A 22 mois et demi, ma fille débute la fameuse "crise des 2 ans". J'en avais entendu parler, j'espérais y échapper, mais que nenni.
Le souci, c'est que je n'étais absolument pas préparée et qu'en l'espace de quelques jours seulement, mon petit ange s'est transformé en démon.
Et je ne sais pas comment gérer.
Elle ne supporte plus que je la touche, et donc le moindre soin, comme le changement de couche, le nettoyage du visage etc, se transforme en combat.
Les couchers et levers tout sourire ne sont plus qu'un lointain souvenir alors que la semaine dernière encore, ils étaient quotidiens. Désormais les sourires ont laissé place aux hurlements.
Alors c'est vrai que depuis ce week-end, elle est patraque. Elle a une rhino. Le médecin a eu beau me dire que ce n'était pas du tout lié à une poussée dentaire, je persiste et signe en affirmant que ses molaires doivent quand même la chatouiller car elle mordille tout ce qu'elle trouve, elle m'a fait des selles molles la semaine dernière et parfois elle bavouille. Alors même si je ne suis pas docteur, je commence à connaître un peu ma fille.
N'empêche. Lorsqu'elle est avec ses mamies, papis, sa tata, la nounou, elle est un petit ange. Dès que j'arrive dans les parages pour reprendre la main, elle me repousse. A tous elle fait des câlins, pas à moi.
Mon cœur de maman souffre. Je sais que c'est normal, que cela ne remet pas en question l'amour qu'elle me porte. Mais j'ai mal, je pleure beaucoup, je craque.
J'aimerais tant que le papa soit avec nous.
Justement, ce matin je discutais avec la nounou qui garde ma fille un jour par semaine. Je lui parlais de cette phase d'opposition. La nounou m'expliquait qu'il est "naturel" que Serena s'en prenne à moi puisque en ce moment je suis sa seule "autorité" référente. Je joue le rôle du papa et de la maman, elle n'a personne d'autre à "persécuter". Elle est aussi sans doute perturbée par le fait que nous sommes tout le temps ensemble, ce qui n'était pas le cas avant puisque je travaillais.
Du coup, au lieu de la mettre une journée par semaine chez la nounou, pas suffisant que je pense pour qu'elle se change les idées et qu'elle se sociabilise avec les autres enfants, elle ira désormais trois demi-journées par semaine, des matinées puisqu'elle ne dort plus le matin.
Nous adopterons ce rythme jusqu'à ce que le papa nous rejoigne définitivement sur notre nouveau lieu de vie. Si tout va bien, le rapprochement familial devrait avoir lieu au plus tard pour l'anniversaire de notre fille, le 22 novembre.
J'ai hâte ! Mon homme me manque cruellement, douloureusement. C'est comme si j'étais amputée d'un bout de moi. Pas de doute sur le fait qu'une bonne séparation comme celle-ci remet les sentiments en place ! Il est désormais évident que je ne peux pas vivre sans lui.
En attendant, il vient passer ce week-end avec nous, après un mois et demi sans avoir vu sa fille et plus d'un mois sans m'avoir vue. Trois jours pour nous retrouver, en espérant que Serena sera en forme et plutôt angélique que démoniaque !
Pour le reste, rien ne bouge et cet immobilisme m'use à petit feu. Aucune nouvelle côté boulot pour moi, ce n'est pas faute de chercher. Mais à 40 ans, j'appartiens désormais à la catégorie "surdimensionnée", autrement dit "périmée" quoi !! Or exercer une activité professionnelle est indispensable à mon équilibre. Le métier de mère au foyer n'est définitivement pas fait pour moi et dans le contexte actuel, les moments de plaisir à la maison sont rares, d'autant qu'avec la météo pourrie depuis le début de cette semaine, nous ne pouvons pas trop sortir.
Parfois je me dis : "vivement que je rebosse" ou "vivement que Serena aille chez la nounou". Ca me fait honte mais c'est la vérité. La fusion m'étouffe, cela a toujours été le cas. J'ai besoin de manque pour mieux aimer. On ne peut pas refouler ce qu'on est et tant pis si mes propos peuvent choquer. Encore une fois j'ai tendance à dire tout haut ce que certaines pensent tout bas sans oser l'avouer.
Notre appartement à Nice n'est toujours pas vendu, là aussi ça me mine parce que si nous nous retrouvons mon homme et moi au chômage tous les deux durant une période, nous aurons alors du mal à payer nos charges. Heureusement que mes parents nous hébergent gentiment et gracieusement et même si cette promiscuité est parfois étouffante et difficile, je ne les remercierai jamais assez.
Enfin voilà . Cette transition vers notre nouvelle vie est plus longue et plus éprouvante que je ne l'aurais imaginé.
Si vous avez des solutions pour affronter au mieux cette crise d'opposition de ma fille, je suis preneuse...
