Hé oui les amis, pas une journée ne se passe depuis le début de semaine sans que je ne voie ou que je n'entende mon cher cardiologue !
Il faut dire que pour lui, je suis visiblement un cas d'école, un passionnant sujet d'étude, un rat de laboratoire en quelque sorte...
Cette myocardiopathie qu'il a décelée, probablement liée à la grossesse, est une pathologie extrêmement rare... au point qu'aucun médecin gynéco obstétricien de l'hôpital pourri où j'ai accouché n'en a jamais entendu parler !
D'après des études récentes, auxquelles mon cardio a eu accès, elle pourrait être liée à un dysfonctionnement hormonal engendré par la production de la prolactine, l'hormone de l'allaitement. C'est la raison pour laquelle il doit rapidement prendre une décision quant à au maintien ou pas de l'allaitement. Mais comme il sait que l'allaitement me tient à coeur, il ne veut pas se planter dans sa décision et donc, aujourd'hui, il a informé mon généraliste et moi-même qu'il allait consulter un professeur de cardiologie très réputé à Nice, du genre qui participe à tous les congrès mondiaux et est au fait de toutes les recherches en cours, pour recueillir son avis sur mon cas.
Et demain matin, lorsque je le reverrai pour faire une écho cardiaque approfondie, il me fera alors part de ses consignes : arrêt ou maintien de l'allaitement.
Hier encore, je considérais que l'arrêt de l'allaitement représenterait un profond échec pour moi. Aujourd'hui, après une bonne nuit de sommeil durant laquelle j'ai fait l'impasse sur le tirage de lait (trop crevée), j'ai changé mon fusil d'épaule et souhaite privilégier ma santé, car ma fille a besoin d'une maman en pleine santé et du coup apaisée. Et que l'ayant déjà allaitée deux semaines, elle a bénéficié du colostrum et d'un bon démarrage et qu'alors je n'ai pas lieu de ressentir la moindre culpabilité. En revanche, le plaisir unique ressenti lors de la mise au sein de ma petite me manquera.
Si vraiment cette insuffisance cardiaque est liée à un problème hormonal, alors elle se guérira d'elle-même dès que mon corps aura retrouvé son fonctionnement d'avant-grossesse, dès le retour de couches, qui arrive plus tard en cas d'allaitement.
Si jamais j'arrête l'allaitement, alors le médecin me donnera un traitement pour bloquer la montée de lait, en plus du béta-bloquant que je prends déjà . Et le point positif, c'est que je pourrai vraiment me reposer avant l'arrivée de notre fille à la maison.
Bref, demain je serai fixée.
Et Séréna dans tout ça ? Elle a franchi la barre symbolique des 2 kg avant-hier. Elle évolue très vite vers l'autonomie alimentaire puisqu'elle tête, au biberon et au sein. Les infirmières et puéricultrices de la néonat sont surprises de la vitesse à laquelle elle progresse et commence à nous laisser entrevoir l'éventualité d'une sortie plus rapide que ce qui était envisagé, sans pour autant nous donner l'espoir qu'elle puisse être avec nous pour les fêtes.
Les puéricultrices sont également surprises par le fait que cette petite ne pleure quasiment jamais - juste quand elle a faim - et est très calme, alors que les prémas ont plutôt tendance à être agités car ils se sentent souvent insécurisés. J'en ai eu la preuve hier après-midi lorsque par deux fois, les puéricultrices lui ont changé sa sonde gastrique et que même réveillée, elle s'est tranquillement laissé faire. Elles nous disent qu'elles la trouvent très "sereine"... alors son père et moi sommes vraiment fiers d'elle et du prénom que nous lui avons choisi, qui signifie "sereine" en italien.
Bref, c'est pas parce que c'est ma fille, mais quand même, elle est au top !!
