Une fois transférée dans cette maternité de niveau III, me voilà prise en charge par une pelletée de médecins, d'internes, qui m'examinent, me monitorent, m'échographient de partout, me posent sonde urinaire et perfusions. Le premier objectif est d'attendre le vendredi matin pour pratiquer l'accouchement. En effet, la clinique m'ayant fait une piqûre de corticoïdes le jeudi matin, qui permet d'accélérer le développement pulmonaire du fœtus, les médecins souhaiteraient laisser cette piqûre faire effet pendant 24 heures.
Mais la situation de souffrance, tant pour le fœtus que pour moi, va bouleverser la donne. Pour ce qui concerne la petite, elle est moins réactive au monito. Elle commence à être en souffrance.
Quant à moi, je continue de gonfler au niveau visage et jambes, les oedèmes autour des reins et du coeur grossissent, les bilans sanguins et urinaires ne sont pas bons.
Le responsable du service vient examiner mon cas et tranche : la césarienne doit être immédiatement pratiquée.
Là j'ai un peu un trou noir, je dois dire... et mon homme aussi, tant les événements se sont précipités. Me voilà au bloc à 16h, piquée pour l'anesthésie rachi-dorsale. Allongée, un drap devant moi, l'anesthésiste au-dessus de mon visage qui me parle et me réconforte, puisque qu'Andrea n'est pas autorisé à être près de moi et attend à l'extérieur. Je ne ressens aucune douleur mais des mains à l'intérieur de moi secouent mes organes pour attraper mon bébé...
Le jeudi 22 novembre à 16h57, notre fille Séréna est née, elle pleure bien fort, elle est donc en vie... et là , mes larmes de joie et de soulagement se mettent à couler, encore plus lorsque quelques secondes plus tard ils me la présentent à côté de mon visage, avant de l'emmener très vite pour les premiers soins. Elle est magnifique, toute brunette et plutôt grande. Je suis exténuée mais rassurée...
Le récit des trois apocalyptiques jours qui ont suivi, ce sera pour plus tard...
