Ce jour-là je suis un peu déphasée, tout juste de retour d'un pont du 1er mai passé à Londres.
Je retourne au bureau et de bon matin, je passe au labo pour faire THE prise de sang.
Comme cette potentielle conception est le fruit d'une IAC, forcément, deux semaines après je suis particulièrement attentive aux signes sans pour autant faire une fixation dessus, car ils peuvent tromper et j'ai déjà subi trop de déceptions. Je suis en attente de mes règles mais comme elles ont toujours été très irrégulières, je ne m'attache pas à ce retard. Depuis plusieurs jours j'ai la poitrine qui tiraille, ce qui n'est pas dans mes habitudes, mais avec toutes les hormones que je me suis ingurgitée pendant des années, je l'interprète comme un éventuel effet secondaire. Pour le reste, je suis dans une forme olympique.
Tout la matinée, j'ai l'esprit vagabondeur, loin des missions professionnelles qui m'incombent. Je consulte compulsivement le site du labo une bonne dizaine de fois avant que les résultats ne soient mis en ligne, un peu avant midi.
Le verdict : un taux de B-HCG à 719.
Je n'y comprends pas grand chose mais au vu du tableau de référence figurant sous le chiffre magique, il se pourrait bien que j'aie enfin « un polichinelle dans le tiroir » (j'adore cette expression).
Je sens une vague d'émotion d'envahir, je contrôle parce que quand même, je suis au boulot et que je ne suis sure de rien, je ne réalise pas, même si je le sens plutôt bien. Je me demande comme l'annoncer à mon homme. Impossible d'attendre le soir, de toute façon il sait que je dois faire la prise de sang et tout comme moi, même s'il ne l'avoue pas, il se languit sans doute du résultat.
Je ne m'emballe pas, je lui fais un mail sibyllin, du genre : « il semblerait que ce soit positif », ce à quoi j'ai ajouté, échaudés que nous sommes : « mais je préfère attendre le résultat de la seconde prise de sang ».
Oui, le médecin m'a prescrit une seconde prise de sang, cinq jours plus tard.
Le 7 mai je m'empresse de me faire piquer, et là le doute n'est plus permis. Le taux est multiplié par plus de 10 et s'élève à 9 233, équivalent à la fourchette de la 6ème semaine.
Passé la joie immense de la confirmation de la grossesse, je redescends sur Terre et me demande soudain combien j'en ai dans mon tiroir, de polichinelles. Parce qu'au jour J de l'IAC, la médecin du centre de PMA nous a fait signer une décharge pour la pratiquer. Sinon elle ne l'aurait pas fait, estimant que j'avais été trop stimulée, donc que j'avais trop de follicules et que le risque d'une grossesse multiple était trop important.
Heureusement, une première écho au centre de PMA à la mi-mai confirme la présence d'un seul embryon.
Sur le coup, je ne le cache pas, je suis déçue. J'aurais adoré attendre des jumeaux.
Aujourd'hui, avec le recul, les difficultés de la grossesse, la pré-éclampsie, l'accouchement prématuré et le nez à fond dans la maternité, je me réjouis de ne pas avoir attendu des jumeaux...
Enfin, un an après, voilà le résultat : une jolie petite pipelette qui murmure à l'oreille des hippopotames (cf lien ci-dessous)...
(cliquez ici pour suivre le lien)
et qui fait fondre d'amour son papa !
