L'ANNONCE AUX PROCHES
Ah, quel merveilleux moment, surtout lorsque la grossesse est très attendue... ce qui était le cas pour nous, ma date de péremption étant quand même proche;-) Jamais nous n'avons subi la moindre pression de la part de nos familles, car nous avons gardé le secret sur nos difficultés à procréer et nous avons ainsi coupé court à toute remarque ou toute interrogation, répondant évasivement à toute allusion que cela arriverait quand cela arriverait et que tout vient à point à qui sait attendre.
Pour ce qui concerne notre couple, s'agissant d'un processus long qui s'est soldé par une IAC, forcément la surprise a été moindre, même si nous ne nous attendions pas forcément à ce que cela fonctionne à la première tentative. Homme a évidemment été fou de joie, moi aussi, soulagés également de ne plus avoir à subir les injections quotidiennes d'hormones et autres effets collatéraux de la PMA parfois pénibles à supporter.
Parmi les proches, la première à avoir été dans la confidence est ma plus ancienne amie. Nous nous connaissons depuis le lycée, donc en gros depuis... 5 ans (non, je blague, nous en sommes à une bonne vingtaine d'années d'indéfectible amitié). J'étais partie en week-end chez elle à la mi-mai, j'étais alors à 4 semaines de grossesse, pour son enterrement de vie de jeune fille et comme elle est maman de deux enfants, constatant que ma poitrine avait pris un certain volume (alors que je ne suis pas de nature plantureuse) et sachant que je ne suis pas du tout une adepte de la chirurgie plastique, elle a deviné. Premier gros moment d'émotion...
Homme et moi avons décidé de mettre les formes pour l'annonce aux familles. En effet, mes parents et ma petite sœur vivent à près de mille kilomètres de chez nous, ma grande sœur à quasiment deux mille kilomètres, de l'autre côté de la Manche. La mère et la sœur de mon Homme vivent en Italie, certes pas très loin mais nous ne les voyons pas chaque semaine non plus. Nous avons émis deux conditions indispensables : toute d'abord il était inconcevable de lâcher le morceau par téléphone, par mail ou par un message laconique sur internet. Ensuite nous souhaitions une annonce simultanée pour tout le monde.
Nous avons eu la première visite chez le gynéco et donc l'écho de datation le 31 mai. Dans le cadre de la préparation de notre déménagement planifié pour fin juin, il était prévu que la mère, la sœur et le neveu de mon homme viennent passer trois semaines chez nous, à compter de début juin. Ne pouvant à ce moment-là cacher les symptômes « pas glop » du début de grossesse que je subissais de plein fouet, nous étions contraints de leur annoncer dès leur arrivée, alors que j'en étais à 7 semaines de grossesse.
Du coup, pour respecter la synchronisation d'annonce aux deux familles, j'ai décidé d'envoyer une petite carte à mes parents ainsi qu'à mes deux sœurs, avec une photo de la première écho, en leur présentant leur petit-enfant / neveu ou nièce.
Quant à ma belle-famille, à l'heure de l'apéro, le jour de leur arrivée à la maison, mon Homme leur a amené, comme un cheveu sur la soupe, dans la conversation : « tiens, nous avons eu rdv chez le médecin et il nous a sorti de drôles de photos... Regardez ! » et il leur a tendu l'échographie. Ne parlant pas Français, sa mère et sa sœur ont eu un léger temps de réaction, ne comprenant pas immédiatement de quoi il s'agissait. C'est sa sœur qui a tilté la première et là , elle a versé une petite larme. Nous en avons été très surpris et touchés car elle est plutôt du genre garçon manqué et pas du tout du genre à extérioriser ses émotions. Puis ce fût au tour de ma belle-mère de pleurer et de nous congratuler.
Quasiment le même jour, mes proches ont reçu leur carte et nous ont témoigné chacun à leur manière leur joie immense. En particulier mon père, qui a reçu la carte le jour même où il entamait sa nouvelle carrière de retraité !
Ces instants fugaces de bonheur signaient le début d'une période riche en émotions... la grossesse !
