LES AUTRES
J'avais déjà abordé en mode glop les autres, du fait de la bienveillance ambiante qui nous entoure lorsque nous sommes enceintes. Mais tout de même, parfois, cela en devient lourd, voire con.
Il y a la sempiternelle question « qu'est-ce que c'est ? », posée dès le tout début de la grossesse, comme si nous avions la capacité à deviner le sexe de notre progéniture dès sa conception. Les premières fois je suis restée sympathique en expliquant que « je ne le sais pas encore » puis un jour, au boulot, la fois de trop, j'ai répondu « à priori un bébé mais après tout, je n'en sais rien, qui sait par quoi j'ai été fécondée ? »
Rhoo, c'est pas gentil, je sais, mais c'était (encore) la faute aux hormones. Ensuite j'ai vite pris le ton de l'humour afin que ma collègue ne se froisse pas et elle n'y a vu que du feu, sachant que parfois je m'adonne au sarcasme.
Je suis du genre à me sentir vite oppressée lorsque je sens que l'attention est trop posée sur moi alors forcément, au bout d'un moment, ma patience se tarit et laisse la place à un agacement mal placé, je le reconnais...
… Parce que globalement, ces questionnements parfois redondants relèvent de bonnes intentions et qu'il ne faut pas l'oublier.
LE HALL DE GARE
C'est ainsi que j'ai surnommé mon intimité durant cette période... parce qu'entre les visites prénatales, les échographies, la surveillance rapprochée des dernières semaines, j'ai craint à plusieurs reprises que les courants d'air entre mes jambes ne m'enrhument.
Un hall de gare en heure de pointe n'est pas plus fréquenté !
DEPENDANT WOMAN
Plus le ventre grossit et plus les mouvements se limitent et au fil des mois, certains actes simples se transforment en missions impossibles.
Le jour où j'ai absolument voulu porter des derbys au lieu de ballerines – en mode tête de mule, encore les hormones, oui oui je le jure – et que j'ai dû me contorsionner dans tous les sens pour attacher les lacets, j'ai réalisé que désormais, jusqu'à la fin de la grossesse, je deviendrai de plus en plus dépendante pour certains gestes du quotidien.
Rien que d'enfiler ma culotte le matin est devenu au fil des SA un parcours du combattant. Autant ne pas en mettre, me direz-vous ? Oui mais non.
Et l'épilation alors ? Sachant que notre ventre nous cache tout le bas du corps et nous empêche de nous baisser, si nous ne faisons pas appel à une esthéticienne, la tendance yéti nous guette.
J'ai parfois mal vécu cette perte partielle de mon indépendance pour des choses simples et faciles, alors qu'en même temps je me réjouissais tellement de voir mon ventre s'arrondir.
LES MO-MONES
C'est par elles que je vais clore cette série d'articles consacrés à mon ressenti de la grossesse. Les hormones tiennent le leadership durant nos grossesses, elles nous épousent pour une durée limitée, pour le pire et pour le meilleur... et nous transforment parfois en esclaves.
Les sautes d'humeur ne sont pas une légende. Heureusement elles m'ont relativement épargnées mais il m'est arrivé, d'une minute à l'autre, de passer du rire aux larmes, de la légèreté à l'agressivité. Parfois j'aimais tout le monde, et l'heure d'après je voulais tous les trucider. C'est très déstabilisant, tant pour soi que pour les autres.
Les hormones m'ont aussi donné des bouffées de chaleur. Plusieurs fois je suis devenue rougeaude, me suis mise à transpirer à grosses gouttes et fait tomber la chemise alors même qu'il n'y avait aucune variation de la température ambiante. C'était juste mon thermostat interne qui déconnait ! Très désagréable, surtout au travail.
Enfin, ce qui est quand même bien avec les hormones, c'est que pendant neuf mois, on peut leur coller tous nos travers sur le dos et que personne ne trouvera à y redire (surtout pas les mamans!).
Et ce qui est bien avec la grossesse, c'est que malgré ses aspects moins glamour, c'est une aventure merveilleuse qui nous prépare à la maternité et donc au changement : changement de vie, changement de statut, changement de vision du monde... et que le changement permet d'évoluer et qu'évoluer, c'est s'enrichir et grandir...
