est évidemment restée coincée dans le parking de l'hôpital : impossible de séparer la nacelle du reste de la poussette. Après 20 minutes d'essais infructueux, nous avons capitulé et j'ai porté Serena dans mes bras le temps du trajet, heureusement court et sans policier alentour.
Il va nous falloir de l'entrainement pour manipuler la nôtre qui, je l'espère vivement, fonctionnera mieux.
Ensuite j'avais rdv chez mon Gygy préféré, qui évidemment n'avait reçu aucun compte-rendu de mon accouchement de la part de l'hôpital pourri où ma fille est née.
Il a été très surpris par tout ce que je lui ai raconté et par les suites de couches compliquées. Le deuxième cardiologue a donc confirmé le diagnostic de la myocardiopathie du post partum mais me fait quand même passer une IRM en janvier pour être sûr de son coup.
Gygy m'a mis en garde contre une éventuelle seconde grossesse, en m'avertissant, comme tous les autres médecins qui me suivent, qu'elle serait extrêmement risquée pour moi. Il m'a donc demandé de réfléchir à la "suite" : stérilet ou ligature des trompes. Impossible d'envisager une contraception orale avec ma tension et il m'a demandé d'arrêter immédiatement la pilule que l'hôpital m'avait prescrit. Du coup, nous avons intérêt à faire gaffe avec mon chéri en attendant que je revoie Gygy, mi-janvier.
Il nous faut donc définitivement faire le deuil d'une deuxième grossesse que, de toute façon, nous n'envisagions pas, compte tenu d'une part de la fin traumatisante de celle-ci, et d'autre part de notre grand âge...
Demain et dimanche matin, comme Andrea sera en Italie, je serai seule avec ma fille. J'espère que tout se passera bien, j'ai un peu le trac tout de même, heureusement que j'ai une copine à côté prête à m'aider en cas de besoin...
 Message déposé le 14.12.2012 à 21:29 - Commentaires (14)
Le jour J... suite et finUne fois transférée dans cette maternité de niveau III, me voilà prise en charge par une pelletée de médecins, d'internes, qui m'examinent, me monitorent, m'échographient de partout, me posent sonde urinaire et perfusions. Le premier objectif est d'attendre le vendredi matin pour pratiquer l'accouchement. En effet, la clinique m'ayant fait une piqûre de corticoïdes le jeudi matin, qui permet d'accélérer le développement pulmonaire du fœtus, les médecins souhaiteraient laisser cette piqûre faire effet pendant 24 heures.
Mais la situation de souffrance, tant pour le fœtus que pour moi, va bouleverser la donne. Pour ce qui concerne la petite, elle est moins réactive au monito. Elle commence à être en souffrance.
Quant à moi, je continue de gonfler au niveau visage et jambes, les oedèmes autour des reins et du coeur grossissent, les bilans sanguins et urinaires ne sont pas bons.
Le responsable du service vient examiner mon cas et tranche : la césarienne doit être immédiatement pratiquée.
Là j'ai un peu un trou noir, je dois dire... et mon homme aussi, tant les événements se sont précipités. Me voilà au bloc à 16h, piquée pour l'anesthésie rachi-dorsale. Allongée, un drap devant moi, l'anesthésiste au-dessus de mon visage qui me parle et me réconforte, puisque qu'Andrea n'est pas autorisé à être près de moi et attend à l'extérieur. Je ne ressens aucune douleur mais des mains à l'intérieur de moi secouent mes organes pour attraper mon bébé...
Le jeudi 22 novembre à 16h57, notre fille Séréna est née, elle pleure bien fort, elle est donc en vie... et là , mes larmes de joie et de soulagement se mettent à couler, encore plus lorsque quelques secondes plus tard ils me la présentent à côté de mon visage, avant de l'emmener très vite pour les premiers soins. Elle est magnifique, toute brunette et plutôt grande. Je suis exténuée mais rassurée...
Le récit des trois apocalyptiques jours qui ont suivi, ce sera pour plus tard...
 Message déposé le 30.11.2012 à 12:34 - Commentaires (6)
Le retour à la maison... Début d'une nouvelle vieBonjour à toutes,
Je n'ai pas encore eu le temps de lire tous vos gentils petits mots. Merci pour toutes vos attentions.
Je rentre ce jour de l'hôpital, qui est dans doute le seul à ne pas savoir ce qu'est le wifi, et vous ferai un post détaillé plus tard sur les circonstances assez abominables des 6 derniers jours.
L'essentiel, c'est que notre petite Séréna est née le jeudi 22 novembre à 16h57 par césarienne déclenchée d'urgence suite à une prééclampsie dont l'évolution foudroyante nous a mises en péril toutes les deux.
A ce jour elle pèse 1,790kg et mesure 42 cm. Elle se porte très bien, respire seule, a juste une sonde gastrique pour s'alimenter. Elle est magnifique et très calme. Elle va rester en service néonatologie jusqu'à ce qu'elle soit autonome au niveau alimentation, c''est à dire entre un mois et un mois et demi à priori. Elle se nourrit déjà un peu au lait maternel, que j'amène chaque jour aux puéricultrices dans des petites bouteilles.
Pour ce qui me concerne j'ai beaucoup de mal à me remettre. Je suis très heureuse de rentrer mais le retour sans elle est assez violent, je traverse un post partum assez sévère, heureusement je vais la voir chaque jour, je sais qu'elle va très bien et je suis très entourée.
Ma tension est toujours assez haute et je suis sous haute surveillance pendant plusieurs semaines. Je dois absolument me reposer pour être sur pieds quand elle nous rejoindra.
Je reviendrai vous voir très vite pour tout vous raconter et retrouverai très vite ma gouaille légendaire.
Je vous embrasse.  Message déposé le 28.11.2012 à 20:22 - Commentaires (35)
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