Et voilou, encore un long week-end passé à la vitesse de l'éclair.
Mais ce qui est bien quand on va en Ritalie, c'est que même si la frontière n'est qu'à une demi-heure de voiture, c'est toujours très dépaysant. Rien qu'une matinée passée au marché alimentaire de Ventimille et vous parlez en roulant les « r » et en agitant les mains.
Pour moi, ces aller-retours en Italie, c'est le même principe que les Chicoufs. Vous connaissez les Chicoufs ? Non ? C'est le genre d'invités que quand on les reçoit, on est super heureux de les accueillir, mais aussi très soulagés de les voir partir tant ils nous stimulent, nous mettent en joie mais nous pompent aussi beaucoup d'énergie. C'est mon ancien boss qui utilisait cette expression quand il voyait débouler dans sa propriété sa dizaine de petits-enfants, chaque été.
J'adore aller en Ritalie. J'adore rendre visite à ma belle famille, m'imprégner de cet accueil si chaleureux, de cet esprit de famille si fort, de cette bienveillance ambiante.
Je savoure chaque moment passé sur les terres de mon homme, mais j'apprécie aussi grandement quand nous regagnons notre nid.
Parce que la Ritalie, c'est plein de Ritals. Et les Ritals, ça cause fort, très fort. Mon homme est Rital mais pourtant, il parle très bas, tellement que parfois je ne l'entends pas. Une sorte d'Ovni sur la planète Exubérance. Mon homme et moi sommes plutôt du genre à ne pas l'ouvrir pour ne rien dire, à ne pas aimer nous faire remarquer et à ne pas hurler pour nous faire entendre.
Et un Rital, ça parle beaucoup. De tout, de rien. Parfois ça répète même. Et alors quand c'est au téléphone, c'est encore pire. Oui ça peut paraître cliché mais non ça ne l'est pas. Bien sûr il y a des exceptions, mon homme en est une. Mais je vous assure, la réalité dépasse parfois le cliché.
Autant dire qu'autant de décibels en si peu de temps, ça nous déboussole et que dès que nous nous retrouvons entre nous, nous profitons pleinement du calme environnant.
Lorsque nous sommes allés prendre l'apéro du vendredi soir dans un petit troquet de quartier, il avait beau n'y avoir que quatre tables dans le bistrot, nous avions l'impression d'être au beau milieu d'une manif.
Et pourtant, notre petit bout d'amour, notre fille, qui s'était assoupie dans la poussette cinq minutes avant d'arriver, a dormi pendant 45 minutes dans ce brouhaha incessant où j'entendais à peine ce que me disait mon homme assis à mes côtés. Ensuite elle s'est réveillée, fraiche comme une rose, a fait risette à tout le monde pendant un quart d'heure puis d'un coup a manifesté son ras-le-bol, pile poil à 20h30, heure à laquelle nous avions de toute façon décidé de lever le camp.
Même pas besoin de regarder la montre...
Ce qui est bien aussi en Ritalie, c'est que quand vous êtes comme ça, le vendredi soir, à prendre un tit apéro en famille, il ne s'agit pas pour le bistrotier de faire dans le minimum syndical, à savoir trois cacahuètes moisies, trois olives flétries ou trois bretzels ramollis balancés avec un soupir au client qui aura imploré à genoux.
Que nenni, pas de ça en Ritalie.
En Ritalie, c'est une succession de plaisirs salés, et accessoirement de calories mais qu'importe tant qu'il y a du plaisir, qui vous est offerte avec les boissons commandées. Vendredi, ce fût : un plateau de toasts à la mortadelle, un plateau de toasts à la coppa, une portion individuelle de penne à la sauce tomate et saucisse, 2 grandes assiettes de frites, 2 assiettes de moules, une assiette de focaccia au fromage, une pyramide de petites parts de pizzas... le tout servi avec le sourire et pour 25 € Messieurs Dames... non, pas par personne, mais en tout, pour une table de 6.
Autant dire un dîner à 4€ par tête. Ca calme hein !
Alors quand ma belle-maman nous a accueillis au retour chez elle avec le saucisson fait maison par son cousin ici présent (et fort goûteux le saucisson, la gourmandise n'a pas de limite) et la pizza faite maison aussi, délicieuse, nos estomacs, à l'homme et à moi, ont fait la grimace mais ont dégusté de bon cœur quand même, parce qu'on est bien éducaillés, mais avec modération afin d'éviter tout éventuel vomito qui aurait pu gâcher la fête.
Oui, car ce qui est aussi trop bien en Ritalie, c'est que nos papilles gustatives ne cessent de jouir. Oui, ami lecteur, si tu veux un jour connaître l'orgasme alimentaire, c'est en Ritalie qu'il te faut te rendre. Par contre si tu es au régime, abstiens toi...
Ce qui n'est pas bien en revanche en Ritalie, c'est que la tentation est partout. Des boutiques en veux-tu en voilà . Les Rital(e)s sont vraiment élégants, ils ont la classe internationale, ils savent se créer un look super branché avec du bric et du broc. Je ne vous parle même pas des chaussures et des sacs, j'en pleurerais tellement je suis frustrée... Bref, je m'étais dit que je ne m'achèterais rien et pourtant, j'ai craqué. Bon, une veste, un pantalon et deux tops pour 50 euros...
Alors là , pardon, ce n'est pas du shopping, ce n'est pas de l'achat... C'est de la bonne affaire. Et la bonne affaire, par définition, ça ne peut pas se louper (hein Monsieur le Banquier !).
Avec tout ça, notre fille a juste été adorable pendant ces trois jours. Elle a mangé, dormi, fait risette à tout le monde, est passée de bras en bras en toute décontraction, n'a pas abandonné le mode escargot ni les cacas à tire-larigots (poussée dentaire oblige), mais tout ça avec le sourire (un peu moins pour maman qui a désormais le doux parfum de la déjection nainesque à jamais imprimée dans sa mémoire olfactive).
Me voilà donc bien requinquée, prête à attaquer une vraie semaine de travail, parce que deux jours, c'était juste un avant-goût.
Et ensuite, nous aurons à nouveau un week-end de trois jours pour nous reposer.
J'aime le mois de mai... surtout quand il est ensoleillé, donc cette année, c'est moyen.
Et sinon, devant tant d'insistance, et aussi parce que ça fait du bien de se la péter, pour une fois vous n'aurez pas une photo de la chair de ma chair mais de ma nouvelle coupe (que quelques-unes ont déjà vue sur FB).
A très bientôt pour de nouvelles aventures...
