Ce matin, l'émission "Les Maternelles" était consacrée aux grossesses pathologiques.
J'ai aimé le discours du médecin gynéco-obstétricien qui était présent et qui a cassé certaines idées reçues.
J'attendais de voir si la pré-éclampsie serait évoquée, elle l'a été, en toute fin d'émission, dans la rubrique sur le net.
J'aimerais qu'une émission entière soit consacrée à cette pathologie encore trop méconnue. Pour ma part, avant de m'entendre dire que j'en étais atteinte, deux jours avant mon accouchement précipité, je n'en connaissais pas l'existence.
Je suis en train de réaliser qu'en fait, j'ai été plongée dans une espèce de bulle rassurante, en premier lieu par le médecin échographiste. Cela partait sans doute d'une bonne intention, histoire que je ne psychote pas. Mais tout de même, j'aurais aimé entendre certains mots histoire d'être préparée aux risques éventuels auxquels j'étais potentiellement exposée.
Lors de l'échographie du 2ème trimestre, le 14 septembre, le médecin échographiste m'a parlé de "petits soucis au niveau des artères utérines", qui ne doivent éveiller aucune inquiétude mais dont l'évolution devra être contrôlée par une écho intermédiaire, un mois plus tard.
Ce n'est qu'en relisant le compte-rendu d'écho, quelques heures plus tard, que j'ai découvert le terme de "notch". Premier réflexe - le pire qui soit : recherche Go*gle. Et là , évidemment, je lis des témoignages effrayants d'interruptions médicales de grossesse, de mort intra-utérine etc etc...
Mais comme je ne prends pas tout ce que je lis sur le net pour argent comptant, je décide de relativiser, d'autant que la visite mensuelle chez le gynéco est prévue quelques jours plus tard et que j'en discuterai avec lui.
Justement, lors de cette visite, je n'ai point eu besoin d'évoquer le sujet. En lisant le compte-rendu d'écho, le gynéco tique sur le mot "notch". Ceci allié aux contractions dont je lui ai parlé, que je ressens depuis une semaine, il décide de m'arrêter sur le champ. Je suis à 24 SA. Il applique le fameux "principe de précaution". Il ne préconise pas l'alitement complet mais un traitement pour limiter les contractions et un ralentissement significatif de mes activités, avec des plages conséquentes dans la journée.
Un mois plus tard, à 29 SA, l'écho de contrôle ne montre plus aucune anomalie au niveau des artères utérines, les "notch" ont disparu. Je suis donc rassurée, l'échographiste aussi, et prête à mener sereinement ma grossesse jusqu'à son terme.
Et patatras : lors de la visite prénatale des 33 SA, me voilà hospitalisée pour cause d'hypertension. Et la suite, je l'ai déjà racontée ici. En trois jours de temps, le diagnostic a été posé : pré-éclampsie. L'albuminurie a décollé, les oedèmes sont apparus et n'ont cessé de gonfler, les maux de tête sont devenus insupportables et ma fille a commencé à souffrir, ce qui a nécessité la césarienne en urgence, trois jours plus tard.
Je n'avais eu absolument aucun signe avant-coureur, cette visite prénatale est donc tombée à point nommé, sinon qui sait ce qui aurait pu se passer ?
Depuis, je me suis renseignée sur cette pathologie, notamment grâce à ce site, que je vous invite à consulter car il est très bien fait :
(cliquez ici pour suivre le lien)
Parmi les facteurs de risques, j'en identifie deux qui me concernent : la nulliparité (le fait d'attendre son premier enfant) et l'âge (risques multipliés au-delà de 35 ans).
Je regrette donc qu'aucun médecin ne m'ait parlé de cette maladie avant que je ne sois prise dans le tourbillon de l'hospitalisation et donc livrée aux seules mains du personnel médical, sans possibilité de me préparer.
Finalement, autant ma fille que moi nous en sommes bien sorties et c'est bien là l'essentiel. Mais personne ne me rendra la fin de ma grossesse ni ces trois premières semaines de la vie de ma fille, durant lesquelles j'ai vécu séparée d'elle.
