Ma chérie,
Lorsque tu liras ces mots, tu auras bien grandi.
J'ai souhaité garder une trace précieuse de cette période magique qui a entouré ta venue au monde, afin que tu puisses connaître le point de départ de ta vie en toute transparence.
Ton père et moi sommes passés par deux années faites d'attente, de déceptions, de moments pénibles avant ta conception. Autant te dire que tu as été grandement désirée. C'est finalement le 14 avril 2012 que tu es venue te nicher dans mon ventre, petit fruit de ta maman et de ton papa, grâce à un coup de pouce médical,.
La grossesse est une période indescriptible, très particulière, faite de hauts et de bas, conséquences du bouleversement hormonal et psychologique qui l'entoure. Je n'oublierai jamais l'émotion lors des échographies, lors des premiers papillons dans mon ventre. J'ai malheureusement dû me mettre très vite au repos pour finalement ne pas parvenir à mener cette grossesse à terme. Malgré tout j'en garde un souvenir fabuleux, celui d'une parenthèse enchantée.
Ce 22 novembre 2012, tu es née prématurément, dans des conditions d'urgence liées à mon état de santé. Lorsque je t'ai entendue pleurer la première fois et que l'infirmière est venue te présenter à moi, outre l'immense soulagement de te voir bien vivante, j'ai immédiatement compris que plus rien ne serait comme avant et que ce petit morceau de ton père et moi sorti de mon ventre deviendrait mon essentiel.
Durant tes trois semaines d'hospitalisation en néonatologie, ton père et moi t'avons consacré tout notre temps libre pour te rassurer et contribuer à ton rétablissement. Tu nous as surpris par ta force et ta volonté pour vite nous rejoindre à la maison. Aucun doute pour l'avenir, tu seras une battante, une guerrière, comme ta maman ! Ces peaux à peaux avec toi, ces quelques fois où j'ai eu le privilège de t'allaiter m'ont aidé à devenir mère, petit à petit.
Les trois premiers mois de notre cohabitation n'ont pas été simples. Je suis passée par beaucoup de fatigue, de découragement. J'ai souvent eu l'impression de ne pas être à la hauteur ni même compétente. J'ai parfois eu des pensées qui m'ont fait terriblement culpabiliser. Mais jamais, jamais, ce lien d'amour en construction n'a été ébranlé par cette dépression. J'ai toujours fait de mon mieux pour ton confort et ton bien être. Bien sûr, je n'avais pas de mode d'emploi et j'ai fait des erreurs. Mais au bout du compte je suis toujours parvenue à les corriger. Ton père a été très à la hauteur durant toute cette période, il m'a toujours rassurée, apporté son soutien, son écoute, sa tendresse. Parfois il a craqué aussi, mais jamais dans ses yeux je n'ai vu autant de fierté que lorsqu'il parle de « sa » fille.
Aujourd'hui tu as 6 mois et demi et les tracas des premiers mois sont derrière nous... Bien sûr nous traverserons d'autres épreuves, d'autres interrogations, d'autres doutes quant à notre rôle de parents.
Mais désormais nous sommes suffisamment forts pour les affronter sereinement. Tu nous dopes chaque jour grâce à cette substance euphorisante qu'est ton amour. Chacun de tes regards nous désarme, chacun de tes « areu » nous fait fondre, chacune de tes mimiques nous attendrit. Tu nous éblouis de tes beaux sourires du matin au réveil au soir lorsque je te couche et éteins la lumière de ta chambre. Tes progrès nous fascinent, nous sommes tellement fiers de toi au quotidien.
Saches, ma petite Séréna, que toute ta vie ton père et moi ne serons jamais bien loin de toi. Nous serons toujours là pour t'écouter, te conseiller, te protéger, te câliner. Tu ne seras jamais seule.
Nous t'aimons plus que tout...
